Interdiction du glyphosate: la proposition des verts rejetée

L’amendement du Parti vert visant à interdire l’épandage du glyphosate sur les terres de la couronne et sous les lignes électriques a été rejeté par tous les députés conservateurs et libéraux à l’Assemblée législative.

Le glyphosate, l’herbicide le plus utilisé sur la planète, ne sera pas interdit au Nouveau-Brunswick, du moins pas pour l’instant.

Cathy Rogers, députée libérale de Moncton-Sud, affirme que les élus doivent entendre les arguments de tous les intervenants afin de prendre une décision éclairée sur cet enjeu.

Elle a donc déposé une motion – qui a été acceptée par tous les partis – visant à mandater un comité à se pencher sur la question.

«Selon moi, c’est la bonne façon de procéder», a indiqué la représentante libérale.

Mme Rogers assure que cette stratégie n’est pas un moyen de pousser le dossier sous le tapis, comme certains l’ont suggéré.

Le comité, qui aura comme mission de soumettre des recommandations à Fredericton d’ici six mois, pourrait être formé d’experts de la santé et de l’environnement, de représentants d’industries telles que l’agriculture et la foresterie ainsi que divers citoyens et membres des Premières Nations.

«L’industrie nous l’a dit»

De son côté, Kevin Arseneau, le représentant du Parti vert, ne voit pas l’intérêt pour un comité de ce genre.

Selon lui, toutes les preuves nécessaires pour bannir l’épandage de glyphosate sont déjà sur la table.

«C’est très prévisible ce qui va sortir de là (du comité). Moi je le sais, ils vont finir par se laisser manipuler par l’industrie.»

Le député de Kent-Nord explique que lorsque son

amendement a été rejeté, il a tout de même voté en faveur de la motion de former un comité, mais seulement parce que c’était «mieux que rien».

Il demeure toutefois sceptique.

«À chaque fois que je parle avec les conservateurs ou les libéraux, les arguments sont toujours les mêmes: “Les gens de l’industrie nous ont dit.” Pas les scientifiques ou les environnementalistes, mais toujours les gens de l’industrie.»

Encore une fois, il craint que les intérêts des grandes industries aient priorité sur la santé des Néo-Brunswickois et de la biodiversité.

M. Arseneau reconnaît que l’interdiction d’arrosage ne peut pas se faire du jour au lendemain, notamment à cause des répercussions que cela pourrait avoir sur les agriculteurs, mais il aurait voulu que cet amendement soit un premier pas vers des terres sans glyphosate.

«La proposition d’hier (jeudi) était du réchauffé», a-t-il dénoncé.

Le député soulève que les conservateurs avaient déjà promis la création d’un comité qui devait revisiter le dossier du glyphosate lors du discours du Trône, le mois dernier.

Plusieurs pays – dont l’Autriche et le Vietnam – et de grandes villes – y compris Montréal – ont interdit l’utilisation de cet herbicide sur leur territoire. L’Allemagne fera de même en 2023.