50 000 amis sur la page des Niaiseries acadiennes: On rit pu!

La page Facebook «Niaiseries acadiennes» a franchi le cap des 50 000 abonnés mercredi. Maxime Doucet, coauteur derrière les publications qui égayent les journées de milliers d’Acadiens depuis sept ans, est d’avis qu’en plus de divertir, la page joue un rôle important puisqu’elle «fige dans le temps» les expressions et traditions acadiennes.

Maxime Doucet et André Robichaud, deux amis au sens de l’humour plutôt développé, ont lancé la page Niaiseries acadiennes en 2013. Forte de son succès, elle est devenue la plateforme Facebook acadienne qui compte le plus d’abonnés. Elle devance celles de l’Acadie Nouvelle (44 840), du Téléjournal Acadie (33 821) et d’ICI Acadie (16 024).

Joint au téléphone, Maxime Doucet avoue qu’il ne pensait jamais que ce projet farfelu prendrait une telle ampleur.

«C’est un bel accomplissement. On est fier de se dire qu’en tant que page acadienne humoristique, on a fait du chemin jusqu’à occuper cette place-là.»

Tous deux originaires de la Péninsule acadienne et désormais résidents du Grand Moncton, MM. Doucet et Robichaud tentent de toucher par leur humour les diverses régions de l’Acadie.

À ce sujet, il confirme que Niaiseries acadiennes est en train de développer un partenariat avec les Îles de la Madeleine. Des publications à propos de ce coin de pays paraîtront bientôt.

Les deux acolytes du web essaient aussi de rejoindre les Acadiens de la Nouvelle-Écosse, mais M. Doucet avoue moins connaître leurs références culturelles.

La majorité de leurs admirateurs sont situés dans la Péninsule acadienne, dans le sud-est du Nouveau-Brunswick et au Québec.

Les deux créateurs de contenu scrutent l’actualité à la loupe afin d’en trouver les moindres filons qui ont le potentiel de faire réagir leur public cible.

«S’il y a un sujet qui fait couler beaucoup d’encre dans l’Acadie Nouvelle ou à Radio-Canada, on sait que si on fait une blague là-dessus, les gens vont embarquer.»

La stratégie, mise à l’essai il y a cinq ans, fonctionne assez bien, selon M. Doucet. L’actualité serait même devenue leur principale source d’inspiration.

Bien sûr, certaines blagues fonctionnent mieux que d’autres. Il y a des thématiques récurrentes qui sont utilisées à toutes les sauces. Et il y a des valeurs sûres. C’est pourquoi le restaurant Au P’tit Mousse de Lamèque, les Dixie Lee de la Péninsule acadienne et le chanteur Cayouche reviennent souvent dans le fil d’actualité des abonnés de la page.

Patrick Noël, propriétaire de Au P’tit Mousse, dit trouver bien drôles les publications faisant référence à son restaurant, reconnu pour ses fameux doigts à l’ail.

Il connaît bien Maxime Doucet et André Robichaud.

«Ça fait de la belle publicité pour nous. Quand ils publient de quoi avec notre nom dessus, ça va chercher beaucoup de likes. C’est certain que ça fait jaser le monde.»

Il assure ne pas avoir d’entente commerciale avec la page satirique.

D’ailleurs, malgré son grand succès, la page Facebook ne permet pas aux coadministrateurs de s’enrichir. Le site web affiche des publicités qui leur permettent d’engranger des revenus. Ceux-ci sont réinvestis dans le site.

S’ils réalisent un surplus en fin d’année, les créateurs ont pris l’habitude de faire un don à un organisme ou de créer un concours pour leurs abonnés.

Autrement dit, tout leur travail est fait de façon bénévole. Maxime Doucet et André Robichaud passent plus de deux heures par jour à créer du contenu et à administrer la page. Ils se font un devoir, entre autres, de répondre aux internautes qui leur envoient des messages privés.

Un engagement de taille pour l’enseignant de français au secondaire et le responsable des services administratifs à la Fédération des jeunes francophones du Nouveau-Brunswick.

Maxime Doucet affirme avoir des ententes de partage de contenu avec d’autres pages acadiennes et québécoises. Niaiseries acadiennes a aussi des affiliations avec des humoristes et des personnalités publiques.

Cette semaine, lorsque Niaiseries acadiennes a atteint le 50 000 abonnés, Natasha St-Pier, Jean-François Breau et Frank Williams ont souligné cet accomplissement dans des vidéos qui ont été publiées sur la page.

Les deux comparses se donnent aussi la mission de promouvoir des artistes qui sont un peu moins à l’avant-scène médiatique.

«Notre but, c’est quand même de vanter l’Acadie et de faire connaître des artistes locaux qui le méritent. C’est difficile de percer ici parce que le public est petit.»

Questionné à savoir si la page contribue à renforcer l’identité acadienne, M. Doucet répond par un commentaire qu’il a reçu il y a quelques années.

«Finalement, c’est comme un outil culturel qui est figé dans le temps. On ne pourra jamais l’enlever. Sur Internet, il est coincé-là.»

Fait inusité, les recherches sur l’Acadie dans les moteurs de recherche mènent souvent à des images des Niaiseries acadiennes.

«Oui, tu tombes sur beaucoup de niaiseries, mais quelque part dans les niaiseries, il y a des vérités. On se sert de vérités pour créer des niaiseries.»

Maxime Doucet rappelle que le contenu diffusé s’inspire la plupart du temps de faits réels. Le but étant que dans 10, 15 ou 20 ans, cet outil culturel soit toujours pertinent et perpétue, sur la grande toile, nos traditions et nos expressions.