Shediac: le projet de camping controversé est «suspendu indéfiniment»

Une longue saga s’achève dans la capitale du homard. Les promoteurs ont mis sur la glace leur projet de camping près de la plage Parlee.

Le dossier soulève les passions à Shediac depuis des années. Vendredi, la paroisse Anglicane de Shediac, propriétaire du terrain de 30 hectares situé aux intersections des chemins Pointe-du-Chêne et Parlee Beach, a finalement annoncé qu’elle suspend son projet de camping.

La décision a été prise à la suite de pourparlers avec l’association Red Dot au cours l’automne, indique la paroisse. Ce groupe du voisinage milite contre le projet depuis ses débuts en 2014.

«À la suite des discussions en cours et du désir d’écouter les commentaires de la communauté, la paroisse de Shediac a changé ses priorités et le projet d’aménager un grand terrain de camping avec Shediac Camping Inc. a pris fin», peut-on lire dans le communiqué.

Après avoir proposé un camping de 750 emplacements en 2014, puis l’avoir réduit à 550 lots par la suite, les promoteurs avaient finalement accepté de se rabattre sur un projet de plus petite envergure prévoyant la construction d’un terrain capable d’accueillir 111 campeurs.

Les promoteurs ont réduit l’envergure du projet à plusieurs reprises avant de le suspendre. – Archives

Cependant, celui-ci est «suspendu indéfiniment» en raison de l’absence de promoteur. «Si ce projet de 111 emplacements devait trouver un promoteur à l’avenir, consulter l’association Red Dot figurera en tête de liste de nos priorités», assure la direction de la paroisse.

Le projet initié en 2014 a été repoussé à deux reprises. Il a subi les foudres de résidents qui s’alarmaient des impacts de la suppression d’une zone humide sur la qualité de l’eau, la faune et la flore et les risques d’inondations.

En juillet dernier, le conseil municipal de Shediac a accordé trois autres années à la paroisse anglicane de la localité pour entamer la construction d’un terrain de camping. Une première extension avait été approuvée 2016.

La paroisse ne s’est pas rendue au terme de l’étude d’impact environnemental de la province. Elle a dû répondre à une série de 95 questions soumises par le comité de révision technique, qui a ensuite soulevé 37 autres questions concernant le plan de drainage, l’environnement, la qualité de l’air et la circulation.

Arthur Melanson, opposant de la première heure et fondateur de l’association Red Dot, se félicite de ce dernier développement.

«On voit ça d’un oeil positif.Nous avons été écoutés et ils ont répondu aux préoccupations qu’on avait. Ça va dans la bonne direction», dit-il.

Le citoyen de Shediac estime que les discussions avec la paroisse ont porté fruit et constate une plus grande ouverture à leurs doléances.

«Le dernier croquis proposé protégerait les terrains marécageux et les deux cours d’eau avec des zones tampons. On n’a pas encore ouvert la bouteille de champagne jusqu’à ce qu’on soit convaincu que c’est bien ça qui va arriver.»