Soins médicaux: des temps d’attente deux fois plus longs au N.-B.

Le temps d’attente moyen pour recevoir des traitements médicaux nécessaires au Nouveau-Brunswick était de 39,7 semaines en 2019, selon une étude qui vient d’être publiée par l’Institut Fraser.

L’attente des Néo-Brunswickois est près du double de la moyenne nationale qui se situe à 20,9 semaines.

Toujours selon l’Institut Fraser, ce temps d’attente au Nouveau-Brunswick serait le deuxième plus long au pays, derrière l’Île-du-Prince-Édouard – où une période moyenne d’attente de 49,3 semaines a été enregistrée en 2019.

«Les longues attentes pour recevoir des traitements médicaux ne doivent pas être négligées. Elles peuvent accroître la souffrance des patients, diminuer leur qualité de vie et, dans les pires cas, mener à une invalidité ou à la mort», a déclaré M. Yanick Labrie, agrégé supérieur de l’Institut Fraser.

«Malgré les stratégies provinciales visant à réduire les temps d’attente et les niveaux élevés de dépenses en soins de santé, il est clair que les patients au Canada attendent trop longtemps pour recevoir un traitement», ont quant à eux résumé les chercheurs Bacchus Barua et Mackenzie Moir qui sont auteurs du rapport de plus de 80 pages.

Mince consolation, le temps d’attente a nettement diminué au Nouveau-Brunswick cette année par rapport à 2018, alors qu’il se situait à 45,1 semaines, de loin la plus longue période à ce moment au pays.

L’étude examine concrètement le temps d’attente total des patients pour recevoir des traitements dans 12 spécialités médicales, du malade dirigé par un médecin de famille vers un spécialiste pour une consultation, au patient qui reçoit un traitement.

Les patients néo-brunswickois attendaient plus longtemps pour les soins en otolaryngologie (102,8 semaines) et pour les chirurgies orthopédiques (63,8 semaines), tandis que l’attente la moins longue était pour les soins en oncologies (1,5 semaine) et en chirurgie générale (16,6 semaines).

«Il s’est passé quelque chose»

«C’est l’une des pires performances à travers le pays, c’est très inquiétant de voir un tel nombre de semaines d’attente», déplore Jean-Claude D’Amours, le député provincial d’Edmundston-Madawaska-Centre et critique libéral en matière de santé.

C’est en 1993 que l’Institut Fraser a commencé à faire le suivi des temps d’attente au Canada, ce délai d’attente au Nouveau-Brunswick se situait alors à peine à 12,3 semaines.

«Il s’est passé quelque chose, il y a eu une coupure quelque part pour que l’attente de soins soit aussi longue aujourd’hui par rapport à 1993», a affirmé Jean-Claude D’Amours.

Le député estime que le manque de recrutement au Nouveau-Brunswick de médecins spécialistes et généralistes et d’infirmières explique en bonne partie ce temps d’attente.

«Il y a beaucoup de postes vacants au Nouveau-Brunswick. Il doit y avoir des rencontres d’urgence avec le ministre de la Santé pour regarder de près cette problématique», estime l’élu du Madawaska.

Toujours selon Jean-Claude D’Amours, des efforts doivent être fait afin de s’assurer que les étudiants des domaines de la santé demeurent dans la province lorsque viendra le temps pour eux d’exercer leur profession et d’accentuer les efforts de recrutement à l’extérieur du Nouveau-Brunswick.

Se trouvant à Fredericton afin d’effectuer d’importantes annonces au sujet du programme de traitement des dépendances de Campbellton et de la relocalisation du centre d’excellence, le ministre de la Santé Hugh Flemming n’avait pas encore pris connaissance du rapport de l’Institut Fraser au moment d’écrire ces lignes.

La crise des opioïdes épargne le Nouveau-Brunswick

La vague de décès reliée aux surdoses d’opioïdes semble toujours vouloir épargner le Nouveau-Brunswick, selon de nouvelles données publiées mercredi.

Selon un nouveau rapport du Comité consultatif spécial fédéral, provincial et territorial mis en place par l’Agence de la santé publique du Canada pour étudier le phénomène, l’épidémie de surdoses d’opioïdes est à l’origine de 10 décès survenus entre janvier et juin 2019 au Nouveau-Brunswick.

Avec un taux de mortalité (par 100 000 personnes) apparemment lié à la consommation d’opioïdes qui se situe à 2,6, la province enregistre le plus bas taux au pays après le Manitoba (1,5).

À titre de comparaison, l’Ontario et la Colombie-Britannique ont respectivement enregistré 937 et 551 décès liés aux opioïdes durant la même période.

Au total, de janvier à juin 2019, il y a eu 2142 décès associés à la consommation d’opioïdes au Canada.

Entre janvier 2016 et juin 2019, plus de 13 900 décès associés à la consommation d’opioïdes sont survenus au pays, en plus d’un total de 17 050 hospitalisations pour les mêmes raisons.