Du cannabis au plus bas prix possible: le pari de Zenabis

Après un peu plus d’un an sur le marché de la vente de cannabis à des fins récréative, Zenabis semble avoir trouvé sa niche… ou à tout le moins sa première véritable niche.

Depuis quelques semaines, l’entreprise propose un tout nouveau produit sur les tablettes, Re-Up, un cannabis de gamme moyenne qui s’ajoute à ses deux autres marques établies et déjà sur les tablettes, Namaste et Blazery. Outre le fait de provenir à 100% de l’usine d’Atholville, la marque Re-Up à une autre particularité qui lui est propre: elle est peu dispendieuse. En fait, à 5,53$, il s’agit du prix régulier par gramme le plus bas proposé actuellement sur les tablettes de Cannabis NB.

Ce produit se veut la réponse de la compagnie au marché dont les faibles prix freinent le marché «légal» à prendre son réel envol. Selon les estimations, le prix moyen du gramme de cannabis sur le marché noir est un peu plus que 5$. L’objectif de la compagnie est simple: convaincre les consommateurs qui s’approvisionnent sur le marché illicite de plutôt le faire en toute légalité.

«On savait qu’il y avait une place dans le marché pour ce type de produits moins dispendieux, mais toujours de bonne qualité. On pense notamment aux consommateurs plus réguliers, qui désirent un produit plus abordable en raison de la quantité consommée. On a la capacité de production, l’inventaire, alors on a décidé de tester le marché. Et la réponse a été excellente, au-delà de nos attentes», confirme la porte-parole de la compagnie, Jordan Owens.

Si elle devait faire une comparaison, Mme Owens oserait faire la comparaison entre le champagne et la bière.

«Tout le monde ne se débouche pas une bouteille de champagne chaque soir après le boulot, mais il est plus probable d’ouvrir une bière ou deux», dit-elle.

En somme, Re-Up est un cannabis moins haut de gamme, mais qui livre parfaitement la marchandise.

Comment arrive-t-on à pouvoir couper sur le coût de vente? En grande partie selon Mme Owens grâce à la production de masse, mais aussi avec une utilisation plus judicieuse de l’emballage. Celle-ci soutient que Re-Up est la preuve qu’il est possible pour les producteurs de cannabis de rivaliser avec le marché noir. En octobre dernier, depuis l’arrivée de la marque Re-Up, Zenabis s’est emparé de 34% des ventes de produits du cannabis vendus chez Cannabis NB, en croissance comparativement aux mois précédents. Et Re-Up ne serait pas étranger à cette hausse des parts de marché, bien que d’autres éléments – tels que l’ajout de capsules et des vaporisateurs au portfolio de produits de l’entreprise – ont également joué dans la balance.

«C’est encore tôt, mais on estime que Re-Up est un produit que nous voulons continuer de développer et sur lequel nous désirons mettre beaucoup d’accent ailleurs au pays, car pour le moment il n’est disponible qu’au Nouveau-Brunswick et en Saskatchewan», ajoute la porte-parole.

Année mouvementée

La dernière année aura par ailleurs été riche en accomplissements pour Zenabis. La compagnie a d’abord terminé la totalité des phases d’expansion à son usine d’Atholville.

Celle-ci est désormais entièrement fonctionnelle, ce qui permet a d’ailleurs permis à l’entreprise de bien faire au chapitre de la production, dépassant régulièrement ses objectifs. En date d’octobre, l’entreprise avait produit 12 770 kg de cannabis, 8% de plus que ses prévisions initiales. Ce chiffre, grandement attribuable à l’usine d’Atholville, devrait grimper de façon considérable au fur et à mesure que la totalité des chambres de croissance entre en service.

L’année 2019 marque également l’entrée en bourse de Zenabis, un passage un peu moins réussi toutefois. Car si l’action a flirté avec les 5$ pendant un moment, celle-ci a rapidement chuté. Après s’être maintenue entre 1$ et 2$, celle-ci a chuté drastiquement et tourne aujourd’hui autour de 0,20$.

Selon Mme Owens, Zenabis n’est toutefois pas la seule compagnie de cannabis à devoir composer avec une telle situation. Toute l’industrie ou presque du cannabis canadien a subi une dévaluation notable au niveau de la valeur boursière.

«Lorsque l’on considère toute l’industrie dans son ensemble, 2019 a été une année test pour tout le monde, nous inclut. On doit s’adapter et trouver de nouvelles façons d’obtenir du capital. Le succès de notre marque Re-Up viendra peut-être servir cette cause», soutient Mme Owens.

Pour la prochaine année, l’entreprise entend continuer sur sa lancée et étendre son éventail de produits, notamment en faisant son entrée dans la gamme des produits comestibles (possiblement avec une boisson).

Également en 2020, l’usine d’Atholville pourrait obtenir son accréditation pour la vente de cannabis à des fins médicinales outre-mer, notamment auprès des pays membres de l’Union européenne.