Gouvernement Higgs et Alliance des gens: terrain d’entente pour éviter des élections

Le gouvernement Higgs déposera un amendement au projet de loi sur les services essentiels dans les foyers de soins afin de s’assurer le soutien de l’Alliance des gens et éviter des élections.

La modification permettra d’ajouter des «informations pertinentes» au projet de loi 17 sans en dénaturer les passages concernant les conditions de l’arbitrage exécutoire comme la capacité de payer du gouvernement, a indiqué le premier ministre vendredi.

Blaine Higgs est toujours déterminé à en faire un vote de confiance qui pourrait faire tomber son gouvernement en cas d’échec.

Le projet de loi 17 doit être adopté avant la fin de l’année pour empêcher une grève générale illimitée dans les foyers de soins.

Il comprend un nouveau processus pour déterminer quels services sont essentiels dans ces établissements en cas de grève.

Il inclut aussi le recours à l’arbitrage exécutoire en cas de conflit de travail, mais avec de nouvelles conditions comme la capacité de payer de la province.

Ces conditions qui sont vivement dénoncées par certains partis d’opposition et par les syndiqués sont absolument nécessaires selon M. Higgs pour protéger le portefeuille des contribuables et la santé financière de la province.

Afin de faire adopter le projet de loi, le gouvernement minoritaire de M. Higgs aura besoin de l’appui des trois députés de l’Alliance des gens.

L’amendement au projet de loi 17 pourrait être déposé aussitôt que mardi, a précisé le premier ministre.

«On ajoute des informations pertinentes à prendre en compte (lors de l’arbitrage exécutoire), mais la capacité de payer est quand même en plein centre.»

«Il ne s’agit pas d’un changement substantiel, mais M. Austin a mentionné qu’ils le considéraient comme important pour le projet de loi et c’est correct.»

Selon le chef de l’Alliance, l’amendement «ouvrira un peu la façon dont un arbitre interpréterait le projet de loi» durant l’arbitrage exécutoire.

«Nous n’allons pas faire tomber le gouvernement sur une question de relations de travail», a ajouté Kris Austin.

Il avait indiqué la veille que le soutien de son parti au gouvernement dépendrait des progrès réalisés d’ici Noël en ce qui concerne la reconnaissance des travailleurs paramédicaux à titre de professionnel de la santé à part entière.

Vendredi, le ministre de la Santé a assuré aux médias qu’il y aurait du nouveau très bientôt dans ce dossier.

Le métier de paramédicaux «n’est plus ce qu’il était il y a 25 ans», a indiqué Ted Flemming.

«La formation est différente et c’est beaucoup plus médical maintenant. Ils devraient donc peut-être être (reclassifiés). À mon avis, ils devraient l’être et j’irais même jusqu’à dire qu’ils seront reclassifiés parce que c’est la chose à faire.»

Selon M. Flemming, la reclassification est une prérogative du gouvernement à titre d’employeur et ne nécessite pas de changements législatifs.

Les travailleurs paramédicaux espèrent que la reclassification leur permettra de rejoindre d’autres professionnels de la santé dans un autre syndicat en vue d’obtenir de meilleures conditions salariales.

L’arbitrage exécutoire «est un gros dossier pour le gouvernement et la reclassification des paramédicaux est un gros dossier pour nous», a résumé Kris Austin.

Le Syndicat canadien de la fonction publique qui représente à la fois les travailleurs des foyers de soins et les travailleurs paramédicaux ont accusé vendredi le chef de l’Alliance de monter les syndiqués les uns contre les autres.

«M. Austin travaille main dans la main avec Higgs pour semer la discorde entre les travailleurs. Il cherche à opposer les travailleurs paramédicaux aux travailleurs des foyers de soins», a déclaré le président du syndicat, Brien Watson.

Le Parti libéral et le Parti vert sont tous les deux opposés aux conditions à l’arbitrage exécutoire inclus dans le projet de loi 17 et ont l’intention d’essayer de le modifier.

«Qu’est-ce que la capacité de payer? Je pourrais poser la question au chef de l’Alliance, au premier ministre, au ministre des Finances et à la ministre du Développement social et je suis certain que j’obtiendrais chaque fois des réponses différentes», a dénoncé le député libéral Gilles LePage.

«Nous devons nous débarrasser de ces articles qui n’ont rien de pertinent et qui sont inutiles parce qu’ils sapent la négociation collective et n’ont rien à voir avec la définition des services essentiels dans les foyers de soins», a affirmé le chef des verts, David Coon.

Le premier ministre a prévenu vendredi que tout amendement substantiel au projet de loi 17 sera considéré comme une question de confiance.

«Le projet de loi que nous avons présenté est celui qui sera adopté ou qui ne le sera pas et s’il n’est pas adopté, nous le déclarerons comme un vote de non-confiance», a assuré Blaine Higgs.

Selon la tradition parlementaire, un premier ministre qui estime avoir perdu la confiance de l’Assemblée n’a d’autre choix que d’aller voir la lieutenante-gouverneure pour lui demander de déclencher des élections.