Un absent au budget d’immobilisations: l’Institut de Memramcook

Pas un seul mot sur l’Institut de Memramcook dans le budget d’immobilisations du gouvernement provincial, dévoilé mercredi. Une situation qui déçoit plusieurs intervenants.

Le projet de rénovation de l’édifice a été mis sur glace il y a un an, jour pour jour. Les travaux d’amélioration se sont quand même poursuivis jusqu’en septembre 2019. Il s’agissait de retaper la structure de l’édifice ainsi que d’y installer un ascenseur et une nouvelle chaudière. Mais les travaux ne sont toujours pas complétés.

D’ici là, impossible d’y attirer des locataires, selon Megan Mitton, députée du Parti vert de Memramcook-Tantramar.

Mme Mitton rappelle que le bâtiment historique est important pour la communauté, qui veut en faire un centre communautaire.

Elle a interrogé le ministre des Transports et de l’infrastructure Bill Oliver à ce sujet, mercredi, à l’assemblée législative.

«Le gouvernement a déjà investi la moitié du coût des rénovations. Le ministre des Transports et de l’Infrastructure pourrait-il me dire si un certain financement est prévu cette année pour cet important projet d’immobilisations?»

Elle fait référence à la somme d’environ 13 millions $ investie par le gouvernement provincial dans les travaux de l’édifice depuis l’annonce des rénovations par le gouvernement Gallant, en 2017. À l’époque, on parlait d’un coût total d’environ 26 millions $.

C’est le premier ministre Blaine Higgs qui lui a répondu.

«Comme à l’habitude avec le gouvernement précédent… Le 40 millions $ désigné pour l’Institut de Memramcook n’avait pas de plan réel. C’était seulement: oh, on va dépenser de l’argent et espérer que tout ira bien.»

Le premier ministre assure que son gouvernement reconnaît la valeur de l’Institut et qu’il veut que le bâtiment ait un usage «significatif» pour le Nouveau-Brunswick et la communauté de Memramcook à long terme.

«Nous avons demandé à d’autres de nous amener un plan pour l’utilisation de ce bâtiment, parce que les gouvernements successifs, pendant des années, ont dit qu’ils allaient y verser de l’argent sans plan à long terme.»

Plus tard, en mêlée de presse, Megan Mitton a réagi aux propos du premier ministre.

«Il a dit qu’il faut avoir un plan, mais la communauté et le gouvernement a travaillé sur des plans pour ce bâtiment. Et c’est aussi la province qui gère ces édifices, donc est-ce que la communauté et la municipalité sont responsables d’établir un plan?»

Michel Gaudet, maire de Memramcook, est déçu que le projet n’obtient toujours pas de financement pour compléter les travaux sur l’électricité, la plomberie et la ventilation du bâtiment. Il affirme pourtant en avoir parlé aux ministres Bill Oliver et Robert Gauvin ces derniers mois.

«Ils continuent à dire qu’ils veulent une vocation pour l’Institut. Ce n’est pas une grosse surprise, mais c’est quand même décevant.»
Il estime que la réponse du premier ministre est «très frustrante». D’après lui, le plan de la municipalité pour ce bâtiment – un centre communautaire de 10 000 pieds carrés – est une raison valable pour reprendre les travaux.

«Ça fait longtemps qu’on travaille dessus, on s’est déjà engagés à y verser 100 000$ par an pour le centre communautaire et on avait donné des suggestions au gouvernement, mais à la fin de la journée, c’est un bâtiment provincial, et ils nous renvoient la balle, ce qui n’est pas vraiment juste», dit le maire en entrevue jeudi.

26 millions $ ou 40 millions $?

Les députés ne sont toujours pas d’accord sur le coût total du projet. Le premier ministre parle de 40 millions $ alors que l’annonce de 2017 faisait état d’un projet de 26 millions $.

Le premier ministre se trompe, avance Megan Mitton.

«Il a utilisé des chiffres qui sont incorrects, il a répondu quelque chose de similaire l’an dernier avec un chiffre de 40 millions $, mais ce n’est pas le bon chiffre, c’est plus proche de 27 millions $.»

C’est une question qui dépasse aussi le maire Michel Gaudet.

«On ne connaît pas le vrai chiffre. C’est certain que plus on attend, plus c’est cher, mais quand ils disent 40 millions $, je pense qu’ils ne connaissent pas le vrai chiffre eux non plus. Ils mettent des numéros plus gros qu’ils ne le sont.»

Le coût réel des travaux n’est toujours pas clair. L’Acadie Nouvelle s’était penchée sur les dessous de l’affaire en juin.

Nous avons demandé au ministère des Transports et de l’Infrastructure si des fonds seraient accordés pour des rénovations cette année. Nous n’avons pas obtenu de réponse.