Rencontre avec le ministre de la Santé: les élus du Restigouche «font face à un mur»

Les élus du Restigouche n’ont pas réussi à faire fléchir le ministre de la Santé dans sa position concernant le déménagement du Centre d’excellence en santé mentale pour jeunes.

S’il était espéré, ce revirement n’est toutefois pas survenu mardi lorsqu’un groupe d’élus du Restigouche s’est déplacé à Fredericton afin de s’entretenir avec le ministre Ted Flemming. À moins d’un revirement majeur, les plans demeurent inchangés, le centre prendra la route comme prévu pour Moncton.

Les élus, parmi lesquels le maire d’Atholville, Michel Soucy, ont fait le trajet jusque dans la capitale afin d’aborder différents dossiers liés à la santé (notamment la situation des services à l’hôpital régional de Campbellton), mais surtout pour parler du statut du Centre d’excellence en santé mentale pour jeunes. Cette rencontre, les élus de la CSR-Restigouche la demandent depuis plusieurs mois. Elle survient toutefois – et à leur grande déception – après que la décision soit tombée.

Selon le maire d’Atholville, la rencontre avec le ministre fut stérile en ce sens que ce dernier n’était aucunement disposé à revenir – ni même à envisager un retour – sur sa décision.

«On lui a fait part de nos arguments, de nos préoccupations et également de notre profond mécontentement face à cette décision. Mais on a fait face à un mur. Il n’a pas tourné autour du pot et nous a garanti que rien n’allait changer», raconte M. Soucy.

Le message des maires en résumé: le service peut très bien être offert à Campbellton et rien ne justifie ni un déménagement ni un autre investissement massif de fonds publics dans la construction d’une autre infrastructure de plusieurs millions de dollars.

S’il n’a pu convaincre le ministre avec ses arguments, le ministre n’a pas su le convaincre non plus avec les siens.

Comme ses confrères, M. Soucy estime que cette décision a été prise en se basant sur des rapports et les recommandations plus ou moins justifiés, notamment le rapport de l’Ombud déposé sur le Centre Hospitalier Restigouche en début d’année et qui écorchait au passage – et sans raison selon le maire – le Centre d’excellence en santé mentale pour jeunes.

«C’est évident qu’on n’a pas pris le temps de regarder les programmes qui ont été mis en place de façon temporaire ici, en attendant la fin de la construction du centre. On n’a pas tenu compte de l’opinion du Réseau de santé Vitalité ni des experts qui soutiennent que le programme fonctionne bien. On a volontairement oublié de considérer tout ce qui a été bien fait jusqu’à maintenant, et ce, pour plaire à un groupe d’individu qui préfère voir ce centre ailleurs qu’ici», souligne le maire.

Celui-ci n’achète pas non plus l’argument de la proximité des universités avancé par le gouvernement pour justifier – en partie – ce déménagement.

«À ma connaissance, nos universités collaborent étroitement avec d’autres établissements ailleurs au pays et peut-être même dans le monde. On est bientôt en 2020, et à l’ère de l’informatique, on ne laisse pas filer des collaborations ou des partenariats du genre entre institutions sous prétexte qu’il n’y a pas un bâtiment juste à côté d’une université», indique le maire.

Si ce dernier confirme l’importance du Centre de traitement des dépendances et applaudit un éventuel agrandissement, il déplore le «vol» du service de santé mentale nouvellement implanté et qui aurait consolidé le rôle du Restigouche comme centre spécialisé en santé mentale.

En dépit de l’intransigeance du ministre, le maire Soucy n’est pas encore prêt à jeter la serviette dans cette affaire.

«Je ne crois pas que nous soyons prêts à passer à autre chose, à abandonner le programme comme si de rien n’était. Je dis toujours qu’un dossier n’est jamais mort tant qu’il n’est pas enterré. Dans ce cas-ci, le bâtiment n’est toujours pas construit à Moncton, alors je crois que nous devons poursuivre nos interventions, notre lobbying, afin de renverser la vapeur», estime M. Soucy, invitant au passage le ministre à faire un bout de chemin également, soit de venir en personne à Campbellton afin de vérifier la qualité des services offerts au centre.

À noter que les élus du Restigouche doivent se rencontrer jeudi soir dans le cadre de la dernière rencontre publique de l’année de la Commission de services régionaux.