Centre d’excellence pour jeunes: la CSR-Restigouche dénonce, mais ne prend pas position

Le sujet a fait l’unanimité autour de la table de la Commission de services régionaux du Restigouche: le Centre d’excellence en santé mentale pour jeunes était très bien à Campbellton et devrait y rester.

C’était la dernière rencontre de l’année de la CSR-Restigouche, jeudi soir dernier, mais aussi la première depuis l’annonce du ministre de la Santé, Ted Flemming, d’ordonner le déménagement du Centre d’excellence en santé mentale pour jeunes de Campbellton vers Moncton.

Les élus n’ont pas apprécié cette décision. À vrai dire, plus que de ne pas apprécier, ceux-ci fulminent littéralement. Chacun leur tour, ils ont dénoncé l’action du gouvernement progressiste-conservateur.

Mais au-delà des mots, ils ne se sont toutefois pas engagés dans des actions concrètes. Ainsi, malgré la gravité dénoncée de la situation, aucune motion de condamnation n’a été proposée par les membres ni aucune action formellement votée dans l’espoir d’infirmer la décision gouvernementale.

Parlant au nom de la CSR et du Forum des maires du Restigouche, le maire de Balmoral, Charles Bernard, dit être conscient de l’ambiguïté de ce message. La raison est toutefois bien simple selon lui: les élus n’ont pas le monopole de l’indignation. Ils ne peuvent, à eux seuls, porter ce dossier et ne veulent surtout pas être les seuls au front advenant une confrontation avec Fredericton.

«Nous avons décidé d’agir de la sorte pour le moment parce que le centre d’excellence ce n’est pas seulement le dossier de la commission ou des maires. C’est aussi celui de Vitalité, de la Chambre de commerce (gens d’affaires), de la communauté en général. De ce qu’on entend de tous ces gens, c’est que la décision du ministre ne fait aucun sens. Alors qu’on se concerte, qu’on se regroupe et qu’on fasse quelque chose – un plan d’action – pour changer cela», indique M. Bernard.

Selon lui, l’apport de toute la communauté est primordial pour faire bouger les choses, le ministre ayant été très ferme dans sa décision.

Quelques nuances

Plus tôt en journée jeudi, le conseiller de Campbellton, Gilbert Cyr, a tenu à nuancer la position de son conseil sur cette question. Cette nuance est en lien avec les propos de sa mairesse, Stéphanie Anglehart-Paulin, effectués après avoir pris connaissance de la nouvelle du déménagement. Celle-ci avait alors démontré un certain enthousiasme face à cette décision, accueillant favorablement les améliorations annoncées pour le service existant de traitement des dépendances.

«Son commentaire était maladroit dans le sens où personne, ici, autour de la table, ne souhaite voir le programme pour les jeunes être transféré dans une autre région. Cela dit, il est aussi vrai qu’il existe des besoins dans le secteur du traitement des dépendances. Nous sommes dans la région la plus pauvre de la province la plus pauvre au pays et cela n’est pas sans conséquence au niveau de la consommation abusive d’alcool et de drogues», soutient ce dernier.

S’il se réjouit lui aussi de l’amélioration des services de traitement aux dépendances, il dénonce par contre avec vigueur la décision du gouvernement en ce qui touche le centre pour jeunes.

«Soyons clair, une bonification de service ne devrait pas se faire au détriment d’un autre, qui plus est un service qui nous avait été promis, dont le bâtiment est pratiquement terminé et dont le service est déjà offert avec succès», indique le conseiller qui déplore au passage le manque de consultations de la province dans ce dossier.