Des banques alimentaires plus fréquentées dans le temps des fêtes

Des banques alimentaires à Moncton et Shediac reçoivent davantage de familles dans le besoin lorsqu’arrive le temps des fêtes.

En temps normal, environ 1300 familles par mois fréquentent la banque alimentaire de Moncton, sur la Saint-George.

Pendant les fêtes, 300 familles s’ajoutent à ce nombre.

La fin de l’année est une période de grand stress pour la banque alimentaire, selon sa directrice générale Chantal Sénécal.

«Beaucoup de gens sont un peu stressés à ce temps-ci de l’année. C’est un moment qui peut être difficile, surtout pour les gens qui sont à bas revenus.»

Puisque la banque alimentaire ferme ses portes à partir de Noël jusqu’au jour de l’An,  l’organisme offre des boîtes de nourriture à ceux qui en ont besoin.

Environ 1700 familles dans le Grand Moncton en bénéficieront cette année.

Il s’agit d’un défi de taille, et des bénévoles de la banque alimentaire de Moncton y travaillent depuis novembre.

«On ramasse de l’argent pour acheter de la nourriture fraîche pour les boîtes. On ne pourrait pas financer ça seulement avec des dons de nourriture», explique-t-elle.

La boîte distribuée contient assez d’aliments pour préparer un dîner de Noël. En plus de cela, elle contient suffisamment de nourriture pour nourrir une famille de quatre pour une période d’une à deux semaines.

«Il faut aussi s’assurer qu’on a suffisamment de dons de nourriture pour les mois d’hiver parce qu’on ouvre à nouveau nos portes en janvier pour les gens qui en ont besoin», dit la directrice générale.

Le 20 novembre à midi, un groupe de 300 bénévoles a livré toutes ces boîtes à des familles du Grand Moncton.

«Il y a beaucoup de services qui sont fermés pendant les fêtes pour donner une pause aux bénévoles, donc on s’assure qu’il y a assez de nourriture.

Mais l’achalandage dans les banques alimentaires témoigne d’un problème plus large, selon elle.

«Je pense qu’au Nouveau-Brunswick, on est dans une situation assez sérieuse quand ça vient à l’économie. C’est assez grave quand les gens n’ont pas ce dont ils ont besoin pour s’acheter de la nourriture pour le mois et quand ils doivent se tourner vers les banques alimentaires pour avoir de l’aide.»

Elle croit que la création d’un revenu de base serait une porte de sortie à ce problème grandissant.

Mark LeBlanc, directeur général de la banque alimentaire de Shediac, constate lui aussi que la période des fêtes peut être difficile pour les personnes à faible revenu.

«D’habitude, on sert environ 600 personnes par mois, mais le mois dernier on en a servi 700, et je suis certain que ce sera encore plus élevé ce mois-ci», estime-t-il.

Mark LeBlanc explique que pour les travailleurs de la boîte alimentaire, les fêtes sont comme une ligne d’arrivée: ils s’assurent de donner de la nourriture à tous ceux qui en ont besoin avant le 21 décembre.

L’organisme a commandé plus de nourriture pour pouvoir servir ses clients pendant la période des fêtes.

Il offre aussi des boîtes de denrées alimentaires pendant les fêtes, ainsi que des jouets pour les enfants.

Selon Mark LeBlanc, bien que les banques alimentaires parviennent à subvenir aux besoins de beaucoup de gens, c’est aux leaders de la société de changer la donne à long terme.

«Ce sont les gouvernements qui devraient constater la pauvreté. Il y a de gros changements qui se passent, et ce n’est pas une bonne chose. Il y a beaucoup de familles qui ne peuvent pas rejoindre les deux bouts.»

Selon lui, beaucoup de familles ont deux parents qui travaillent, mais leur salaire est bas. Elles doivent donc se tourner vers la banque alimentaire.

«Je connais quelqu’un qui bénéficie de l’aide sociale. Il loue une chambre à 500$ par mois, et il reçoit 537$ par mois de l’aide sociale. C’est pas mal difficile de se sortir de là», dit Mark LeBlanc.