Les 30 francophones les plus influents au Nouveau-Brunswick

Comme le veut la tradition, l’Acadie Nouvelle profite du temps des Fêtes pour publier un palmarès des francophones les plus influents au Nouveau-Brunswick.

Qui détient le pouvoir économique et politique dans notre province actuellement? Qui prend les décisions qui affectent le plus de personnes? Qui sont celles et ceux dont la parole et les actions pèsent lourd dans la balance?

À noter que le rang de l’année dernière est indiqué entre parenthèses et qu’un astérisque signifie que la personne en question ne figurait pas dans notre dernier classement.

1. Bernard Lord (9)
Chef de la direction de Medavie

Cet ancien premier ministre du Nouveau-Brunswick a été nommé à la tête de Medavie en 2016. La société à but non lucratif qu’il dirige se substitue de plus en plus au gouvernement dans le domaine des soins de santé. En plus des services ambulanciers – dont elle a la charge depuis 2007 – elle administre Télé-soins et le Programme extra-mural depuis le 1er janvier 2018.

Bernard Lord a démontré l’étendue de son influence en permettant la résolution du très explosif dossier du bilinguisme des ambulanciers paramédicaux. Lors d’une rencontre avec le ministre de la santé Ted Flemming, il a convaincu ce dernier de revenir sur son idée d’éliminer les exigences linguistiques pour les ambulanciers de certaines régions. Il a alors contribué à mettre en place le système d’équipe flottante, pour permettre aux travailleurs paramédicaux unilingues d’occupers des postes permanents sans pour autant éliminer l’obligation d’avoir un paramédic bilingue dans chaque véhicule.

Au sein du Parti conservateur du Canada, plusieurs voyaient en Bernard Lord un remplaçant crédible à Andrew Scheer, à la fois rassembleur et parfaitement bilingue. En coulisses, un mouvement s’est organisé pour le convaincre se lancer dans la future course à la direction. Sauf que l’ancien politicien a déjà refusé une telle offre à quatre reprises par le passé, soit en 2002, 2003, 2010 et 2015, et a finalement annoncé qu’il ne se lancerait pas non plus cette fois.

2. Dominic LeBlanc (2)
Président du Conseil privé de la Reine 

Ce vieux routier de la politique fédérale, élu pour la première fois en 2000, se passe de présentation. Celui que l’on présente souvent comme le lieutenant du premier ministre  Justin Trudeau dans la province, est impliqué de près ou de loin dans bon nombre de dossiers touchant le Nouveau-Brunswick.

Politicien d’expérience, il entretient également des liens étroits avec la famille libérale provinciale. Précédemment ministre des Affaires intergouvernementales et du Nord, il a d’abord eu la lourde de tâche de gérer les relations du gouvernement Trudeau avec les provinces.

Forcé de se retirer de l’arène politique pour mener son combat contre la maladie, Dominic LeBlanc a été réélu dans Beauséjour et le voilà de retour au cabinet. Devenu Président du Conseil privé de la Reine, il devrait pouvoir continuer de peser sur certaines orientations du gouvernement, si son état de santé le lui permet.

 

3. Louis Léger (4)

Chef de cabinet de Blaine Higgs

Cet ancien dirigeant de la firme de marketing M5 travaille surtout dans l’ombre, comme le font d’habitude les chefs de cabinet. Habitué des coulisses du Parti progressiste-conservateur du Nouveau-Brunswick, il s’est vu confier une place au sein de l’équipe de transition lorsque Brian Gallant a été défait. Il a ensuite été nommé chef de cabinet de Blaine Higgs, un poste d’une importance capitale dans le petit monde de la politique néo-brunswickoise, où le pouvoir est de plus en plus centralisé au cabinet du premier ministre.

4. Robert Gauvin (1)

Vice-premier ministre du Nouveau-Brunswick, ministre du Tourisme, du Patrimoine et de la Culture, député de Shippagan-Lamèque-Miscou 

Ce comédien de carrière a été propulsé vers les sphères du pouvoir au lendemain de l’élection provinciale. Si son influence réelle sur les décisions de son gouvernement reste à démontrer, son statut de seul député francophone au sein de l’équipe de Blaine Higgs l’a amené à s’impliquer dans une foule de dossiers. Son implication en faveur du maintien du Consulat de France à Moncton est notamment à mettre à son crédit.

Dans une situation de gouvernement minoritaire, le ministre acadien occupe en théorie une place incontournable. Robert Gauvin l’a d’ailleurs rappelé à son premier ministre en prévenant qu’il  démissionnerait si son gouvernement choisissait de remettre en question les droits linguistiques.

5. Paul D’Astous (5)

Secrétaire principal, cabinet de Blaine Higgs

L’ancien vice-président d’Assomption Vie et progressiste-conservateur de longue date gravite très près du centre du pouvoir à Fredericton. Au cours des dernières années, il a gagné ses galons en appuyant Blaine Higgs lors de la course à la chefferie et en prenant la direction générale du parti quelques mois avant les élections. Après la prise du pouvoir des bleus, il a été nommé au sein de l’équipe de transition. Il est aujourd’hui le secrétaire principal du cabinet du premier ministre. À l’instar de Louis Léger, ce proche collaborateur de Blaine Higgs n’est jamais bien loin lorsque d’importantes décisions sont prises par le nouveau gouvernement provincial.

6. Jean-Marc Dupuis (*)
Secrétaire du cabinet, chef des opérations, greffier du Conseil exécutif et chef de la fonction publique

Les gouvernements passent et se succèdent, Jean-Marc Dupuis, lui, reste et continue de prendre du galon au sein de l’administration provinciale. On ne le voit jamais sur le devant de la scène, mais il se trouve bien souvent dans l’ombre d’un ministre.

Sous-ministre à la Santé sous le gouvernement Graham, il occupera cette même fonction au ministre de l’agriculture, de la aquaculture et des pêches sous le gouvernement Alward, avant d’être nommé sous-ministre des Transports et de l’Infrastructure en 2012. Sous le gouvernement Gallant, il a été sous-ministre aux Finances puis sous-ministre au ministère de l’Éducation postsecondaire, Formation et Travail. Cette année, il a finalement été promu en devenant secrétaire du cabinet, chef des opérations, greffier du Conseil exécutif et chef de la fonction publique. Il a notamment fait partie du comité de sélection qui a été chargé de proposer le nom de la  commissaire aux langues officielles.

7. Gilles Lanteigne (10)
PDG de Vitalité 

Gilles Lanteigne à la tête du Réseau de santé Vitalité depuis 2015. Il administre donc une importante partie du système de santé public de la province, avec un budget de 650 millions $ lors de la dernière année financière.

Un immense défi frappe désormais à sa porte. La pénurie de personnel frappe de plein fouet les services de santé et perturbe le bon fonctionnement de la régie. Le problème ne fait encore que pointer le bout de son nez. Les décisions que prendra la direction de Vitalité pour y faire face auront une influence directe sur la vie de milliers d’employés et de patients.

8. Robert Moreau (11)
PDG d’UNI Coopération financière

Robert Moreau semble bien se débrouiller à la tête d’UNI Coopération financière depuis son entrée en poste début 2017. Il affiche en tout cas la volonté de réinventer sans cesse l’institution financière.

UNI Coopération financière rapporte des résultats encourageants sous sa gouverne, avec un surplus de 16,2 millions $ en 2018. Désormais encadrée par une charte fédérale, l’organisation phare du mouvement coopératif acadien commence à investir dans des projets à travers le pays.

9. Gaétan Thomas (8)
PDG d’Énergie NB 

Gaëtan Thomas est à la tête d’une énorme société de la Couronne, avec un budget annuel de 1,7 milliard $ et plus de 2400 employés. D’ici son départ à la retraite dans quelques mois, les décisions qu’il prendra auront des conséquences sur tous les Néo-Brunswickois.

Le fonctionnaire aura perdu des plumes cette année après s’être lancé dans un investissement hasardeux dans une entreprise américaine qui promettait, à tort, d’avoir développé une nouvelle technique d’extraction de l’hydrogène.

10. Jacques-Paul Couturier (12)

Recteur par intérim de l’Université de Moncton

Jacques-Paul Couturier a pris la relève de Raymond Théberge en décembre 2017. L’historien de formation a su s’acquitter de la tâche sans accroc et n’a pas hésité à prendre la parole publiquement pour défendre les intérêts de l’institution. Il aura notamment plaidé en faveur d’un meilleur financement des universités auprès de la province et dénoncé les coupures de fonds dans les programmes de sciences infirmières. Il devra bientôt passer le flambeau à Dr Prud’homme récemment nommé recteur et vice-chancelier.

11. Sébastien Dupuis (*)
PDG d’Assomption Vie

Sébastien Dupuis est à la barre d’Assomption Vie depuis janvier 2019. Ce spécialiste des finances a gravi les échelons de l’entreprise pendant 17 ans avant de se retrouver à la tête de la compagnie d’assurance. C’est désormais sur ses épaules que repose la tâche de maintenir le navire dans le sillage des excellents résultats financiers enregistrés par Assomption Vie ces dernières années.

 

12. Ginette Petitpas Taylor (3)

Députée de Moncton-Riverview-Dieppe

Ginette Petitpas Taylor s’est rapprochée rapidement du centre du pouvoir à Ottawa en devenant ministère de la Santé en 2017. Elle a su livrer la marchandise et gérer des dossiers d’envergure tels que la légalisation du cannabis.

Réélue avec une avance confortable, elle a finalement été exclue du cabinet Trudeau. Bien que cette rétrogradation soit difficile à digérer, la politicienne assure prendre au sérieux sa nouvelle responsabilité de whip adjointe, dont le rôle est de faire respecter l’unité du parti lors des votes en Chambre.

13. Serge Cormier (13)

Député fédéral d’Acadie-Bathurst

Il est l’un des députés fédéraux francophones du Nouveau-Brunswick qui jouit de la meilleure visibilité dans la province et est impliqué de près dans le dossier de l’assurance-emploi, très important dans la province. Son travail a convaincu au sein de sa circonscription, en témoigne sa très large victoire le soir de l’élection fédérale.

14. Kevin Arseneau (17)

Député de Kent-Nord

Ce fermier et ex-leader étudiant établi à Rogersville continue bousculer les façons de faire et l’idéologie dominante. Le député de provincial de Kent-Nord s’est fait remarquer cette année pour ces prises de position en faveur de la justice sociale et de la protection de l’environnement, ou de l’agriculture locale et biologique.

Il a notamment fait parler de lui dans les médias en proposant la création d’un comité permanent des langues officielles, en suggérant de mettre fin à la prière à l’Assemblée législative ou en déposant un projet de loi s’attaquant à la concentration de la presse.

15. Monique Boudreau (18)

Directrice du District scolaire francophone Sud

Cette gestionnaire est à la tête de l’équipe de direction du plus important district scolaire francophone de la province, qui compte 36 écoles et près de 15 181 élèves à la rentrée 2019.

Son influence dans le milieu de l’éducation est donc conséquente. En poste depuis juillet 2013, elle a vu son mandat renouvelé en juin 2018 pour une période de cinq ans.

16. Marie Chamberland (14)

Présidente du Conseil économique du N.-B

Cette entrepreneure originaire du Restigouche – maintenant établie à Moncton – enseigne au campus de Dieppe du CCNB et est présidente du Conseil économique du Nouveau-Brunswick depuis 2017. Elle est l’une des voix fortes qui parlent au nom du milieu des affaires francophones dans la province.

17. Francis Sonier (20)

Éditeur-directeur général d’Acadie Média 

Francis Sonier est aux commandes du groupe de presse Acadie Média – qui comprend notamment l’Acadie Nouvelle et Les Éditions de la Francophonie. Il joue également un rôle sur la scène nationale à titre de président de l’Association de la presse francophone (APF), qui défend les intérêts des journaux francophones en milieu minoritaire. Au cours de l’année, il a milité en faveur d’une aide fédérale aux médias d’information canadiens.

18. Yvon Lapierre (*)

Maire de Dieppe

Yvon Lapierre s’est fait élire maire de la plus peuplée des municipalités francophones de la province en 1998, 2012 et 2016. Cette année, la cité acadienne s’est démarquée pour ses initiatives environnementales: interdiction des sacs de plastique à usage unique, création d’une aire piétonne familiale pendant l’été, incitatifs à l’achat de bornes de recharges électriques, transport en commun gratuit pour les jeunes ou encore partage de voitures électriques avec les résidents.

19. Madeleine Dubé (16)

Vice-rectrice de l’Université de Moncton – Campus d’Edmundston 

Connue et respectée dans sa région, Madeleine Dubé a connu une longue carrière politique sein du caucus progressiste-conservateur. Elle est aujourd’hui à la tête du campus d’Edmundston de l’Université de Moncton, un poste-clé dans la région.

20. Cyrille Simard (25)

Maire d’Edmundston 

Le maire d’Edmundston est l’un des élus municipaux les plus influents et les plus visibles sur la scène provinciale. Il a fait parler de sa ville à l’échelle nationale cette année en invitant les Québécois mécontents du projet de loi 21 à venir s’installer dans la région.

21. Colette Francoeur (21)

Directrice de Radio-Canada Acadie

La grande patronne du diffuseur public dans les provinces de l’Atlantique, en poste depuis 2017, est une intervenante incontournable dans le paysage médiatique de la région. Ses décisions ont une influence sur ce que l’on entend à la radio, ce que l’on voit à la télévision et sur ce qui se passe sur les plateformes numériques de Radio-Canada Acadie.

Jolène Richard, en compagnie de son mari Dominic LeBlanc et de Justin Trudeau. – Archives

22. Jolène Richard (22)

Juge en chef de la Cour provinciale du N.-B. 

Jolène Richard est devenue, en juin 2017, la première femme à occuper le poste de juge en chef de la Cour provinciale du Nouveau-Brunswick. Avant de recevoir cette promotion importante, elle a siégé à la Cour provinciale pendant 9 ans après avoir exercé le droit pendant 15 ans.

23. Michelyne Paulin (*)

Présidente du CA de Vitalité

Gestionnaire chevronnée, Michelyne Paulin est comptable agréée et consultante auprès d’entreprises et d’organismes de développement économique. Ses fonctions de présidente du Conseil d’administration du Réseau de santé Vitalité font d’elle une des interlocutrices incontournables dans le milieu de la santé.

24. Louise Imbeault (26)

Présidente de la SNA

Cette ancienne directrice de Radio-Canada Acadie, qui est actuellement propriétaire et éditrice de Bouton d’or Acadie, a été réélue pour un second mandat à la tête de la Société Nationale de l’Acadie. Elle assure également la très symbolique fonction de chancelière de l’Université de Moncton.

25. Pierre Zundel (*)

PDG du CCNB

Ancien recteur et vice-chancelier par intérim de l’Université Laurentienne en Ontario, Pierre Zundel a fait ses premiers pas comme PDG du CCNB en septembre dernier. Le manque de main-d’oeuvre qualifiée qui sévit à travers la province sera bien entendu en tête de ses priorités.

26. Denis Landry (*)

Chef de l’opposition officielle 

Ancien bûcheron et syndicaliste, Denis Landry a été élu député pour une sixième fois en 2018.

Le doyen de l’Assemblée législative est aujourd’hui l’une des voix fortes du caucus libéral qui l’a choisi cette année pour devenir chef de l’opposition officielle.

27. Edith Doucet (*)

Présidente du conseil des gouverneurs de l’Université de Moncton

Edith Doucet assure depuis 2016 la présidence du Conseil des gouverneurs de l’Université de Moncton. Au cours de sa carrière, cette éducatrice de formation  a occupé les postes de greffière du conseil exécutif et chef de la fonction publique, sous-ministre du Développement social, sous-ministre des Communautés saines et inclusives et sous-ministre du ministère des Affaires intergouvernementales.

28.  Nelly Dennene (*)

Directrice générale du Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick 

Nelly Dennene est à la tête du Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick. La jeune militante féministe intervient régulièrement dans le débat public en faveur de l’égalité homme-femme, d’un meilleur accès à l’avortement dans la province ou d’une plus grande participation des femmes aux postes décisionnels.

29. Michel Doucet (30)

Défenseur des droits linguistiques

L’avocat Michel Doucet est depuis longtemps LA référence en matière de droits linguistiques au Nouveau-Brunswick. Il est maintenant à la retraite, après une carrière de plusieurs années comme professeur à l’Université de Moncton, mais demeure actif et écouté. Son expertise et son combat de longue date ont été récompensés cette année de l’Ordre du Nouveau-Brunswick.

30. Isabelle Thériault (29)

Députée de Caraquet

Cette artiste et entrepreneure de Caraquet a réussi sa reconversion dans la politique provinciale. Elle est présentement critique de l’opposition officielle pour les dossiers liés à l’agriculture, à l’aquaculture et aux pêches. Jeune, bilingue et progressiste, elle incarne la nouvelle génération au sein du parti libéral.