L’industrie de la motoneige «prie pour de la neige»

Les motoneigistes ne sont pas seuls à s’impatienter. Les commerces de la région Chaleur se croisent aussi les doigts pour de bonnes chutes de neige.

Cette année, Dame nature tarde à faire cadeau aux amateurs de sports hivernaux et à ceux qui en dépendent.

Bien que certaines pistes de motoneige sont ouvertes dans la région Chaleur, la plupart, en raison d’un manque de neige, sont encore trop glacées pour y circuler.

Sonia Haché, employée au restaurant de l’hôtel Danny’s Inn à Beresford, note que ce retard engendre des jours plus lents qu’à l’habitude.

«On prie pour de la neige pour qu’on puisse remplir tout ceci», a-t-elle exprimé en hochant la tête vers les tables vacantes.

Le Danny’s Inn accueille les motoneigistes qui débarquent du sentier avoisinant depuis de nombreuses années.

En plus d’un garage pour entreposer leur équipement, ceux-ci profitent de plusieurs rabais lorsqu’ils séjournent à l’hôtel.

C’est pour ces raisons, indique Mme Haché, que 30 des 37 chambres disponibles sont habituellement occupées par des amateurs de motoneige en cette période de l’année.

«Toute l’économie de la région repose sur l’hiver», a-t-elle ajouté.

Mme Haché fait remarquer que plusieurs commerces de la région sont à la merci de la température. Les dépanneurs, soulève-t-elle, comptent également sur les motoneigistes en hiver.

À moins d’un kilomètre du Danny’s Inn, les clients qui examinent les soldes d’après Noël ont presque rempli le stationnement du concessionnaire de motoneiges West End Sports.

Stéphane Boudreau, un employé, explique que les motoneigistes aiment quand même se préparer pour la saison, malgré l’absence de neige.

«D’habitude, les gens font ça au printemps, mais il y en a toujours qui sont à la dernière minute», a-t-il précisé.

Il faut noter que West End Sports vend des motoneiges et de l’équipement, mais effectue aussi des réparations.

Outre l’afflux du temps des Fêtes, M. Boudreau admet que le commerce connaît un début de saison difficile.

L’an dernier, indique-t-il, la période de pointe avait débutée dès novembre.

«Nous, nos ventes dépendent de la neige», a-t-il maintenu.

À Bathurst, le détaillant Kerr’s Chain Saw vend aussi une panoplie d’accessoires pour les motoneigistes.

Isidore Henry, un employé de longue date, lance en riant qu’il est ambivalent en ce qui concerne l’arrivée de la neige.

«Je ne veux pas pelleter», s’est-il exclamé.

D’un ton plus sérieux, ce dernier affirme que la météo a des conséquences réelles sur les ventes.

Comparativement à l’hiver dernier, M. Henry mentionne que le rythme est moins constant chez Kerr’s Chain Saw.

Heureusement pour le commerce, les étagères sont garnies de produits suffisamment diversifiés pour surmonter ces temps difficiles.

Par exemple, le concessionnaire vend aussi des véhicules tout-terrain, des scies à chaîne et des tondeuses à gazon.

L’Acadie Nouvelle a aussi discuté avec Jason Legacy, le propriétaire du Club de Motoneige Chaleur à Sormany, près de Robertville.

Comme les autres, M. Legacy signale que les affaires sont vraiment lentes jusqu’à présent.

«Nos membres ont hâte que ça tombe», a-t-il partagé au sujet de la neige.

Le resto-bar du Club de Motoneige Chaleur est tout de même ouvert et le propriétaire estime qu’il accueille une vingtaine de clients par jours.

Il dit ne pas s’inquiéter pour la viabilité du Club.

Ghislain Duguay est le fondateur de Backcountry Sledder Apparel, une compagnie de vêtement et accessoires pour motoneigistes.Depuis septembre 2018, l’entrepreneur crée et vend ses produits dans divers points de vente de la région.

«L’hiver est un peu tardif comparativement au dernier, mais je demeure très optimiste que nous aurons autant de neige que l’année dernière» , a-t-il noté.

«Le manque de neige n’affecte pas du tout les fanatiques de motoneige, car nous savons que Dame nature va livrer la marchandise sous peu.»

Alisson Mcgrath est aussi une amatrice de motoneige. Elle explique que cette passion est née de son enfance lorsque son père l’emmenait faire des promenades à Robertville.

Aujourd’hui, Mme Mcgrath possède, avec son copain, sa propre motoneige et elle se dit impatiente de l’a mettre en marche cet hiver.

«C’est plate avoir des machines si coûteuses et ne pas être capable de les utiliser », a-t-elle souligné.

Cela dit, la jeune femme n’échangerait sa motoneige pour rien au monde.

Avec la température imprévisible, est-ce que ça vaut toujours la peine, lui a-t-on demandé?

«Totalement!», répliquait-elle.

Mme Mcgrath estime que la motoneige est le sport de choix dans la région Chaleur et elle est sûre que la neige tombera tôt ou tard.

«De toute façon, la saison est beaucoup plus profitable après les Fêtes puisque la température est idéale», a-t-elle indiqué.