Soins médicaux à l’extérieur du N.-B.: l’aide financière bonifiée

Les coûts pour se nourrir et se loger dans de grandes villes comme Montréal et Toronto sont déjà prohibitifs pour le commun des mortels. Cela est d’autant plus vrai pour ceux qui doivent se déplacer dans ces centres majeurs pour recevoir des soins médicaux non offerts au Nouveau-Brunswick.

Au début décembre, la province a augmenté, de 1500$ à 2500$, le montant maximum de l’allocation offerte aux patients nécessitant un logement pendant plus de 30 jours dans le cadre de leurs traitements.

En 2014, Valérie Doiron St-Coeur, de Tracadie, est passée sous le bistouri pour une greffe de poumons dans un hôpital à Montréal. La jeune trentenaire est atteinte de la fibrose kystique.

En plus d’être préoccupée par la santé de sa fille, Huguette Doiron, la mère à Valérie, s’est vue obligée d’entamer une lutte contre le gouvernement provincial pour avoir droit à l’allocation mensuelle de 1500$.

Les transplantations pulmonaires ne s’effectuent pas au Nouveau-Brunswick. Elles ont lieu seulement dans cinq hôpitaux du pays, soit à Montréal, Toronto, Winnipeg, Vancouver et Edmonton. Les patients doivent absolument être accompagnés.

L’allocation était offerte aux patients qui choisissaient de se faire opérer à Toronto, car pour bénéficier d’une transplantation en Ontario, il fallait accepter de suivre un programme de réadaptation avant la greffe. Aux yeux du gouvernement, cela constituait une preuve que le patient s’y trouvait pour recevoir des traitements médicaux. Les patients francophones à Montréal n’avaient pas accès à cette aide financière, car la thérapie pulmonaire avait lieu à l’extérieur des murs des hôpitaux.

Huguette Doiron estimait que cette politique était injuste pour les francophones qui désiraient se faire soigner à Montréal, dans leur langue. Elle est heureuse que ces barrières aient aussi été éliminées au cours des dernières années par la province.

«Je suis vraiment contente que les gens aient maintenant le choix. Les francophones qui veulent recevoir une greffe à Montréal ont maintenant les mêmes possibilités que ceux qui préfèrent Toronto. Nous avons fait le choix d’aller à Montréal parce que c’est francophone et moins loin pour nous. À l’époque, nous avons cependant été pénalisés, car nous n’avions pas eu droit à de l’argent pour un logement avant la greffe à Valérie. C’est seulement après que nous avions réussi à avoir un remboursement», dit Mme Doiron.

Tous les patients

Ce ne sont pas seulement les gens en attente d’une greffe pulmonaire qui sont admissibles à la nouvelle allocation de 2500$. Tous les patients nécessitant des soins à l’extérieur de la province peuvent en bénéficier.

Selon Barbara Walls de l’Association pulmonaire du Nouveau-Brunswick, de 6 à 9 patients quittent la province chaque année pour une greffe de poumons.

Mme Walls tentait de convaincre le gouvernement provincial d’augmenter le montant de l’allocation depuis plusieurs années. Elle a eu un coup de chance au printemps 2019 après que la Nouvelle-Écosse et l’Île-du-Prince-Édouard ont révisé à la hausse le montant de leurs allocations. Elle a saisi l’occasion pour faire de nouvelles demandes à la province.

«J’étais très contente quand j’ai reçu l’appel.»

De son côté, Huguette Doiron espère que la province continuera d’améliorer son programme de remboursement. Par exemple, sa fille Valérie doit retourner à Montréal de 2 à 4 fois par année pour des suivis de quelques jours.

Elle a droit à un remboursement de 110$ par jour, à condition de demeurer à Montréal pendant au moins 3 jours et 3 nuits. Parfois le séjour est moins long. Elle n’a pas droit à un remboursement dans ce cas.

«Souvent, elle y va seulement pour juste 2 nuits pour ne pas être absente du travail pendant trop longtemps. Dans ces cas là, il arrive des fois qu’elle doit débourser de sa propre poche.»

Un groupe de soutien existe sur Facebook pour les patients et leurs familles (Lung Transplant Support Group NB). Même si le nom est en anglais, il regroupe aussi des francophones.