Comment pouvons-nous aider l’Australie?

Alors que les flammes font ravage en Australie, plusieurs Canadiens, à l’autre bout du monde, se sentent désemparés devant leurs écrans. Robert Huish, professeur assistant à l’Université de Dalhousie, explique que nous pouvons faire notre part en agissant pour éviter de telles catastrophes.

«Comment aider l’Australie?»

Cette petite question, bien plus complexe qu’elle en a l’air, est actuellement la première référence à apparaître sur le moteur de recherche Google en tapant «Comment aider».

En Europe, comme aux États-Unis, et partout au Canada, les médias se penchent aussi sur ce problème.

Comment peut-on venir en aide aux citoyens d’un pays si éloigné?

M. Huish a recommandé, mercredi, lors d’une entrevue avec l’Acadie Nouvelle, d’envoyer des dons en argent directement aux services d’incendies sur place (en Nouvelle-Galles-du-Sud, dans le sud de l’Australie, dans le comté de Victoria) et non aux célébrités qui agissent comme des  intermédiaires.

Il déconseille aussi aux gens de donner des vêtements ou de la nourriture.

«Il y a beaucoup d’enthousiasme pour des actes de charité et c’est très encourageant, mais ce qui pourrait être moins utile, ce sont les dons de biens physiques.»

Le professeur explique que ces colis risquent de ne jamais se rendre à destination ou de ne pas être distribués à cause du manque d’accès à certaines régions.

«On voit souvent cela dans l’aide au développement. Les gens vont surcharger une communauté avec des gestes qui sont pourtant très bienveillants.»

Robert Huish valorise plutôt les échanges de temps et de compétences, c’est-à-dire qu’il incite tous ceux et celles qui pourraient aider au processus de réhabilitation à manifester leurs intérêts aux organismes locaux.

«L’Australie est habituellement préparée pour des feux de forêt…», a-t-il ajouté. «Mais pas de cette envergure. La gravité de la crise en ce moment est tellement accablante en Australie qu’il n’y a pas assez de ressources ou de personnes pour y faire face.»

Le professeur parle par expérience. Il a vu les broussailles incendiées de ses propres yeux le mois dernier lorsqu’il a visité Sydney, la ville la plus peuplée du pays.

«J’étais sur place avant que la vraie force des feux se fasse ressentir», a-t-il précisé.

Pourtant, ce dernier se souvient bien de la couleur étrange qui éclairait le ciel à travers sa fenêtre d’avion, des énormes feux de broussailles qui se dessinaient à l’horizon et de la piètre qualité de l’air une fois au sol, surtout dans les régions rurales.

«Le vent était extrêmement puissant. Il attisait les flammes», a-t-il raconté.

À son retour au Canada, il a supplié les gens de prendre les changements climatiques au sérieux.

«Des feux comme ceux-ci vont se reproduire, que ce soit en Californie, au Canada ou ailleurs. Quand ils le feront, qu’allons-nous faire?»

Le professeur argumente que les dons, quoiqu’ils aident sur le coup, ne sont pas une option durable à long terme.

«Les gens, autant ici qu’en Australie, doivent avoir des conversations avec leurs élus politiques afin de s’assurer qu’ils prennent cette crise au sérieux.»

Sur le sol australien, le mal est déjà fait. «Une gigantesque partie du pays est détruit.»

Le professeur prévoit une catastrophe économique et une perte de la faune extrêmement importante dans ces régions.

Le ministre canadien des Affaires étrangères François-Philippe Champagne a annoncé que d’autres membres du personnel canadien de gestion des incendies se rendront en Australie pour aider les autorités de là-bas à combattre les feux de brousse dévastateurs qui ravagent le pays.

Après avoir rappelé que près de 100 Canadiens avaient déjà été déployés en Australie depuis le 3 décembre, M. Champagne a simplement ajouté «d’autres se rendront bientôt sur place».