Des citoyens du DSL de Saint-Quentin en croisade contre l’agrandissement de la Ville

Des citoyens du DSL de Saint-Quentin entendent faire barrière à un éventuel plébiscite sur l’annexion d’une partie de ce territoire par la ville de Saint-Quentin.

Une douzaine de résidents de ce DSL se sont regroupés, mardi, afin de faire obstacle au projet. Car, en dépit d’un premier sondage négatif envers sa démarche, le comité responsable d’étudier la faisabilité de l’agrandissement de Saint-Quentin prévoit demander au gouvernement de forcer la tenue d’un plébiscite sur le sujet.

Un vote préliminaire, tenu l’automne dernier, avait en effet jeté une douche froide sur ce projet qui consiste à élargir de quelques kilomètres à peine les limites de la ville de Saint-Quentin, soit suffisamment en fait pour incorporer les deux industries majeures du coin (le Groupe Savoie et la North American Forest Product).

En plus d’apporter des revenus fiscaux supplémentaires à la municipalité, cet agrandissement lui permettrait également de rêver à la création d’un parc industriel.

Mais voilà, l’agrandissement comprend également une soixantaine de résidences privées. Dans un vote serré (30 voix contre 24), les propriétaires présents se sont opposés au projet.

Malgré ce résultat, le comité responsable du dossier a décidé de poursuivre ses démarches. Croyant être en mesure de rallier quelques tenants du «Non» à sa cause d’ici le printemps – ainsi que quelques indécis et propriétaires absents au moment du vote -, le comité envisage de demander au ministère des Gouvernements locaux d’inclure la question à titre de plébiscite lors de la prochaine élection municipale au mois de mai.

«Après la tenue d’une seule rencontre publique sur le sujet, nous avons réussi à convaincre presque la moitié des citoyens concernés que notre option était une bonne idée. On croit donc qu’en ouvrant le dialogue encore plus, en tenant quelques rencontres supplémentaires, nos chances de convaincre le nombre suffisant sont bonnes et justifient la tenue d’un plébiscite au printemps», a confié le mois dernier au journal la mairesse de la Ville de Saint-Quentin, Nicole Somers.

Le lobbying se fera visiblement dans les deux sens. Des résidents du DSL de Saint-Quentin veulent en effet faire dérailler la démarche entreprise par le comité auprès du gouvernement.

«On va recueillir les signatures des propriétaires qui sont contre le regroupement et demander à notre tour au ministre qu’il ne force pas la tenue d’un plébiscite. La population a déjà parlé. Les résidents ont voté contre (la proposition), ils ne veulent pas être incorporés dans la Ville. Ce serait donc un gaspillage de l’argent des contribuables que de poser une fois de plus la question», estime David Labrie, citoyens du DSL de Saint-Quentin qui réside à l’intérieur des limites visées par la démarche.

Celui-ci ajoute que le comité avait pourtant été clair, advenant une victoire du «Non», il n’y aurait pas de plébiscite officiel.

«Ils ne respectent pas ce qu’ils ont promis, ils poursuivent les démarches. On va donc aller à notre tour rencontrer nos gens afin de leur faire part de notre position et, par le fait même, démontrer au ministre que la tenue d’un plébiscite est inutile», poursuit M. Labrie.

Pour ce qui est du projet comme tel, celui-ci estime qu’il aurait dès le départ dû comprendre tout le DSL de Saint-Quentin et non seulement une infime portion.

«Si la Ville est vraiment sérieuse dans son projet de regroupement, qu’elle soumette une proposition qui touche tout le DSL. Ça ne veut pas dire que ça passerait, mais ce serait déjà mieux que d’inclure et exclure des gens», dit-il Contacté à ce sujet, le ministère de l’Environnement et des gouvernements locaux a confirmé ne pas encore avoir reçu une requête formelle pour la tenue d’un plébiscite au DSL de Saint-Quentin. Cette requête devra être acheminée au ministère au plus tard le 25 février afin que ce dernier puisse aviser Élections NB.