Les accouchements reprendront lundi à Campbellton

Les femmes enceintes du Restigouche pourront de nouveau accoucher dans leur région à compter de la semaine prochaine.

Le Réseau de santé Vitalité a confirmé jeudi que les services d’obstétrique (accouchements) et de pédiatrie offerts à l’Hôpital Régional de Campbellton seront disponibles à nouveau dès le 13 janvier.

Les accouchements et les services de pédiatrie étaient interrompus depuis le début de la semaine en raison d’un manque de pédiatre dans l’établissement. Il s’agissait de la seconde interruption en autant de mois. Le service avait en effet été fermé temporairement en novembre dernier dans la foulée des problèmes chroniques de manque de personnel et de lits à l’hôpital, ce qui avait forcé la direction du réseau à déclarer l’état d’urgence à cet établissement.

Rétablis pendant la période des Fêtes, les accouchements ont de nouveau cessé le 6 janvier.

Si le service d’obstétrique rouvre à nouveau, la question qui brûle les lèvres de plusieurs – et notamment des femmes enceintes de la région – est de savoir si le problème n’a été réglé qu’à court terme ou si, au contraire, l’on peut s’attendre à plus de stabilité.

«Nous ne sommes jamais à l’abri de problèmes de personnel, mais pour le moment, nos équipes sont complètes pour les prochains mois. Nous devrions pouvoir fonctionner avec tout notre personnel», explique la Dre Anick Pelletier, directrice médicale de ce service au sein du Réseau de santé Vitalité.

Soulagement

Valérie Hickey est enceinte. Ce sera alors un deuxième enfant pour la jeune femme de Campbellton. À 37,5 semaines de grossesse, il ne lui reste vraiment plus beaucoup de temps à attendre avant que le petit dernier se pointe le bout du nez. En fait, le grand jour est prévu pour le 24 janvier. Il va de soit qu’elle est extrêmement soulagée d’apprendre que le département d’obstétrique de Campbellton rouvrira ses portes dès lundi.

L’idée de devoir accoucher loin de chez elle ne l’enchantait guère, qui plus est avec une petite fille âgée de 3 ans à la maison (en plus des deux autres enfants de son conjoint). En fait, la fermeture du service a été une grande source de stress et d’anxiété pour elle au cours des dernières semaines.

«La première fois qu’ils ont fermé le service cet automne, j’ai trouvé ça stressant, mais je me disais que ce n’était que temporaire, qu’ils avaient amplement le temps de régler tout ça avant que j’accouche. Mais quand ils l’ont fermé à nouveau (la semaine dernière), c’est devenu plus inquiétant. C’est stressant de ne pas savoir à quoi s’en tenir, surtout quand ta date d’accouchement approche aussi rapidement», estime-t-elle.

Celle-ci précise qu’elle n’a absolument rien contre l’équipe de l’Hôpital régional Chaleur. Au contraire, les commentaires qu’elle a entendus sont même très positifs. N’empêche, elle souhaitait ardemment pouvoir accoucher chez elle, à Campbellton.

«Lors de mon premier accouchement, les choses ont très bien été à l’Hôpital régional de Campbellton. Le personnel était super, j’ai adoré mon expérience. Je suis certaine que c’est bien également à Bathurst, mais quand tu es enceinte, tu veux être chez vous, avec ta famille», souligne-t-elle.

Et puis il y a toute la question de la distance.

«C’est mon deuxième enfant, donc les choses peuvent aller beaucoup plus rapidement que pour le premier. Faire une heure de route – en auto ou en ambulance –, en plein hiver, dans on ne sait quelles conditions, ce n’est pas rassurant du tout», ajoute la jeune maman.

Filet de sécurité envisagé

Quoi faire pour garantir l’ouverture du service d’obstétrique à Campbellton? En fait, un projet est déjà à l’étude.

En terme d’accouchement, l’Hôpital régional de Campbellton est classé 2B, ce qui signifie que l’équipe sur place est apte à conduire des accouchements plus à risque.

Cette classification nécessite toutefois la présence de certains spécialistes, dont un pédiatre, une spécialité en grande pénurie dans le réseau actuellement. C’est ce dernier qui a fait défaut au cours des dernières semaines en raison d’absences non planifiées.

Afin d’éviter de voir à nouveau le service en entier fermer en raison de l’absence de l’un de ces professionnels, le Réseau de santé Vitalité jongle désormais avec l’idée de mettre en place un protocole destiné à abaisser – au besoin – la classification de 2B à 1 (faible risque de complication).

«Malheureusement, nous n’avions pas la possibilité de nous ajuster à ce niveau inférieur (1) aussi brusquement et de façon organisée avec les membres restants au cours des derniers mois. Nous n’avions pas encore eu la chance de mettre ces mécanismes en place pour effectuer la transition en cas d’urgence, d’imprévus. Mais c’est la vision que nous explorons avec l’équipe en place», explique la Dre Pelletier, assurant que la mise en place de ce filet de sécurité est une priorité pour le réseau.

Actuellement, tous les hôpitaux du Réseau de santé Vitalité où s’effectuent des accouchements possèdent minimalement la classification 2B. Ce qui est envisagé pour l’Hôpital de Campbellton, cette possibilité de passer d’une classification à l’autre au besoin, serait donc une première pour le réseau.

Ailleurs au Nouveau-Brunswick, l’hôpital de Waterville, géré par le Réseau de santé Horizon, possède cette classification de niveau 1.