Une arbitre ordonne la fin des primes pour les infirmières du CHR

Une arbitre en relation de travail ordonne au Réseau de santé Vitalité de cesser d’offrir des primes salariales aux infirmières du plus grand hôpital psychiatrique de la province.

Elizabeth MacPherson a donné raison au Syndicat des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick qui avait porté plainte contre Vitalité devant la Commission du travail et de l’emploi en septembre.

Aux prises avec une importante pénurie de personnel au Centre hospitalier Restigouche (CHR) de Campbellton, le réseau francophone avait annoncé le 13 septembre son intention d’octroyer une prime salariale de 5% aux infirmières de l’hôpital.

Selon Vitalité, cette initiative devait permettre de «reconnaître la spécialité des soins infirmiers dans un centre de soins tertiaires en santé mentale et en psychiatrie légale» en plus de «de favoriser le recrutement et le maintien en poste du personnel».

La prime était destinée autant aux infirmières actuelles du CHR qu’aux futures recrues.

Le Syndicat des infirmières accusait le réseau d’avoir enfreint la convention collective des infirmières en créant la prime de façon unilatérale alors que les parties étaient en train de négocier une nouvelle convention collective.

L’arbitre MacPherson s’est rangée derrière les arguments du syndicat dans une décision rendue le 12 décembre. Les motifs de sa décision n’ont pas encore été publiés.

Selon Mme MacPherson, Vitalité n’avait pas le droit d’apporter «unilatéralement des modifications aux conditions d’emploi de certains employés de l’unité de négociation» sans passer d’abord par le syndicat.

Elizabeth MacPherson a ordonné au réseau de mettre fin à ces primes. Elle a aussi demandé aux deux parties de reprendre les négociations collectives «sans délai».

La présidente du Syndicat des infirmières, Paula Doucet, s’est dite très satisfaite de la décision de l’arbitre. Mme Doucet est également impatiente de reprendre les négociations avec Vitalité plus tard ce mois-ci.

Même si elle admet que le Centre hospitalier Restigouche souffre d’un grand manque de personnel infirmier, il serait incorrect à son avis de dire que la situation à Campbellton est pire qu’ailleurs au Nouveau-Brunswick.

Personne n’était disponible chez Vitalité en fin de journée, jeudi, pour commenter la décision de l’arbitre.

Le CHR est un hôpital de 140 lits qui offre des services spécialisés en santé mentale comme la réadaptation psychiatrique allant de moyen à long terme.

Le centre accueille aussi les accusés qui doivent subir une évaluation psychiatrique pour déterminer s’ils sont aptes à subir leur procès ou s’ils peuvent être tenus criminellement responsables de leurs actes.

L’hôpital traite également les personnes qui ont été reconnues non-responsables sur le plan criminel en raison de troubles mentaux ou qui sont inaptes à subir un procès.

Le bureau de l’ombud du Nouveau-Brunswick a présenté en février un rapport accablant sur le CHR faisant été de mauvais traitement des patients causés en partie par la pénurie de personnel.

La prime aux infirmières était l’une des solutions mises de l’avant par Vitalité afin d’améliorer la situation.