Comment construire des bâtiments adaptés aux changements climatiques?

Prédire l’avenir est loin d’être une tâche facile, mais on pourrait dire que c’est ce que le Conseil national de recherches du Canada tente de faire depuis 2016 avec un important projet de recherche, dont l’objectif est de mieux comprendre l’impact des changements climatiques sur les bâtiments et l’infrastructure du pays.

Avec un budget d’environ 40 millions $, le projet a demandé les efforts de plus d’une centaine de collaborateurs.

Plus concrètement, le CNRC élabore des nouvelles normes et directives qui pourraient être ajoutées au code national du bâtiment au cours des prochaines années, qui est ultimement adopté par un comité du fédéral.

Par la suite, les provinces doivent adapter leur propre code en se basant sur les normes nationales.

«Quelques changements sont prévus en 2020, comme la mise au point des données historiques, mais nos efforts se concentrent surtout à trouver l’information pour les comités qui vont mettre à jour les codes de bâtiment en 2025. Le projet a débuté en 2016 et il va terminer l’an prochain, alors on veut être en position pour avoir tous les renseignements nécessaires pour le comité», dit Marianne Armstrong, du CNRC.

Les conséquences potentielles des changements climatiques au Nouveau-Brunswick commencent à être connues. Par exemple, dans la Péninsule acadienne, on estime que le niveau général de la mer augmentera de 70 cm d’ici 2100. On s’attend aussi à ce que les changements climatiques augmentent le nombre d’inondations et accélèrent l’érosion.

D’autre part, plusieurs communautés longeant le fleuve Saint-Jean ont été frappées par des inondations majeures au cours des derniers printemps.

«On sait que le climat du Canada se réchauffe deux fois plus rapidement que la moyenne globale. On sait aussi que le futur ne sera pas le même que le passé. Pour nous, il est nécessaire de travailler pour bien comprendre comment le Canada sera différent à l’avenir et comment les changements vont affecter nos bâtiments et nos infrastructures, comme les ponts, les routes, les systèmes de traitement d’eau et les chemins de fer.»

Selon Mme Armstrong, dans une province comme le Nouveau-Brunswick, l’accent pourrait être mis sur les inondations côtières et la conception de bâtiments mieux adaptés pour la côte.

À quoi vont ressembler les nouvelles constructions mieux adaptées pour les changements climatiques? Les chercheurs tentent notamment de trouver des solutions pour bien adapter les édifices aux vagues de chaleur en été, les inondations et les feux de forêt.

«On essaie de mieux comprendre comment les matériaux et les systèmes seront affectés. Par exemple, si la température augmente, ça pourrait augmenter le taux de corrosion. Il sera donc important de s’assurer que les matériaux utilisés seront durables à long terme. On veut s’assurer que nos bâtiments soient prêts pour des événements extrêmes comme les inondations.»

Les scientifiques travaillent aussi sur une base de données du futur pour indiquer comment le Canada pourrait changer dans 50 ou 100 ans.

«On essaie de créer un document pour donner de l’information aux ingénieurs et ainsi de suite pour bien utiliser les données.»