Hydro-Québec participera à la réfection de la centrale de Mactaquac

Hydro-Québec viendra en aide à Énergie NB durant la réfection de la centrale hydroélectrique de Mactaquac.

La société d’État québécoise fournira de l’énergie de remplacement à sa collègue néo-brunswickoise durant les travaux d’entretien majeurs à la centrale.

Hydro-Québec partagera aussi son expertise technique avec Énergie NB durant le projet de réfection.

Le barrage de Mactaquac est aux prises avec de graves problèmes en raison de la réaction chimique qui provoque le gonflement et la fissuration de son béton.

Hydro-Québec, qui a connu le même problème avec certains de ses barrages, a acquis une expertise qui sera très utile pour le Nouveau-Brunswick, selon Énergie NB.

«Par exemple, à la centrale hydroélectrique de Beauharnois, à Montréal, nous avons vécu un défi avec notre béton similaire à celui observé à Mactaquac. Les travaux réalisés ont permis de réduire l’impact du problème et d’assurer la pérennité de cette centrale presque centenaire», a déclaré le PDG d’Hydro-Québec, Éric Martel.

M. Martel et son homologue du Nouveau-Brunswick, Gaëtan Thomas, ont participé à une conférence de presse, vendredi, au pied du barrage de Mactaquac, dans la région de Fredericton.

La participation d’Hydro-Québec devrait permettre aux clients d’Énergie NB d’épargner plusieurs millions de dollars, selon M. Thomas.

«On parle de dizaine de millions de dollars par année d’économie en énergie que nous n’aurons pas à produire», a-t-il dit.

Au cours des 20 prochaines années, Hydro-Québec exportera 47 TWh d’électricité vers le Nouveau-Brunswick.

Le coût exact de cette électricité sera déterminé par les prix du marché, mais Énergie NB s’attend à payer environ 100 millions $ par année, soit un bien meilleur prix que celui de l’électricité produite au Nouveau-Brunswick, assure Gaëtan Thomas.

Les travaux à la centrale de Mactaquac devraient débuter en 2025 ou en 2026 et durer entre 12 ans et 15 ans. L’objectif est de prolonger la vie utile de la centrale hydroélectrique au moins jusqu’en 2068.

L’aide d’Hydro-Québec dans la réfection de la centrale de Mactaquac évitera aussi à Énergie NB d’avoir à démolir le barrage pour recommencer à neuf.

«Avec cette méthodologie qu’a adoptée Hydro-Québec, nous allons sauver des centaines de millions de dollars», a indiqué M. Thomas.

Les travaux à la centrale devraient tout de même coûter entre 2,9 milliards $ et 3,5 milliards $. Énergie NB s’attend à débourser environ 100 millions $ pour l’expertise québécois.

Durant les travaux, une seule turbine sera mise hors service à la fois sur les six que compte la centrale afin de minimiser les pertes en matière de production d’énergie.

Les deux sociétés ont également l’intention de poursuivre leurs discussions sur la construction d’interconnexions additionnelles entre le Québec et le Nouveau-Brunswick afin d’accroître les exportations québécoises d’électricité vers les Provinces atlantiques et les États-Unis.

Hydro-Québec possède un surplus d’énergie propre qui devrait s’avérer de plus en plus intéressant pour ses voisins alors que la lutte contre la crise climatique s’intensifie.

«Nous avons la responsabilité de nous éloigner des combustibles fossiles et de nous occuper de notre bilan carbone et c’est ce que font le Québec et le Nouveau-Brunswick avec ces ententes», a souligné Gaëtan Thomas.

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, avait dit l’an dernier que le Québec devrait faire preuve de beaucoup plus d’ouverture envers le passage du projet d’oléoduc Énergie Est sur son territoire s’il souhaite utiliser les lignes de transmission du Nouveau-Brunswick pour vendredi son électricité.

M. Higgs avait un ton plus conciliant, vendredi.

«C’est une bonne entente pour le Nouveau-Brunswick pour l’approvisionnement de remplacement et de l’approvisionnement supplémentaire qui ne provient pas des combustibles fossiles», a-t-il dit.

«Est-ce que j’espérais en tirer davantage parti en ce qui concerne le tracé de l’oléoduc? Oui, je me demandais ce qu’on pouvait faire de plus. Peut-être que (ces ententes) ne sont qu’un début.»

TC Energy (autrefois TransCanada), l’entreprise derrière Énergie Est, a annulé son projet d’oléoduc en octobre 2017.