Centre pour jeunes en santé mentale: Campbellton dénonce la décision

Le conseil municipal de Campbellton demande formellement au premier ministre de la province et à son ministre de la Santé de réviser leur position dans le dossier du Centre d’excellence pour jeunes en santé mentale.

Plutôt discret jusqu’à présent sur la question, voire même ambigu par moment, le conseil municipal est maintenant catégorique: le Centre pour jeunes doit demeurer là où il se trouve actuellement, à Campbellton.

Dans une lettre entérinée à l’unanimité par les conseillers et signée de la main de la mairesse de l’endroit, Stéphanie Anglehart-Paulin, la Ville s’oppose fermement à la décision du ministre de la Santé, Hugh Flemming, de déménager cette infrastructure dans le sud de la province.

On n’hésite pas à parler de ce geste comme d’une «insulte majeure envers la région (du Restigouche)» et d’une «attaque vis-à-vis son expertise médicale».

En somme, la Ville reprend les arguments exprimés plus tôt tant par la Commission de services régionaux du Restigouche et de son Forum des maires, de même que par le Réseau de santé Vitalité comme quoi ce service est parfaitement légitime là où il est. On recommande donc au gouvernement de le maintenir en place.

En surplus, on lui suggère également de maintenir son projet d’agrandir l’actuel Service de traitements des dépendances puisque les besoins ont été identifiés en ce sens.

Jusqu’à tout récemment, la position de Campbellton dans ce dossier portait à confusion, notamment en raison de la sortie publique de sa mairesse qui se disait heureuse de voir que le Service de traitement des dépendances – déjà présent à Campbellton – allait occuper le nouvel édifice en construction et augmenter légèrement son nombre de lits.

«Mais aujourd’hui il n’y a aucune ambiguïté. On refuse de laisser partir une spécialité comme celle pour les jeunes en échange quelques lits supplémentaires ailleurs. Améliorer le Services de traitements des dépendances est une bonne idée, mais ça ne doit pas se faire au détriment d’un autre service. C’est un marchandage honteux et tout à fait inacceptable», estime le conseiller Frédéric Daigle.

Ce dernier a soumis le point au vote en décembre. Dans une décision unanime, les conseillers ont choisi d’écrire directement au gouvernement. Des lettres de demande d’appui à la démarche du conseil ont également été envoyées aux deux principaux groupes de représentation municipale, l’Association francophone des municipalités du NB et l’Association des Cités du NB. Toutes ces lettres ont été envoyées en début de semaine dernière.

«C’était important pour nous, les membres du conseil, que notre population ait l’heure juste, qu’elle sache que nous ne sommes pas en faveur de cette décision de Fredericton. Nous ne l’avons jamais été», indique-t-il.

Dans sa missive au gouvernement, le conseil de Campbellton demande également une copie de tous les rapports et études en faveur du déménagement du Centre d’excellence pour jeunes. Selon le conseiller Daigle, l’étude la plus récente serait celle du Dr Weber (expert embauché par la province) et elle ne ferait aucune recommandation favorable à un déménagement.

Il estime par ailleurs que Campbellton a été passablement bon joueur depuis l’entrée en poste du gouvernement de Blaine Higgs, mais cette fois, la patience a atteint ses limites

«On a mis en veille notre projet d’école (communautaire anglophone) et là on veut nous enlever un autre service qui fonctionne pourtant déjà bien, et ce, sans aucune raison valable. Assez c’est assez», lance le conseiller.