L’hydroélectricité du Québec en remplacement de la centrale de Belledune?

L’hydroélectricité du Québec et du Labrador pourrait un jour remplacer les centrales électriques néo-brunswickoises les plus polluantes, selon Blaine Higgs.

Les Provinces atlantiques espèrent obtenir de l’argent d’Ottawa pour les aider à construire de nouvelles lignes de transport d’électricité entre elles et le Québec.

Les premiers ministres des quatre provinces de l’Atlantique se sont entendus lundi pour donner six mois à leurs services publics respectifs pour préparer ensemble un plan en vue de présenter une demande de financement à Ottawa.

Ces interconnexions additionnelles pourraient permettre aux Provinces atlantiques de remplacer certaines de leurs centrales les plus polluantes par de l’énergie propre en provenance du Québec et du Labrador.

«Dans notre cas, c’est une option pour Belledune en 2030 et peut-être aussi Coleson Cove plus tard», a indiqué le premier ministre Blaine Higgs.

La centrale thermique au charbon de Belledune est l’une des infrastructures qui produisent le plus de gaz à effet de serre au Nouveau-Brunswick.

Le plan de lutte aux changements climatiques du gouvernement canadien prévoit la fermeture de toutes les centrales au charbon du pays d’ici 2030.

La centrale thermique au mazout de Coleson Cove, près de Saint-Jean, émet aussi beaucoup de carbone.

Les deux centrales thermiques ont une capacité de production combinée de 1439 mégawatts.

La lettre de mandat de la ministre fédérale de l’Infrastructure et des Collectivités, Catherine McKenna, prévoit la création d’un Fonds pour l’énergie propre qui doit notamment servir à financer des projets comme le transport d’un plus grand volume d’électricité entre les provinces.

De nouvelles interconnexions pourraient aussi permettre un jour au Nouveau-Brunswick de vendre aux autres provinces de l’électricité produite grâce aux marées ou à de petits réacteurs nucléaires modulaires, a avancé M. Higgs.

La tempête de dimanche a empêché Blaine Higgs de se rendre au Conseil des premiers ministres de l’Atlantique, lundi, à St. John’s, à Terre-Neuve. Il a toutefois participé à l’ensemble des discussions par vidéoconférence.

Le premier ministre du Québec, François Legault, était exceptionnellement de la partie à Terre-Neuve. M. Legault est à la recherche de nouveaux marchés pour ses surplus d’énergie.

«L’un des objectifs qui étaient visés, c’était de discuter de la possibilité d’étendre l’hydroélectricité en particulier au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse pour remplacer des énergies qui sont polluantes», a déclaré M. Legault en point de presse avec le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Dwight Ball.

«Nous pensons que c’est possible de le faire à bon coût. Il y a de la capacité de disponible à Terre-Neuve-et-Labrador et au Québec et il y a des projets aussi si nous avons besoin de plus de capacité.»

Énergie NB et Hydro-Québec ont d’ailleurs conclu la semaine dernière une entente d’exportation d’un total de 47 TWh d’électricité vers le Nouveau-Brunswick d’ici à 2040.

La société de la Couronne néo-brunswickoise aura notamment besoin de cette électricité de remplacement durant la réfection du barrage de Mactaquac, sa principale centrale hydroélectrique située dans la région de Fredericton.

Hydro-Québec partagera aussi son expertise technique avec Énergie NB durant les travaux qui pourraient durer jusqu’à 15 ans.

Les deux sociétés ont également l’intention de discuter de la construction d’interconnexions additionnelles entre le Québec et le Nouveau-Brunswick dans le but d’accroître les exportations d’électricité vers les Provinces atlantiques et les États-Unis.