Le pari de Maritime Iron: débuter la construction dès cet été

Une étude d’impact environnementale avant le printemps… Un début de construction dès l’été… Un début de production en 2023… Les ambitions sont élevées chez Maritime Iron, presque autant en fait que les attentes des élus et chercheurs d’emplois du Nord de la province. Tous sont impatients de voir ce possible moteur économique passer du rêve à la réalité.

Les membres du conseil municipal de Campbellton ont écouté avec grande attention, lundi soir, la présentation d’Elena Mantagaris. À l’invitation de la Ville, la vice-présidente des Affaires publiques et communication chez Maritime Iron est venue brosser un portrait général du projet proposé dans le secteur de Belledune, mais également faire le point sur les plus récents développements. Car il faut dire qu’avec la récente fermeture de la Fonderie Glencore, la population du nord de la province est plus que jamais avide de bonnes nouvelles en matière d’économie.

Et des développements, il y en a justement chez Maritime Iron.

L’entreprise a en effet confirmé au conseil municipal avoir remis le mois dernier au ministère de l’Environnement ses documents d’ingénierie, documents nécessaires pour enregistrer le projet et permettre le déclenchement du processus d’étude d’impact environnementale (EIE). Cette première étape permet notamment au gouvernement de cerner le projet, son emplacement, ses implications et ses impacts sur l’environnement.

Selon Mme Mantagaris, la compagnie s’attend à recevoir des nouvelles sous peu de la part de Fredericton, peut-être aussi tôt que d’ici la fin du mois.

«On n’a pas le contrôle sur les échéances de cette revue interne, mais on espère que ce sera rapide et positif afin de nous permettre de passer à l’étape suivante qui est le déclenchement de l’EIE. Si tout va comme prévu, on aimerait que celle-ci soit déclenchée dès février», souligne la porte-parole.

Car la compagnie entend aller aussi vite que lui permettra le gouvernement. En fait, elle aimerait pouvoir entamer les travaux de construction cette année, un chantier colossal qui devrait durer deux ans et demi.

«Si tout est positif, les travaux préparatoires (aménagements) pourraient commencer dès cet été. On est encore loin du début de la production, mais déjà beaucoup d’emplois seraient créés dans la région», estime-t-elle.

Intérêt soutenu

Cela fait maintenant un an et demi que le projet d’usine de Maritime Iron est dans les airs à Belledune. De quoi est-il question au juste?

On parle ici de produire des briques solides de fonte brute à partir de fines de minerai de fer (poudre). Il s’agirait d’une usine unique en son genre en Amérique du Nord, mais qui existe par contre ailleurs dans le monde, notamment en Corée du Sud.

«Ce que nous proposons n’est pas un concept, il n’y a pas de spéculation. La technologie existe, elle est réelle et éprouvée. On peut compter sur une vingtaine d’années de données détaillées, à savoir ce que ça prend, ce qu’on peut produire et qu’elles sont les émissions», précise Mme Mantagaris.

Sur papier, ce projet est prometteur, notamment en terme de création d’emplois. On parle en effet d’environ 1300 emplois directs durant les deux années prévues pour la construction de l’usine, et près de 1000 autres indirectes. Une fois terminée, durant la phase de production, environ 185 emplois directs devraient être créés et 230 autres indirects et induits.

«On a déjà commencé à recevoir beaucoup d’intérêt de la part de travailleurs locaux. Les gens sont curieux de savoir quand nous comptons débuter les travaux et quand nous comptons procéder à des embauches. Certaines de ces demandes proviennent d’ex-employés de la Fonderie Glencore, mais plusieurs autres également de gens du nord de la province qui ont dû s’expatrier à l’extérieur de la province pour trouver de l’emploi. Nous sommes donc très sollicités et c’est tant mieux», estime Mme Mantagaris.

Et l’électricité?

On l’a vu au cours des derniers jours, l’énergie a été au cœur des discussions des premiers ministres de l’Atlantique ainsi que de leur homologue du Québec.

Si l’abandon du charbon au profit d’une énergie plus «verte» a été évoqué, Maritime Iron entend bien convaincre les gouvernements (fédéral et provincial) d’accorder un statut spécial à la centrale de Belledune. C’est que l’entreprise a besoin de cette dernière. D’abord pour ses besoins énergétiques, mais aussi pour écouler son sous-produit de transformation, un gaz.

La centrale thermique de Belledune doit en théorie fermer ses portes en 2030. En utilisant le gaz produit par la transformation du fer, Maritime Iron affirme être en mesure de réduire de moitié la dépendance de la centrale au charbon. Du coup, 225 MW des quelque 465 MW de la capacité de production électrique annuelle de la centrale ne seraient plus directement liés à ce combustible.

«On espère convaincre les gouvernements de conserver la centrale dans la mesure où nous pourrions lui démontrer notre capacité à réduire de façon radicale son empreinte environnementale grâce à notre procédé. Avec notre aide ainsi, la centrale pourrait demeurer ouverte après la date butoir. On parle donc ici non pas de création d’emplois, mais d’un maintien de ceux actuellement associés à la centrale, ce qui est tout de même notable pour la région», note Mme Mantagaris.

Maritime Iron en bref

  • Projet évalué à 1,5 milliard $ situé Belledune, à proximité du port et de la centrale thermique
  • Pas de mine ni d’utilisation de four à coke
  • Utilisation du port de Belledune pour l’importation de minerai de fer (de Sept-Îles au Québec) et l’exportation de la fonte sur les marchés
  • Représenterait une augmentation d’environ 67 navires par années dans le secteur
  • Le projet créerait environ 3300 emplois directs, indirects et induits sur une période de 30 ans (durée de vie estimée du projet)
  • 1,5 milliard de $ en impôt prévu pour la province durant cette période de temps, sans compter les revenus de main-d’œuvre et en plus de ceux de la centrale thermique.
  • Permettrait le maintien des 120 emplois de la centrale thermique de Belledune