Mégaparc commercial: Tracadie dans une situation difficile

La Municipalité régionale de Tracadie n’a eu d’autre choix que d’accorder un nouveau délai de deux ans à la compagnie Irving Oil Marketing GP de Saint-Jean, détenteur d’un terrain dans le mégaparc commercial. Les élus se croisent toujours les doigts de voir l’entreprise y construire une station-service avec aires de restauration.

La compagnie propriété de la famille Irving a acquis un espace en 2015 sur les terrains de ce qui devait devenir un développement commercial majeur dans la municipalité.

Cinq ans plus tard, rien n’a été fait et la MRT s’est retrouvée avec les mains liées dans cette affaire.

Quand Irving a acquis le terrain selon la promesse que d’autres commerces allaient sous peu s’installer dans le méga parc, elle a payé la Ville avec une somme qui aurait dû normalement être placée dans un fonds de fiducie et qui aurait été retournée à l’entreprise si le projet n’avait pas fonctionné.

Mais la Ville de Tracadie-Sheila – c’était avant le regroupement – a apparemment utilisé ces sommes pour d’autres besoins.

Aujourd’hui, si la MRT avait voulu résilier l’entente avec Irving, elle aurait dû lui remettre plus de 200 000$, ce que la municipalité ne possède pas.

Plusieurs conseillers ont noté qu’il fallait apprendre de cette expérience lorsque viendra le temps de vendre de nouvelles parcelles de terrain dans le mégaparc commercial.

Selon le maire Denis Losier, l’intérêt d’Irving Oil Marketing GP de bâtir un complexe multiservice à Tracadie est toujours là. Mais elle demande que le trafic dans la sortie de Rivière-à-la-Truite de la voie de contournement de la route 11 atteigne 9000 véhicules par jour, soit le double que ce qu’il est actuellement.

La MRT se retrouve donc avec un dilemme: pas de trafic, pas de complexe; pas de complexe, pas de trafic.

«Avions-nous les mains liées? Peut-être. On peut se servir de cette histoire comme expérience. La perte de revenus en taxes n’est pas aussi importante que s’il y avait un bâtiment. Notre défi est maintenant de doubler la circulation, mais pour y arriver, ça prend des investissements», relate le maire, qui hésite encore avant de dire que ce projet de mégaparc commercial est devenu l’éléphant blanc de la MRT.

L’élu a pris le Centre K.-C.-Irving de Bathurst comme exemple. Depuis 20 ans, plusieurs commerces ont été construits autour de ce centre sportif érigé sur un terrain vague, devant une école.

Pompiers

Par ailleurs, la MRT reconduit le projet pilote d’utiliser six pompiers à temps plein jusqu’au 31 mars, le temps que le nouveau chef de la brigade, Léon Ross, se familiarise avec le service.

La décision n’a pas fait l’affaire de tous autour de la table. Les élus voulaient d’abord prolonger l’essai jusqu’au 1er juillet, avant de ramener leur position au 31 mars. Le conseiller Geoffrey Saulnier s’est opposé, prétextant que le projet, qui est en place depuis 18 mois et qui devait se terminer le 22 janvier, avait assez duré.

«Terminer le projet le 22 janvier plaçait le nouveau chef dans une situation précaire, a fait valoir le maire. Nous avons aussi une problématique que nous n’avons pas autant de pompiers volontaires qu’on voudrait. Cette marge de manoeuvre va nous donner une meilleure analyse et nous amener à de meilleures recommandations pour économiser de l’argent.»

Le département de la protection des incendies coûte plus de 1,1 million $ à la Municipalité régionale de Tracadie.