Brady Francis: le conducteur suspect aurait laissé des traces derrière lui

Lors de la deuxième journée du procès de Maurice Johnson, Aicky LeBlanc, gendarme au détachement de la GRC de Richibucto est revenu sur l’enquête entourant la mort de Brady Francis, happé par un véhicule le 24 février 2018. On a appris qu’il n’a pas fallu beaucoup de temps pour retrouver un camion avec une petite tache de sang.

Le 24 février 2018, Rosaire et Christa Daigle roulaient en direction est sur la route Saint-Charles-Sud à bord de leur VTT Polaris. Ils retournaient à la maison après un souper chez des amis.

Ils ont remarqué une voiture arrêtée sur le bord de la route. Une jeune femme, Krista Betts, était en train de faire des manoeuvres de réanimation cardio-pulmonaire sur une personne inconsciente: Brady Francis.

La voiture stationnée n’était pas celle qui a frappé Brady Francis. C’était plutôt celle de ses amis, Krista Betts, Jenna Betts et Brett Bernard qui ont découvert le jeune homme. Un conducteur l’avait happé et s’était enfui, laissant le jeune homme entre la vie et la mort.

Par terre, il y avait un portefeuille, un téléphone brisé et des croustilles Doritos. Rosaire Daigle a noté un article qui n’appartient pas à la victime.

Un logo de la marque GMC (General Motors of Canada) traîne à côté de la tête de Brady.

«La première affaire que j’ai vue, c’est le logo GMC. J’ai dit, c’est un GMC qui l’a frappé», a expliqué M. Daigle lors de son témoignage lundi.

Brady Francis, un jeune autochtone âgé de 22 ans, de la nation d’Elsipogtog, a été happé mortellement alors qu’il circulait sur le chemin Saint-Charles-Sud, près de Richibucto.

M. Johnson est accusé d’avoir omis de s’arrêter sur la scène d’un accident qui a causé des lésions corporelles mortelles.

Une grande partie de la deuxième journée du procès de Maurice Johnson a laissé place aux témoignages des policiers affectés à l’enquête.

C’est le cas du gendarme Aicky LeBlanc. Le lendemain du drame, il était en quête d’indices pointant vers le conducteur responsable.

Dans le but de trouver des témoins, M. LeBlanc a frappé à la porte de quatre résidences sur la route Saint-Charles-Sud, incluant celle de Maurice Johnson.

Devant la résidence de l’accusé – qui habite à quelques minutes du lieu où le délit de fuite est survenu -, le policier a aperçu un camion de marque GMC Sierra.

M. LeBlanc a inspecté le camion. Il a remarqué qu’il était endommagé sur le devant, juste en bas du capot. Des pièces étaient manquantes.

«J’ai vu une petite tache de sang sur le camion», lance-t-il.

Il a également remarqué que le logo GMC avait disparu.

La camionnette de Maurice Johnson a été saisie par la GRC à cet instant.

Le dépanneur Saint-Charles, situé à environ un demi-kilomètre de l’endroit du drame, a un système de vidéosurveillance. Le gendarme LeBlanc a demandé à obtenir une copie de l’enregistrement du 24 février 2018, entre 20h30 et 22h.

Caroline Thibodeau, constable au détachement de Richibucto est une des policières qui a participé à l’enquête. À la barre des témoins, elle a décrit certains éléments qui se retrouvent sur la vidéo.

La policière a noté qu’à 21h19, une personne marchait sur la route, chaussée d’espadrilles blanches.

«Vous pouvez voir une silhouette marcher près de la station-service. Vous pouvez voir les souliers blancs», précise-t-elle à la juge.

Brady Francis portait des espadrilles blanches de marque Nike au moment du drame.

À 21h40 sur la vidéo, la constable indique avoir vu la lumière d’un camion, qualifié comme un «véhicule d’intérêt» dans cette affaire.

L’avocat de la Couronne, Pierre Gionet, demande alors à la constable Thibodeau pourquoi le véhicule est si intéressant pour l’enquête.

«Parce que c’était à peu près dans les mêmes temps que nous avons reçu l’appel du 911».

En effet, les services d’urgence ont reçu l’appel de Jenna Betts à 21h35. Cette dernière avait indiqué qu’une personne avait été happée par une voiture et qu’elle était gravement blessée.

Témoins des derniers moments de Brady Francis en vie

Deux autres témoins ont vu Brady Francis marcher sur la route après 21h le soir de sa mort.

Les parents de Brady ont rapporté avoir reçu l’appel de leur fils à 21h24. Par la suite, la communication a été coupée alors que le père de Brady, Dana Francis, a entendu un bruit sourd rappelant celui d’une voiture.

«Ça semblait tellement proche. On aurait dit le bruit d’une voiture», avait dit M. Francis lors de son témoignage.

Toujours en ligne avec Brady, il n’arrivait plus à entendre son fils.

Plus de cinq témoins affirment jusqu’à maintenant avoir vu Brady Francis marcher sur la route le 24 février 2018.

Noël Doucet, Jacob Girouard et Sébastien Hébert ont témoigné lundi, à l’occasion de la première journée du procès de Maurice Johnson. Ils ont rapporté avoir croisé quelqu’un qui marchait sur la route Saint-Charles-Sud, peu après 21h, le 24 février 2018.

Mardi, deuxième jour de procès, deux autres témoins ont souligné avoir croisé quelqu’un vêtu de couleurs foncées.

Tout comme M. Girouard et M. Hébert, Jonathan Richard et Micheal LeBlanc avaient participé à une soirée au centre communautaire de Saint-Charles le 24 février.

Jonathan Richard a quitté le centre à 21h15. Sur le chemin Saint-Charles-Sud, il a aperçu une voiture de marque Civic de couleur blanche, stationnée en bordure de la route. Le véhicule était situé entre l’Église Saint-Charles et le Dépanneur Saint-Charles.

La voiture a démarré soudainement laissant à découvert un piéton. M. Richard a dû donner un bon coup de volant pour éviter de frapper cette personne. M. Richard a noté 21h20 sur sa radio.

Quelques minutes plus tard, Michael LeBlanc a aussi vu une personne sur la route Saint-Charles-Sud. Il a dû donner un coup de roues pour éviter le piéton, qui avait des vêtements sombres.

«Il avait les bras en l’air», a-t-il dit à la cour.

M. LeBlanc se rappelle bien du piéton avec les bras qui pointaient vers le ciel. Sa démarche était hasardeuse. Il zigzaguait de gauche à droite.

«Quand je suis arrivé à Richibucto, ma mère m’a appelé pour me dire qu’il y avait eu un accident sur la route. J’ai tout de suite pensé à ce gars-là».