Pauvreté infantile: un rapport qui ne surprend personne

Les données du récent rapport de la coalition Campagne 2000 sur la pauvreté infantile ne surprennent guère les intervenants qui ont confié leurs impressions à l’Acadie Nouvelle au sujet du phénomène.

Malgré des progrès notables enregistrés au cours des dernières années, la pauvreté chez les enfants continue d’être présente chez de nombreuses familles au Nouveau-Brunswick.

«Que la pauvreté chez les enfants et les familles soit en baisse, c’est évidemment une bonne nouvelle. Mais nous devons trouver des solutions pour observer une diminution plus rapide. Nous ne voulons pas revivre un autre trente ans comme celui qui vient de s’écouler», a commenté Chelsea Driscoll, qui est chercheuse sociale pour le Conseil de développement humain, organisme à l’origine du rapport provincial.

Pour le Front commun pour la justice sociale au Nouveau-Brunswick, le fait de retrouver 100 000 personnes vivant en situation de pauvreté dans la province est tout simplement inacceptable.

«Même si la pauvreté semble diminuer, nous ne pouvons pas nous contenter de cela. Si l’on se compare au Québec, en matière de mesures prises pour lutter contre la pauvreté, nous sommes vraiment en retard», juge Jean-Claude Basque, le porte-parole de l’organisme.

«Il y a lieu de mettre en place des politiques familiales un peu plus agressives, c’est un besoin prioritaire comme société», a quant à lui affirmé Léo-Paul Pinet, du Centre de bénévolat de la Péninsule acadienne, à la lecture du rapport faisant état que plus d’un enfant sur cinq vit en situation de pauvreté dans la province.

Toujours selon lui, les moyens d’action pour enrayer le phénomène de la pauvreté sont connus.

«Il n’y a pas de recette magique, il y a un besoin de volonté et de décisions politiques de mieux partager les richesses et d’aider les milieux à se prendre en main. Il faut se demander pourquoi on échappe nos enfants comme ça!», a ajouté celui qui fut coprésident de l’Initiative de réduction de la pauvreté il y a une dizaine d’années.

«Le Québec s’est doté d’une politique familiale. C’est pourquoi c’est la province où l’on retrouve le moins de pauvreté.»

René Arseneault, le député fédéral de Madawaska-Restigouche, s’est dit troublé de constater que c’est à Campbellton, au cœur de sa circonscription, où la pauvreté infantile frappe le plus durement au Nouveau-Brunswick.

«Il y a eu du progrès grâce à la nouvelle allocation gouvernementale pour enfants, la création de plusieurs emplois au pays et le travail constant de groupes communautaires dans le Restigouche, mais la situation demeure alarmante», estime le député libéral.

«Il ne faut pas être dans le déni. Il y a de plus grands défis dans le nord du Nouveau-Brunswick qu’à Dieppe ou à Quispamsis qui sont à l’extrême», soutient René Arseneault.

Ce dernier invite la population qui souhaite améliorer son sort à profiter des divers programmes de formation qui sont offerts au pays.

«L’éducation demeure l’outil numéro un et la clé maîtresse pour sortir les gens de la pauvreté à long terme.»

Lisa Harris, la porte-parole de l’opposition en matière de développement social, estime pour sa part que le devoir des législateurs est de travailler à aider les plus vulnérables et de veiller à ce que chaque Néo-Brunswickois puisse vivre une vie saine et heureuse.

«Il y a des Néo-Brunswickois qui travaillent fort et qui ont de la difficulté à boucler leur budget. Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour les aider à se remettre sur pied», soutient l’élue libérale, tout en exhortant le gouvernement de Blaine Higgs à faire de la lutte à la pauvreté une priorité.

La ministre du Développement social, Dorothy Shephard, n’a pas commenté le rapport. Son équipe a fait savoir que la ministre voulait s’accorder quelques jours avant de le commenter afin de prendre connaissance de tout son contenu. – Avec la collaboration du journaliste Youri Nabbad