Un enfant du N.-B. sur cinq vit en situation de pauvreté

Malgré des améliorations au cours des trente dernières années, le phénomène de la pauvreté chez les enfants continue d’être préoccupant au Nouveau-Brunswick et à travers le pays.

Voilà le constat qui émane du rapport national intitulé 2020: Préparer le terrain pour un Canada sans pauvreté qui fait état de plus d’un enfant sur cinq vivant en situation de pauvreté dans la province.

Selon la coalition Campagne 2000, 30 000 enfants vivaient dans la pauvreté au Nouveau-Brunswick en 2017.

Ce taux qui se chiffre à 21,7% est le quatrième plus élevé parmi les provinces du pays qui compterait au total plus de 1,3 million d’enfants considéré comme étant dans la pauvreté, soit 18,6% de sa jeune population.

«Bien que le taux de pauvreté des enfants en 2017 soit historiquement bas, il reste encore beaucoup à faire pour éliminer la pauvreté», a indiqué l’organisme Saint John Human Development Council, qui est à l’origine d’un rapport portant exclusivement sur la situation qui prévaut au Nouveau-Brunswick.

«De petites victoires dans la lutte contre la pauvreté des enfants doivent être célébrées puisqu’en 2017, la pauvreté des enfants au Nouveau-Brunswick a diminué de 1,1%, soit chez 1440 jeunes de moins de 18 ans. En tant que province, nous avons un long chemin à parcourir pour éliminer cette pauvreté, mais les indicateurs pointent dans la bonne direction», peut-on lire dans le rapport de 34 pages.

Celui-ci fait état de grande disparité régionales.

Ainsi, Campbellton affiche un taux de pauvreté chez les jeunes se situant à 36,4%, le plus élevé de la province.

La situation n’est guère plus encourageante à Saint-Jean et à Bathurst, où l’on enregistre respectivement un taux de pauvreté infantile de 31,5% et de 31,2%.

À seulement 11,8%, Dieppe enregistre pour sa part le plus faible taux dans la province.

Les auteurs du rapport notent qu’il existe de grandes différences à Moncton et à Saint-Jean, les deux grandes régions métropolitaines du Nouveau-Brunswick.

Le taux de pauvreté des enfants de Dieppe est ainsi deux fois plus bas que celui de la ville voisine de Moncton.

Dans la grande région de Saint-Jean, la différence de taux est encore plus flagrante entre la ville-centre et ses banlieues.

Le taux de pauvreté des enfants à Saint-Jean est de fait trois fois plus élevé que dans la banlieue voisine de Quispamsis.

«Les enfants de ces deux communautés méritent pourtant la même dignité et les mêmes opportunités», a affirmé Rachel Gouin, l’une des porte-parole de l’organisme à l’origine du rapport.

Ce rapport de la coalition Campagne 2000 est dévoilé 30 ans après l’adoption à la Chambre des communes en 1989 d’une résolution visant à  éliminer la pauvreté des enfants au Canada avant l’an 2000.

«Le chemin pour y parvenir est long… À ce rythme, il faudra 155 ans pour arriver à ce but, ce n’est pas acceptable», a ajouté Rachel Gouin.

Le rapport fait aussi grandement état de l’effet de l’Allocation canadienne pour enfants sur le revenu des familles après sa première année complète de déploiement en 2016 qui aurait évité à plus de 684 000 enfants âgés de moins de 18 ans de vivre en situation de pauvreté.

Tout en admettant qu’il n’existe pas de recette magique pour éradiquer complètement le phénomène, Campagne 2000 estime qu’un programme national de services de garde à l’enfance, une stratégie de bons emplois et de salaires décents ainsi qu’un régime bonifié de santé couvrant les médicaments d’ordonnance, les soins dentaires et visuels et des services de réadaptation permettraient d’améliorer grandement le sort des Canadiens les plus démunis.

La coalition Campagne 2000 regroupe 120 organismes partenaires à travers le pays, dont le Centre de Bénévolat de la Péninsule acadienne et le Saint John Human Development Council.