Les amateurs de motoneige voient enfin leurs voeux exaucés

Les amateurs de motoneige de la Péninsule acadienne ont prié pour de la neige. Leurs voeux ont été exaucés avec la tempête du week-end. Ils s’en donnent maintenant à cœur joie sur près de 400 kilomètres de pistes damées.

Un son strident nous dit que les moteurs tournent à plein régime. Deux bolides s’approchent de l’intersection au centre-ville de Caraquet. Avec la petite neige qui tombe, le temps est idéal pour pratiquer son loisir préféré.

Benjamin Haché, de Caraquet, et son ami Tommy Hébert, de Saint-Léolin, n’ont pas beaucoup descendu du siège de leurs appareils depuis la tempête de dimanche. Ils ont parcouru environ 500 kilomètres, estiment-ils, trop heureux de pouvoir enfin se promener.

«Les pistes sont correctes sur l’ancien tracé du chemin de fer. Mais quand on sort de ça, c’est plus rough un peu», concède Tommy en enlevant son casque.

Son copain affirme avoir vu la surfaceuse cinq ou six fois depuis dimanche.

«Ça fait du bien de pouvoir faire du ski-doo, avoue-t-il. Décembre a été pas mal long. Depuis la tempête, on en fait tout le temps!»

Qui possède ces machines peut très bien comprendre l’angoisse du manque de l’or blanc. Depuis la mi-décembre, il leur était impossible de sortir leurs engins et profiter des magnifiques paysages de la région ou encore rejoindre les sentiers dans la région de Bathurst.

Mais là, le pire est derrière eux. Sauf que tout n’est pas encore à point, préviennent les porte-parole du Club des motoneigistes Nord-Est et du Club des motoneigistes de la Péninsule acadienne. On demande donc la plus grande des prudences chez les utilisateurs.

On espère que le froid prévu vendredi et samedi ainsi que la bordée de neige annoncée dimanche – on parle de 15 centimètres – viendront consolider certains secteurs où il est encore hasardeux de s’y aventurer.

«Ça nous prendrait de la neige tous les jours. Ce qu’on a eu, c’est très bien, mais ce n’est pas encore assez pour damer des sentiers adéquats. Sur les pistes sur l’ancienne voie ferrée, il n’y a pas de problème. Mais ailleurs, comme à proximité des lignes de transmission d’Énergie NB, le terrain n’est pas toujours plat, il n’y a pas assez de neige à tirer pour remplir les trous et l’eau n’est pas encore gelée», explique Ronald Lanteigne, président du Club des motoneigistes Nord-Est, qui compte plus de 500 membres et qui gère 175 kilomètres de sentiers.

Du côté de Wesley Stewart, président du Club des motoneigistes de la Péninsule acadienne, qui comprend Lamèque, Shippagan et Tracadie notamment, on concède qu’il n’y a pas énormément de neige. Cependant, les deux surfaceuses du club sont en opération à temps plein actuellement, ce qui a permis de recouvrir d’une bonne couche la plupart des 220 km de pistes balisées.

«Comme la neige est poudreuse, c’est plus difficile à travailler et à faire un bon fond. Mais depuis la fin de semaine, nous voyons beaucoup de trafic. Les motoneigistes avaient hâte de sortir. Nous sommes tous contents d’avoir enfin eu un peu de neige. Ce délai ne devrait pas nuire à la saison. On voit une bonne croissance, les achats sont à la hausse, les membres sont là malgré un début tardif et une saison qui devrait être plus courte. Les gens adorent la motoneige», a-t-il remarqué au fil des années.

Pour le Club des motoneigistes Nord-Est, ce début de saison est un peu spécial, car on peut enfin essayer la nouvelle dameuse, un investissement de près de 400 000$ provenant des sources gouvernementales, de la Fédération des clubs de motoneige du N.-B. et du Conseil canadien des organismes de motoneige.

«Ça travaille bien, assure M. Lanteigne. C’est neuf. Elle est performante et offre plus de traction en raison des chenilles en fer. On peut faire avec elle ce que nous étions incapables de faire avec l’autre.»

Reste maintenant à savoir combien de temps durera la saison dans la Péninsule acadienne. Une ouverture tardive signifie habituellement une fin plus précoce. Dans les deux dernières années, la neige et le froid d’avant Noël avaient permis de prolonger la campagne jusqu’à la mi-avril. Cette fois, on se croise les doigts pour se rendre à la fin mars.