La province dit non à de nouvelles protections pour les cyclistes

Le gouvernement Higgs n’entend pas mettre en oeuvre une série de recommandations sur la sécurité des cyclistes.

Plusieurs groupes d’amateurs de vélo espéraient de nouvelles mesures dans la lancée de la loi d’Ellen entrée en vigueur en 2017. Il n’en sera rien.

La loi, qui désormais oblige les automobilistes à laisser un espace d’au moins un mètre entre eux et les cyclistes avant d’effectuer un dépassement, a été adoptée après le décès d’Ellen Watters, une étoile montante du cyclisme canadien percutée par un véhicule lors d’un entraînement dans la région de Sussex.

Sa disparition avait été suivie d’une mobilisation sans précédent de la part des cyclistes des quatre coins de la province en faveur de meilleurs protections pour les amateurs de vélo. En parallèle, un groupe de travail a été chargé d’élaborer une stratégie sur la sécurité des cyclistes.

Leur rapport final, présenté au ministre de la Justice et de la Sécurité publique en juillet 2018, préconisait notamment d’autoriser les municipalités à lever l’interdiction pour les cyclistes de circuler sur certaines portions de trottoir.

Le groupe proposait également de créer une infraction pour le conducteur d’un véhicule effectuant un virage à droite et coupant ainsi la trajectoire d’un cycliste roulant tout droit et un amendement à la loi stipulant que «nul ne doit ouvrir la porte d’un véhicule à moteur du côté accessible à moins que et jusqu’à ce qu’il soit raisonnablement sûr de le faire.»

Parmi les recommandations, on retrouvait aussi l’ajout de signalisation rappelant la distance obligatoire d’un mètre à respecter lors du dépassement d’un cycliste, des sanctions plus sévères pour les cas de distraction au volant ou l’interdiction pour un cycliste d’utiliser des écouteurs l’empêchant d’entendre le bruit de la circulation.

Depuis les associations telles que Saint John Cycling ou Vélo NB ont tenté sans succès de faire adopter une telle réforme. Dans une lettre datée du 13 décembre, le premier ministre Blaine Higgs leur a adressé une fin de non-recevoir.

«Nous sommes conscients du désir de votre organisation d’amender la Loi sur les véhicules à moteur, et bien que nous continuerons de promouvoir l’utilisation partagée de nos routes nous ne considérons pas faire d’autres changements pour le moment», écrit-il.

Wayne Arrowsmith, porte-parole de Vélo NB, ne cache pas sa déception. «J’ai travaillé sur ce dossier depuis deux ans et demi, c’est frustrant de voir les recommandations ramasser la poussière», lance-t-il.

«Les routes sont pour tous le monde mais beaucoup de cyclistes ne se sentent pas en sécurité sur la route. Je ne comprends pas pourquoi le gouvernement s’est empressé de retirer les plaques avant des véhicules mais ne se préoccupe pas davantage de la sécurité des utilisateurs les plus vulnérables. Ça ne représente presque aucun coût pour la province.»

M. Arrowsmith garde espoir que ces idées aboutiront, alors que le ministère de la Justice et de la Sécurité publique a signifié son intention d’entamer de nouvelles discussions sur cette question.