Le poing jaune à nouveau permis dans les écoles

Les travailleurs de soutien en éducation pourront finalement porter leur t-shirt avec le logo du poing levé dans les écoles.

Le ministre de l’Éducation et du Développement de la petite enfance, Dominic Cardy, a annoncé cette volte-face dans une déclaration écrite envoyée aux médias en début de soirée, vendredi.

«Après avoir pris connaissance des préoccupations du Syndicat canadien de la fonction publique à ce sujet, le ministère de l’Éducation et du Développement de la petite enfance a décidé que nous permettrons aux membres du SCFP d’afficher ce logo dans le milieu scolaire.»

«Nous voulons préparer nos élèves à être des citoyens actifs et engagés, ce qui signifie avoir des discussions ouvertes sur des idées et la liberté d’expression»,  a indiqué M. Cardy.

Depuis le 10 janvier, le personnel de soutien dans les écoles n’avait plus le droit de porter le t-shirt aux couleurs de leur syndicat sous prétexte que le poing levé pourrait représenter un acte de harcèlement et d’intimidation.

Le t-shirt noir avec un poing levé jaune encerclé du slogan «Négocions vers l’avant» fait partie de la campagne du SCFP pour de meilleures conditions de travail.

La directive en provenance du ministère devait être appliquée par les directions d’écoles dans les sept districts scolaires de la province.

La décision du ministère a rapidement provoqué la colère des syndiqués qui l’ont vue comme une attaque contre leur liberté d’expression et d’association garantie par la Charte canadienne des droits et libertés.

Les employés qui ont décidé de porter le t-shirt malgré tout s’exposaient à des mesures disciplinaires.

Dominic Cardy a répété dans sa déclaration que le poing levé «pourrait être perçu comme une promotion de la violence ou du harcèlement, en particulier chez les plus jeunes élèves, s’il est pris hors contexte.»

Le ministre veut dorénavant sensibiliser les élèves à ce symbole avec l’aide des syndiqués.

«J’ai parlé avec des représentants du SCFP 2745 et je les ai encouragés à s’engager dans un processus visant à renseigner les gens du Nouveau-Brunswick sur l’histoire et la signification du symbole qui apparaît dans leur logo; symbole qui a causé de la confusion et semé l’inquiétude dans la province.»

«La semaine prochaine, j’aurai des discussions avec les districts scolaires sur la manière dont nous pouvons permettre aux membres du SCFP d’utiliser le logo dans un contexte éducatif et comme une occasion d’apprentissage pour les élèves», a-t-il dit.

La section locale 2745 représente environ 4400 travailleurs dans les écoles et les bureaux des districts scolaires comme les assistantes en éducation, les adjointes administratives, les préposées des bibliothèques et les assistantes en orthophonie.

Selon le président du SCFP, Brien Watson, certains syndiqués se sont fait dire vendredi par les directions d’écoles que le symbole du poing levé est «raciste» et «de nature sexuelle».

M. Watson affirme que ses membres ont été victimes d’intimidations en raison de leur t-shirt.

«Les écoles sont censées avoir une politique de tolérance zéro contre le harcèlement et l’intimidation. Malgré cela, nous avons des gens en position d’autorité qui intimident nos membres pour brimer leurs droits.»

«C’est triste de constater comment ces personnes instruites ignorent l’histoire de ce symbole de justice et de liberté.»

«Ce symbole fut popularisé et adopté par le mouvement des droits des femmes, le mouvement LGBTQ2+, le mouvement syndical, les mouvements pro-démocratie et presque tous les leaders des droits civiques comme Martin Luther King, Nelson Mandela et bien d’autres, pendant plus de 100 ans», a tenu rappelé Brien Watson.

Le personnel de soutien en éducation de la section locale 2745 est sans contrat de travail depuis près de deux ans.