Réorganisation majeure de l’utilisation des lits à l’Hôpital de Campbellton

Le Réseau de santé Vitalité a annoncé vendredi matin la mise en œuvre d’une importante réorganisation de ses unités à l’Hôpital Régional de Campbellton (HRC). Une mesure mise en place, dit-on, pour assurer la pérennité de l’ensemble des services.

Plusieurs unités de l’HRC seront ainsi regroupées afin d’assurer le maintien de l’ensemble des services. Dans les faits, ce sont presque toutes les unités qui seront frappées par cette mesure. À noter que l’hôpital conservera le même nombre de lits, soit 165.

Selon le PDG du réseau, Gilles Lanteigne, la réorganisation permettra d’utiliser plus efficacement les lits de l’établissement en regroupant des clientèles ayant plus d’affinités (besoins similaires) et en ajustant les effectifs infirmiers en conséquence.

«On a un certain nombre d’infirmières, d’infirmières auxiliaires et de préposés. Le concept c’est de mieux s’organiser, d’utiliser notre personnel de façon plus appropriée afin de répondre aux besoins de la clientèle, et ce, tout en maintenant l’ensemble des services», explique M. Lanteigne.

Cette décision s’inscrit dans la foulée des défis en matière de recrutement en soins infirmiers. Car en dépit des efforts pour attirer du personnel, il manque toujours cruellement d’infirmiers (ères) dans la région.

Dans les faits, sans cette réorganisation, on estime au réseau que l’offre de certains services aurait pu être compromise à nouveau à moyen terme, voire même à court terme. Il est notamment question de services majeurs, tels le bloc opératoire, l’obstétrique, les soins intensifs et même l’urgence.

«On ne veut surtout pas revivre la situation de l’automne dernier. On ne veut pas devoir fermer l’urgence, ni notre bloc, ni aucun autre service», indique M. Lanteigne.

On se rappellera en effet qu’en novembre dernier, le réseau avait décrété l’état d’urgence à l’HRC.

Des chirurgies avaient alors dû être annulées, les ambulances détournées et certains services transférés (notamment l’obstétrique). Bien que de courte durée, cet état d’urgence avait semé beaucoup d’inquiétudes au sein de la population.

Déménagement permanent

Parmi les unités frappées par cette réorganisation, notons, entre autres celle des Soins palliatifs. On se souviendra que l’été dernier, cette unité avait été touchée une première fois par une réorganisation. Elle avait alors été «fusionnée» avec l’unité de Médecine.

Force est d’admettre que ce mariage n’a pas fait bon ménage, plusieurs plaintes ayant surgi de la communauté.

Aujourd’hui, le réseau fait volte-face, du moins en partie. Sans revenir à son emplacement initial, l’unité de Soins palliatifs sera plutôt incorporée à celle de la Gériatrie, une clientèle aux besoins plus similaires et moins bruyante que la précédente. Des améliorations seront d’ailleurs apportées afin d’offrir un plus grand confort et une plus grande intimité aux familles des personnes en fin de vie.

«On a fait poser des portes entre les unités afin de diminuer le bruit et on s’apprête aussi à aménager un salon pour les familles. En fait, on a écouté les familles qui ont eu recours à ce service au cours des derniers mois, car l’objectif c’est de s’améliorer», exprime M. Lanteigne.

Pas de perte d’emploi

Au réseau, on estime que cette réorganisation devrait affecter 14 postes d’infirmiers (ères). Ceci dit, personne ne devrait concrètement perdre son emploi. Puisque l’établissement compose avec une pénurie de personnel, qu’il compte son lot de postes vacants, les personnes touchées devraient aisément obtenir un transfert ailleurs dans celui-ci.

«Certaines personnes seront touchées, et c’est inévitable. Mais à la fin de cette réorganisation, tout le monde aura un emploi et il va même encore nous rester des postes à pourvoir», estime M. Lanteigne, ajoutant ne pas voir cette situation devenir un obstacle au recrutement.

La redistribution en détail

Unité de gériatrie: transfert des six lits de soins palliatifs en gériatrie en permanence

Unité de transition
: augmentation du nombre de lits de soins de longue durée, qui passera de 23 à 33 lits, et adaptation de l’approche de soins

Unité de médecine
: regroupement des patients ANS (en attente d’un autre niveau de soins) et de médecine

Unité de chirurgie
: regroupement des patients de chirurgie, de médecine (cas complexes) et de pédiatrie

Soins intensifs
: accessibilité de huit lits de soins intensifs et de soins intermédiaires