Ancien combattant et bâtisseur: Rufin Gionet s’éteint à l’âge de 99 ans

Rufin Gionet, un ancien combattant de la Deuxième Guerre mondiale, s’est éteint ce week-end. L’homme de Bas-Caraquet était âgé de 99 ans.

Le 6 juin 1944, Rufin Gionet a été l’un des 150 000 soldats des forces alliées à débarquer sur les plages de Normandie.

L’été dernier, la France a remis à M. Gionet, ainsi qu’à Alexandre Mallet, de Shippagan et Réginald Basque, de Tracadie, une médaille commémorative du Jour J pour souligner leur courage et leur bravoure à l’occasion du 75e anniversaire du Débarquement de Normandie.

L’Acadie Nouvelle a eu l’occasion de l’interviewer à ce sujet.

«Moi, un héros? Non, a répondu M. Gionet, membre du New Brunswick Rangers Regiment. Nous avons seulement fait notre part. Il y avait de grosses mitraillettes sur la plage. On ne pouvait pas tous sauter à l’eau. Mais on l’a fait. On a montré aux Allemands à se comporter comme du monde. Je suis fier de ce que nous avons accompli.»

En raison de sa santé et de son âge, Rufin Gionet n’a pu faire le voyage en France pour les cérémonies officielles. Sa médaille lui a donc été remise par Arnaud Blin, organisateur de la Semaine acadienne, un festival annuel à Saint-Aubin-sur-Mer, dans le nord de la France, qui a fait une visite dans la Péninsule acadienne en juillet.

«Pour moi, ils sont plus que des héros. L’héroïsme est une chose, mais il est encore un plus grand homme par ce qu’il a fait. C’est incroyable. Quel âge avait-il quand il a débarqué sur cette plage? Qu’est-ce qu’il a vu à Carpiquet, où il s’est passé des choses horribles? Il y a eu plus de morts à Carpiquet et à l’aéroport de Caen, mais on n’en parle presque jamais. Les soldats canadiens vous diront que Carpiquet a été le cimetière de leur régiment», a dit M. Blin quelques instants après avoir remis la médaille à M. Gionet.

Lors de son retour au Canada, M. Gionet s’est investi dans sa communauté. Il a été impliqué dans la fondation d’un nombre d’organismes et d’institutions dont le Chantier naval de Bas-Caraquet (l’ancêtre de l’actuel Centre naval du Nouveau-Brunswick), de l’Hôpital de l’Enfant-Jésus de Caraquet et de l’Acadie Nouvelle.

Il a aussi été impliqué dans un bon nombre d’entreprises se spécialisant dans la construction navale à l’échelle de la province.

Il a également été impliqué dans le mouvement des caisses populaires acadiennes, au sein de la commission scolaire et il a été membre du conseil municipal de Bas-Caraquet de 1966 à 1971.

La députée de Caraquet, Isabelle Thériault, a salué l’héritage laissé par ce bâtisseur acadien.

«Rufin Gionet était un homme résolument moderne, visionnaire, brave et généreux. Chaque discussion avec lui était un cours d’histoire. Il me donnait de bons conseils. J’avais énormément d’admiration pour lui. J’offre mes sympathies à toute sa famille, à ses proches et à toute la communauté. C’est avec un sentiment de gratitude que je me souviendrai de lui et de sa contribution exceptionnelle.»