Des répercussions bien réelles sur les élèves

Selon nos intervenants, la pénurie d’enseignants a des répercussions bien réelles sur le quotidien des élèves et leur éducation.

Mme Boudreau explique que le manque de main-d’oeuvre force parfois le District francophone Sud à embaucher des candidats qui détiennent un baccalauréat sans formation spécifique en enseignement.

La situation limite également le temps de perfectionnement que le district peut accorder à son personnel.

«Certains enseignants vont à l’école lorsqu’ils sont malades, car qu’ils savent qu’aucun suppléant n’est disponible pour les remplacer», a-t-elle témoigné.

«Ils se mettent de la pression, c’est sûr.»

Mme Boudreau reconnaît que la qualité de l’apprentissage relève de la qualité de l’enseignement.

Elle assure que son district accompagne tout son personnel afin de minimiser les conséquences et assurer un niveau d’enseignement approprié.

Toutefois, elle mentionne que les suppléants manquent parfois à l’appel et que le personnel n’a pas d’autre choix que d’envoyer les élèves à la bibliothèque le temps d’un cours, par exemple.

Efforts déployés

Dominic Cardy, ministre de l’Éducation et du Développement de la petite enfance, reconnaît le besoin criant d’enseignants qualifiés dans le système d’éducation francophone au Nouveau-Brunswick.

Il a actuellement trois grands dossiers au programme, c’est-à-dire discuter avec les universités pour augmenter le nombre de sièges dans les facultés d’éducation, valoriser la profession et les enseignants ainsi que réviser les qualifications requises de manière à attirer les immigrants.

«On ne peut pas avoir d’écoles sans enseignants. Et bien que nos enseignants actuels sont géniaux, c’est injuste de mettre une pression sans limites sur eux», a-t-il articulé.

Le ministre indique qu’il y aura peut-être d’autres points à traiter en 2020, mais que ceux-ci sont prioritaires pour l’instant.

Au niveau des deux districts, des agents de recrutement auraient récemment été embauchés.

L’Université de Moncton compte aussi une équipe de recruteurs qui se déplace d’école en école pour informer les jeunes des opportunités de travail.

M. Pelletier, directeur du District Nord-Est, a ajouté que des stratégies à long terme devraient aussi voir le jour prochainement.

«Ce qu’on va voir dans les prochaines années, c’est qu’on va travailler de plus en plus près avec nos élèves puisque ces élèves-là sont les futurs travaillants de la région», a-t-il débuté.

«On va travailler fort pour développer leur sentiment d’appartenance et de fierté afin que lorsqu’ils partiront aux études un jour, ils aient le goût de revenir.»