Après 110 ans, une dernière messe à l’église de Dundee

Après son école il y a quelques années, la petite communauté de Dundee au Restigouche doit maintenant composer avec la perte d’un autre symbole d’importance: son église.

Les paroissiens de la communauté d’Eel River Dundee devront bientôt faire leur deuil de leur église.

Cette fermeture fait suite à des démarches enclenchées l’an dernier entre le Diocèse de Bathurst et les paroissiens de l’endroit. Ces démarches portaient sur l’avenir de l’établissement.

«On a rencontré la communauté à quelques reprises afin de discuter de l’état des bâtiments, des finances de la paroisse, de la participation à la vie paroissiale et de la fréquentation. À la suite d’un vote, les citoyens se sont finalement prononcés en faveur de la fermeture de l’église», explique Roger Savoie, porte-parole du Diocèse de Bathurst.

Selon son constat, la fréquentation à l’église était à la baisse, tout comme les finances. Pour ce qui est de l’état de l’église, des ingénieurs ont constaté un problème de structures provenant de la fondation. Ce problème serait responsable de l’affaissement du clocher d’environ 18 pouces.

«D’importants travaux sont donc à prévoir», souligne-t-il.

Il admet par ailleurs que ce n’est pas de gaité de cœur que le Diocèse accepte de fermer cette église, ou toute autre église.

«Au contraire, on essaye autant que possible d’accommoder les communautés afin de les aider à se revitaliser. Parfois, ça fonctionne, mais dans d’autres cas, c’est plus difficile, car les défis sont plus nombreux ou plus importants», poursuit M. Savoie.

À ce moment, le Diocèse ignore quel sort sera réservé à l’église, à savoir si elle sera démolie ou si, au contraire, on tentera de la mettre en vente. Il devra également se pencher sur l’avenir des deux bâtiments adjacents lui appartenant, soit le presbytère et la salle paroissiale.

«Pour le moment, rien n’a encore été décidé. On se concentre d’abord sur la fermeture et ensuite on va se pencher sur ces questions au cours des semaines et mois à venir. On a déjà certaines options et les opportunités sur la table – notamment une friperie qui œuvre à l’intérieur de l’ancien presbytère et qui aimerait continuer d’y offrir ce service pour les pauvres –, mais rien n’est encore concrétisé», indique-t-il.

Il souligne par ailleurs que certains objets religieux – comme la pierre d’autel, statues et autres – seront transférés à l’intérieur de l’église Sainte-Trinité (Eel River Crossing) qui sera désormais le lieu de culte d’accueil de paroissiens de Saint-Jean-Marie-Vianney.

La dernière messe de l’église Saint-Jean-Marie-Vianney se fera ce samedi. Pour cette occasion spéciale, l’évêque du Diocèse de Bathurst, Mgr Daniel Jodoin, sera sur place et en profitera pour faire la déconsécration des lieux. Un goûter sera par la suite offert dans la salle voisine.

Résignation

Avant d’être maire adjoint d’Eel River Dundee, Mario Pelletier a longtemps été président du DSL de Dundee. L’annonce de la fermeture de l’église est tout aussi inévitable que regrettable.

«C’est un deuil pour notre communauté, car les gens sont attachés à ces symboles. On s’est tellement battu pour notre école et au final, on l’a perdu. Maintenant, c’est au tour de notre église. Ça fait mal», avoue M. Pelletier

Il est vrai qu’il n’y a pas si longtemps ici, Dundee avait tous les airs d’un petit village. Une église, une école, une caisse populaire, un garage, un dépanneur… «Aujourd’hui, on n’a plus rien de tout ça, mais on doit regarder vers l’avant. On fait maintenant partie d’Eel River Dundee, alors on doit avancer et se développer comme une seule grande communauté», exprime-t-il.

L’église Saint-Jean-Marie-Vianney sera la sixième église du Restigouche à fermer ses portes en l’espace de cinq ans. Depuis 2015, les communautés d’Atholville, Richardville, Saint-Arthur, Benjamin River et Nash Creek ont en effet subi le même sort.