Attirer les familles: le tour de force de Grande-Anse

Alors que plusieurs communautés du nord de la province cherchent des moyens pour augmenter leur population, la municipalité de Grande-Anse, dans la Péninsule acadienne, semble avoir les étoiles alignées en sa faveur.

Depuis 2018, quatre nouvelles maisons ont été construites et 16 autres ont changé de main. Dans certains cas, des maisons inhabitées ont trouvé de nouveaux propriétaires. Au total, la municipalité compte maintenant une quarantaine de nouveaux résidents, dont plusieurs familles avec de jeunes enfants.

«C’est un renouvellement et un rajeunissement de la population avec l’arrivée de ces nouveaux arrivants qui se composent de 12 enfants et 28 adultes. Une rue municipale qui ne comptait aucun enfant en compte maintenant neuf. C’est une excellente nouvelle pour la municipalité dont la population était plutôt vieillissante», dit Gilles Thériault, maire de Grande-Anse.

Selon Gilles Thériault, quelques facteurs expliquent cette situation, dont la qualité de vie, l’emplacement et le faible coût de la vie, mais la municipalité n’offre plus d’incitatifs financiers aux nouveaux arrivants, comme cela a déjà été le cas. On offre néanmoins un panier de cadeaux avec des bons d’achat et de l’information sur les services et les activités de la municipalité.

Sans contexte, ces chiffres peuvent paraître minimes, mais pour une petite municipalité de moins de 1000 habitants, une hausse de la population signifie une augmentation de l’assiette fiscale, et donc des revenus municipaux. Ces revenus sont utilisés pour maintenir des services existants ou encore, pour les améliorer.

«Une résidence mise en vente sur le marché immobilier est vendue en moyenne six mois suivant la mise en vente», se réjouit Gilles Thériault.

Martin Dugas, âgé de 42 ans, fait partie de ceux qui sont rentrés au bercail. Originaire de Grande-Anse, il a quitté la Péninsule acadienne en 2001 pour travailler dans la région de Montréal. Lui et son épouse Samantha se sont acheté une demeure au cœur du village en 2018.

Martin Dugas, son épouse Samantha et leurs trois enfants, Juliette, Arthur et le jeune Enzo. – Gracieuseté

«J’avais fini mon secondaire et je suis allé étudier au CCNB à Bathurst en informatique. Après, j’ai travaillé dans le coin pendant quelques années, mais je restais chez mes parents, dans le sous-sol. Je voulais partir de mes propres ailes, donc je suis allé à Montréal. Je suis resté là pendant 17 ans. J’ai rencontré ma conjointe là-bas, elle est de la France et peu à peu, les enfants sont apparus dans le portrait.»

Bien qu’il désirait revenir un jour dans la Péninsule acadienne, Martin Dugas appréciait sa vie à Montréal, même s’il pouvait passer jusqu’à deux heures par jour dans les embouteillages routiers.

«Avant ça pouvait me prendre 45 minutes à 1 heure le matin pour me rendre un bureau et au moins une heure le soir pour rentrer chez moi. Maintenant ça me prend 18 minutes.»

Le déclic est survenu après qu’un ami lui a fait parvenir une offre d’emploi pour travailler dans son domaine à Caraquet.

«J’avais un très bon emploi et une bonne carrière. Mon troisième enfant venait de naître et un chum de par ici m’a envoyé une offre d’emploi chez UNI coopération financière. Ça faisait longtemps que je songeais à revenir. Je voulais que mes enfants commencent l’école ici. Le timing était bon. Ma fille a commencé l’école à Grande-Anse à l’automne 2018.»

Au départ la jeune famille avait examiné la possibilité de s’installer à Caraquet avant d’arrêter son choix sur Grande-Anse.

«Au début, on vivait dans le sous-sol chez mes parents. C’était comme un retour aux sources», lance-t-il à la blague.

«On a passé l’été à Grande-Anse. Ma blonde s’est dit que finalement, elle aimait ça à Grande-Anse. Même si c’est plus petit, en été, elle va avec les enfants à la plage. Même s’il faut voyager un peu plus loin pour faire les courses, elle aimait l’environnement et l’école communautaire. Nous sommes contents de notre choix.»