Cinq éoliennes seront érigées à Pokeshaw

Les communautés de Black Rock et de Pokeshaw, près de Grande-Anse dans la Péninsule acadienne, misent sur l’énergie éolienne pour relancer leur économie.

Ce projet, en développement depuis environ quatre ans, devrait enfin se concrétiser avant la fin de l’année, informe Kevin Whelton, président du Conseil récréatif de Pokeshaw et de Black Rock.

Mardi soir, des représentants de l’entreprise Potentia Renewables et de la firme McCallum Environmental, qui a préparé l’étude d’impact environnemental, étaient à Pokeshaw pour répondre aux questions de la population.

Une soixantaine de personnes de Pokeshaw, de Black Rock et des communautés environnantes ont répondu à l’appel. Plusieurs citoyens en ont profité pour exprimer des préoccupations sur l’impact du bruit sur la santé et l’impact potentiel des éoliennes sur l’environnement.

«Ça fait plus de quatre ans qu’on travaille là-dessus et qu’on tient des réunions publiques pour avoir l’accord de la population. Le projet a été accepté. Ça va de l’avant. Ce soir, on parle de ce qui va se passer», ajoute M. Whelton.

Au cours des prochains mois, Potentia Renewables, basé à Toronto, entend entamer la construction d’un parc éolien de 20 MW. Cinq tours de 4 MW et d’une hauteur de 175 mètres de la base au bout de la pale seront érigées à proximité du chemin Ridge. La durée de vie du projet, développé en partenariat avec le Conseil récréatif de Pokeshaw et de Black Rock, est de 30 ans.

Au bout de 30 ans, l’entreprise doit s’engager à restaurer les terrains et de retirer les éoliennes du site.

Potentia promet de créer plusieurs emplois durant la phase de construction. Quelques emplois permanents seront créés par la suite.

Les premières étapes de la construction, prévues au printemps 2020, consisteront à construire les routes d’accès et a ensuite couler les fondations.

La résidence la plus proche sera située à environ 1,4 kilomètre des éoliennes.

Bien que le Conseil récréatif a mis beaucoup d’effort pour obtenir l’approbation de la majorité des citoyens, Kevin Whelton reconnaît que certains citoyens ne sont toujours pas en faveur. Mais le projet apportera beaucoup d’avantages pour la communauté, dont des redevances annuelles de 75 000$ pour le Conseil récréatif.

Avec cet argent, on veut, entre autres, rénover la salle communautaire et poursuivre un projet d’amélioration et d’embellissement de la plage de Pokeshaw, prisée par les gens du nord-est et les touristes.

«Pour le moment, nous ne sommes pas allés plus loin, bien qu’il y ait eu beaucoup de discussions et beaucoup d’idées proposées. Nous allons recevoir cette contribution annuelle pendant 30 ans, alors il y a beaucoup qui peut être fait.»

Pokeshaw et Black Rock font partie du DSL de New Bandon. Comme plusieurs communautés rurales du nord de la province, la population est vieillissante. En 2016, l’âge moyen était de 51 ans. Kevin Whelton espère que le développement d’un parc éolien sera la première étape d’un avenir économique plus florissant pour la région.

«Il y a près de 10 ans, des développeurs étaient intéressés par le potentiel (éolien) de la région, mais en fin de compte, les projets ont été attribués à Caribou et à Lamèque. Nous avions signé des ententes avec des développeurs, mais nous n’avions pas réussi à ce moment. Nous avons cependant besoin de développement économique ici. Il nous faut quelque chose!»

«Il n’y a rien du tout en ce moment, alors ce sera un début. En soi, ça va créer quelques emplois, mais c’est un commencement. Le projet va améliorer notre infrastructure, comme les routes. Ça va donner un peu de visibilité à Pokeshaw, les gens vont reconnaître les éoliennes. Il y aura au moins ça. On veut qu’il ait beaucoup d’autres d’investissements et de projets.»

Willard Murty, de Black Rock, avait entendu parler du projet. Il a assisté à la réunion de lundi soir pour prendre des nouvelles.

«Je ne viens pas habituellement, mais je suis venu cette fois, parce que le projet avance à grands pas. Je voulais voir ce qui se passait.»

L’homme âgé de 54 ans est en faveur de ce développement, même s’il reconnaît que certains facteurs, comme le bruit et l’impact sur l’environnement, peuvent en inquiéter certains.

«Nous avons du vent ici. Nous devrions l’utiliser à notre avantage.»