Mort de Brady Francis: des fragments de verre et de plastique sur les vêtements de la victime

Une experte en chimie médico-légale de la GRC a trouvé des fragments de verre et de plastique sur les vêtements de Brady Francis, un jeune âgé de 22 ans décédé dans un accident. Maurice Johnson a plaidé non coupable à une accusation de délit de fuite mortel dans cette affaire.

Le procureur et la défense ont passé environ une heure à interroger une chimiste médico-légale de la GRC, la Dre Kimberly Kenny, qui leur parlait par vidéoconférence depuis son bureau d’Edmonton, en Alberta.

La chimiste, qui est une experte de l’analyse de fibres de tissu et de traces de peinture, a examiné un chandail à capuchon (hoodie) noir et une paire de jeans que portait le jeune homme d’Elsipogtog le soir de sa mort, ainsi qu’une pièce de tissu noir qui aurait fait partie du chandail de la victime.

Elle a aussi analysé une grille de radiateur brisée qui provient du véhicule de l’accusé ainsi qu’un échantillon de peinture provenant du capot de la voiture.

À l’aide d’un microscope, elle a retrouvé des fragments de polycarbonate noir dont la composition est similaire au matériau du grillage de radiateur du véhicule.

Elle croit cependant que cette preuve est limitée par le fait que ce matériau est utilisé fréquemment et qu’il aurait pu provenir d’une autre source.

La Dre Kenny a aussi trouvé des traces d’un rouge brunâtre sur le grillage. Elle croit qu’il pourrait s’agir de sang séché, mais elle n’a pas pu le confirmer puisqu’elle n’est pas qualifiée à identifier ce genre de substance.

Elle a également identifié des fragments de verre sur les vêtements de la victime, mais elle n’a pas pu confirmer leur provenance. Selon elle, ces fragments pourraient tout aussi bien venir d’un pare-brise que de n’importe quel autre objet en verre.

Il lui était impossible de savoir depuis combien de temps ces fragments étaient sur le tissu. La Dre Kenny indique que le laboratoire médico-légal de la GRC ne pratique plus l’analyse de morceaux de verre.

Le procureur Pierre Gionet a fait remarquer qu’un vieux modèle d’iPhone avec un écran brisé avait été retrouvé sur la scène.

Maurice Johnson a plaidé non coupable à des accusations d’avoir omis de s’arrêter sur la scène d’un accident dont les lésions corporelles ont causé la mort de Brady Francis.

Un élément de preuve rejeté

Une partie du rapport du gendarme Mathieu Richard, dont la fiabilité avait été critiquée par la défense mercredi, a finalement été retirée.

Le procureur Pierre Gionet a expliqué à la juge Denise LeBlanc que la preuve la plus importante était le témoignage de ce policier devant le tribunal, et que la partie du rapport en question n’était pas réellement essentielle pour les arguments de la Couronne.

Il s’agissait d’une série de captures d’écran tirées d’une vidéo de surveillance qui montre Brady Francis peu de temps avant sa mort ainsi qu’un véhicule similaire au GMC Sierra de Maurice Johnson.

«On veut la justice»

La salle d’audience était bien remplie pour le neuvième jour du procès de Maurice Johnson. Plusieurs résidents d’Elsipogtog arboraient le visage de la victime ainsi que le hashtag #JusticeForBrady (justice pour Brady) sur leurs vêtements.

La jeune Maisyn Sock, d’Elsipogtog, a assisté à la neuvième journée du procès, mais elle explique qu’elle était surtout présente pour appuyer la famille de Brady et sa communauté.

Elle explique que la mort de Brady Francis a eu l’effet d’une onde de choc dans la communauté. Le jeune homme était connu de tout le monde dans le coin, selon elle.

«Je suis venue par solidarité, pour montrer qu’on ne baissera pas les bras et qu’on veut la justice.»

La mère de Brady Francis, Jessica Perley, se dit toujours confiante quant à l’issue du procès.

Le procès reprend lundi matin. La défense présentera alors des témoins.