Auto électrique: un rare acheteur de la Péninsule se confie

Il n’y a pas beaucoup de conducteurs de voitures électriques au Nouveau-Brunswick, et encore moins dans une région rurale comme la Péninsule acadienne. Mais les choses vont assurément changer rapidement, surtout avec de nouvelles initiatives comme la présentation du premier Salon de l’auto électrique, à la mi-mai, à Caraquet.

Maxime Haché conduit fièrement sa Tesla Modèle 3 depuis août. Chaque jour de la semaine, il part de la maison à Lamèque pour se rendre à son travail à Caraquet.

Vu de l’extérieur, ce véhicule a l’air de n’importe quel autre sur la route. Ce n’est pas écrit dans le front du conducteur qu’il est au volant d’une voiture électrique.

Mais c’est tout sauf une auto «ordinaire», dans un monde où la prochaine génération délaissera les modèles à essence pour la technologie poussée de l’énergie électrique.

Maxime n’a pas procédé à sa nouvelle acquisition sur un coup de tête. Il a pris presque huit mois à étudier la question, d’abord par curiosité, ensuite avec un intérêt certain pour un modèle qui viendrait satisfaire avant tout ses besoins au quotidien. Sans oublier, bien entendu, sa conscience écologique. Tout a été longuement réfléchi.

«Quand j’ai commencé à magasiner les voitures électriques, la première compagnie qui m’a intéressé a été Tesla, là où le progrès est le plus avancé pour cette technologie. J’ai aussi regardé les offres d’autres constructeurs, mais aucune n’avait une autonomie semblable. Le modèle de base peut parcourir 400 km. Avec une plus grosse batterie, ça grimpe à 500. Ça me permet d’obtenir 50 km d’autonomie en seulement 10 minutes de charge sur une borne rapide», a-t-il noté.

Une fois son choix fait et la voiture livrée chez lui, le Lamèquois a installé une borne de recharge dans son garage. Ainsi, la batterie retrouve toute son énergie utile pendant la nuit, pour la modique somme de moins de 9$. Le lendemain, il peut donc bénéficier d’une autonomie maximale, sans avoir besoin de toujours s’arrêter à la station-service.

Petit calcul rapide juste en carburant: Maxime a payé un peu plus de 300$ en électricité pour sa Tesla. En essence, ça lui aurait coûté près du triple, sans oublier de deux à trois changements d’huile à environ 70$ la visite. Mais il est vrai que le modèle qu’il a choisi – à 68 000$ – n’est pas à la portée du porte-monnaie de tout le monde.

«Côté confort, c’est comme n’importe quelle autre voiture. La conduite est solide. La puissance est instantanée. L’entretien est minime, pour ne pas dire quasi inexistante. J’ai 17 000 km au compteur et tout ce que j’ai eu à faire, c’est l’inspection annuelle. C’est merveilleux pour quelqu’un comme moi qui n’aime pas aller au garage. Jusqu’à maintenant, je suis très satisfait. À long terme, je vois une bonne économie, car je veux garder cette voiture au moins cinq ans», explique-t-il.

Ce nouveau conducteur d’un modèle électrique se promet d’être présent au premier Salon de l’auto électrique, les 15 et 16 mai, au Carrefour de la Mer de Caraquet. Cette rencontre est organisée par l’Association des anciens et amis de la CCNB-Péninsule acadienne et prévoit présenter au public sous la même enseigne les plus récentes technologies en la matière, à travers des exposants, des conférences et des essais routiers.

«Je veux aller voir ce que les autres constructeurs ont à nous offrir. Ça alimente ma curiosité. C’est une bonne initiative du CCNB-PA. Ça va démontrer à la population le monde de la voiture électrique», croit-il.

En fait, nous avons eu droit à un cours 101 de véhicule électrique avec le propriétaire, en plus d’un essai routier assez impressionnant. Assez, en tous cas, pour éliminer quelques préjugés tenaces, dont la puissance de l’accélération. Disons seulement que dans le modèle de Maxime Haché, ça vous colle au siège.

«Les gens posent beaucoup de questions sur l’autonomie et le temps de chargement. Personne n’a envie de s’arrêter charger la batterie pendant une heure après seulement une heure de route. Personnellement, je n’ai jamais craint de tomber en panne. Les gens voient ça comme un monde différent, mais c’est très similaire à une voiture à essence. Le secret est de bien s’informer. Par exemple, comme nous sommes loin de tout, il est préférable d’avoir la grosse batterie au Nouveau-Brunswick pour obtenir une autonomie suffisante en hiver.»

De précieux conseils en cette période où l’on voit notamment des municipalités étudier la possibilité de garnir très prochainement leur flotte de véhicules de modèles électriques, comme la Municipalité régionale de Tracadie.

Quelques notes utiles…

  • Selon Énergie NB, les coûts annuels relatifs à l’essence pour un véhicule électrique à batterie au Nouveau-Brunswick sont d’environ 300$ en électricité alors que dans le cas d’un véhicule hybride rechargeable, ils sont de 180$ en électricité et de 450$ en essence, contre plus de 2000$ en essence pour une voiture compacte. Ces coûts sont établis en fonction d’une distance parcourue de 20 000 km par année. Les économies réelles dépendront du modèle de voiture et des habitudes de conduite du conducteur.
  • En général, le coût de l’électricité pour alimenter un véhicule électrique est un sixième du coût de l’alimentation en essence d’un véhicule classique. De plus, les voitures électriques exigent moins d’entretien. Ils n’ont pas besoin de bougies d’allumage, vidange d’huile, liquide de transmission, silencieux ou tuyaux d’échappement.
  • Le Nouveau-Brunswick compte 107 stations de bornes à rechargement de niveau 1 (120 volts, durée de recharge: 8h pour environ 40 km d’autonomie), de niveau 2 (240 volts, durée de recharge: de 1 à 3 h pour environ 40 km d’autonomie, coût horaire de 1,50$) et de chargement rapide (400 volts, durée de recharge: 12 minutes pour environ 40 km d’autonomie, coût horaire de 15$ facturé à la minute). Il y en a quatre dans la Péninsule acadienne, cinq dans la région Chaleur et trois au Restigouche.
  • Le parc canadien est environ de 140 000 véhicules électriques présentement, mais ne représente moins que 3% du nombre de véhicules en circulation sur les routes du pays. Ce pourcentage pourrait exploser à 30% d’ici à 2030, selon diverses études.