Maritime Iron: Serge Cormier remet les pendules à l’heure

Le député Serge Cormier affirme que le ministre fédéral de l’Environnement et du Changement climatique, Jonathan Wilkinson, ne s’est jamais opposé au projet de Maritime Iron à Belledune et renvoie du même coup la balle à Fredericton.

Cette usine de production de fer entraînerait le rejet de 2,3 millions de tonnes de gaz à effet de serre dans l’atmosphère chaque année, selon une étude préparée par une firme de Fredericton.

En entrevue avec Radio-Canada, le ministre Wilkinson a affirmé «qu’il est important que toutes les provinces s’emploient à aider le Canada à atteindre ces objectifs […] en prenant des mesures spécifiques.»

«Il n’a jamais dit qu’il était contre le projet. Il a dit que les provinces et territoires doivent être soucieuses de leurs cibles d’émissions lors de l’évaluation des projets sous leur juridiction», fait savoir Serge Cormier dans un communiqué.

En entrevue, ce dernier reproche également au gouvernement Higgs d’avoir laissé entendre que le projet pourrait bénéficier d’une exemption de la part du gouvernement fédéral.

Ce mécanisme d’exemption n’existe pas, et Blaine Higgs le reconnaît.

Le premier ministre a affirmé à la CBC qu’il tirait cette conclusion d’une rencontre avec Dominic LeBlanc en 2018 et d’un projet d’exploitation de gaz naturel liquéfié en Colombie-Britannique qui avait fait l’objet d’un texte paru dans le Globe and Mail en juin.

Selon cet article, Ottawa espérait qu’un article de l’Accord de Paris pourrait servir à faciliter l’exportation de gaz naturel vers l’Asie.

L’exportation de gaz naturel liquéfié bénéficiera de rabais fiscaux de la part du gouvernement de la Colombie-Britannique, mais pas d’une quelconque exemption de la part du gouvernement fédéral.

Mais Serge Cormier ne croit pas que Blaine Higgs avait une mauvaise compréhension du dossier.

«Je ne pense pas qu’il y a eu de malentendu, le premier ministre sait très bien comment le processus fonctionne. Je pense que M. Higgs essaie de faire passer ses décisions sur le dos du gouvernement fédéral. On n’a aucun rôle à jouer dans ce processus de décision (à savoir si le projet ira de l’avant ou non).»

Quand on l’interroge sur sa propre opinion sur le projet Maritime Iron, Serge Cormier demeure prudent. Il en voit les avantages pour sa région – 1300 emplois pendant la construction, et 200 emplois permanents, selon le rapport commandé par l’entreprise – mais il n’ignore pas les impacts environnementaux.

«Le nord du Nouveau-Brunswick a besoin d’emplois. Le projet Maritime Iron est un projet parmi tant d’autres, mais ce sera la province qui prendra la décision finale. Ça inquiète la communauté à cause des émissions que ça pourrait avoir, mais c’est aussi un projet qui est très intéressant pour la communauté et pour des emplois.»

Jeudi après-midi, Maritime Iron a confirmé au Telegraph Journal qu’elle a formulé une requête pour obtenir un financement de 30 millions $ du Fonds stratégique pour l’innovation du gouvernement fédéral.

Elena Mantagaris, responsable des communications de Maritime Iron, n’a pas répondu à nos questions.