Fonds du Nord: c’est la fin, selon les libéraux

Le Parti libéral accuse le premier ministre Blaine Higgs de vouloir éliminer le fonds de développement économique pour le nord à la suite de son discours sur l’état de la province.

M. Higgs a annoncé jeudi soir son intention «d’uniformiser tous les fonds de développement économique afin que toutes les demandes soient évaluées selon les mêmes critères grâce à un guichet unique».

«Le processus sera complètement transparent et à l’abri de toute ingérence politique», a-t-il promis aux invités de la Chambre de commerce de Fredericton réuni au Palais des congrès de la capitale.

Interrogé après son discours sur l’avenir du fonds de développement économique et d’innovation pour le nord du Nouveau-Brunswick dans le contexte de cette annonce, M. Higgs est demeuré plutôt vague.

«Nous mettrons l’argent dans les communautés où nous devons mettre de l’argent. Nous mettrons de l’argent pour obtenir des résultats durables à long terme, mais ce n’est pas un simple calcul de fonds.»

«Je ne dirai pas: “j’ai 30 millions de dollars et je vais simplement les dépenser”. Non, je ne le ferai pas.»

Selon le député libéral de Tracadie-Sheila, Keith Chiasson, c’en est fini du fonds du Nord et du fonds pour la région de Miramichi si le premier ministre Higgs passe à l’action.

«Sans le dire clairement, M. Higgs nous donne l’impression qu’il veut mettre fin au fonds pour le Nord», constate M. Chiasson.

«Ce n’est pas d’hier que le premier ministre veut mettre fin au fonds du nord même s’il ne l’a pas annoncé l’année passée.»

Le député de la circonscription de Tracadie-Sheila, Keith Chiasson. – Archives

Le nord du Nouveau-Brunswick a besoin d’un fonds de développement économique qui lui est dédié parce que ses défis sont différents de ceux des régions urbaines du Sud, affirme l’élu libéral.

«En mettant tout l’argent dans un fonds général, toutes les demandes (de financement) vont être traitées de la même façon, mais ça ne veut pas dire que l’argent va aller dans les bons endroits», dit-il.

«On ne priorisera peut-être pas le genre de projets qui sont si importants pour le nord de la province.»

Keith Chiasson ne croit pas que le gouvernement qui a récemment redonné aux députés le pouvoir de  distribuer les subventions de stages d’été pour les étudiants souhaite véritablement éliminer l’ingérence politique dans l’attribution de l’aide financière gouvernementale.

«L’approche de M. Higgs, c’est de centraliser le mécanisme de prise de décision pour avoir un meilleur contrôle de l’argent investi un peu partout dans la province.»

Le directeur général du Conseil économique du Nouveau-Brunswick, Thomas Raffy, affirme que le fonds du Nord et celui de la région de Miramichi ont encore un rôle à jouer dans l’économie du Nouveau-Brunswick.

Le Conseil n’est toutefois pas opposé à de possibles changements.

«Les fonds du Nord et de Miramichi, c’est quelque chose dont nous discutons avec ce gouvernement pour pouvoir en maximiser l’utilisation pour nos entreprises et nos communautés», dit-il.

«Ces fonds sont quand même utiles et servent à d’excellentes initiatives. Peut-être qu’il faudra les appeler d’une autre façon, mais clairement nous avons vu le nord de la province être frappé par certains événements économiques, alors nous devons aider cette région à connaître une croissance.»

La création d’un guichet unique pour les subventions gouvernementales est une bonne idée, selon Thomas Raffy, à condition d’être accompagné d’un financement suffisant.

«Le premier ministre a parlé d’un guichet unique, d’un seul point d’accès, ce qui est une bonne chose parce que souvent il y a beaucoup de confusion sur où commencer. Il faut quand même avoir les ressources nécessaires pour répondre aux besoins quand on a un guichet unique.»

Selon le site web du gouvernement du Nouveau-Brunswick, le budget du fonds du Nord est de 20 millions $ par année sur une période de six ans se terminant en 2021. Celui de la région de Miramichi est de 5 millions $ annuellement durant la même période.

Cet argent sert notamment aux démarrages d’entreprises,  au développement des marchés, à la recherche universitaire, à l’entrepreneuriat jeunesse et à l’amélioration des infrastructures comme les routes, les parcs industriels, les sentiers et les télécommunications.