Parc éolien à Anse-Bleue: des citoyens expriment leur mécontentement et disent «NON»

Des citoyens d’Anse-Bleue, de Dugas et de Village-des-Poirier se sont encore mobilisés en grand nombre pour réaffirmer leur opposition au projet de parc éolien communautaire Chaleur Ventus dans la région d’Anse-Bleue.

Quelque 250 personnes ont rempli le Centre des loisirs d’Anse-Bleue pour participer à une réunion d’information organisée par le promoteur Naveco Power qui souhaite ériger cinq éoliennes sur le territoire du DSL. La valeur du projet est évaluée à environ 30 millions $.

La construction permettrait de créer une centaine d’emplois pendant environ une année. Par la suite, entre 2 à 3 emplois seraient créés dans la région pour l’entretien des éoliennes ainsi que pour d’autres activités connexes.

Avant même le début de la rencontre, un long cortège de plus d’une centaine de voitures a fait du bruit dans les rues de la communauté pour exprimer leur mécontentement. Plusieurs ont également placé des affiches dans leurs fenêtres de maison sur lequel on pouvait y lire «NON», tout simplement.

Officiellement, la rencontre devait être l’occasion pour la population locale de poser des questions et de recevoir des réponses de la part des représentants de Naveco Power, mais à maintes reprises, les réponses de Daniel Brassard, un représentant de l’entreprise basée à Fredericton, ont été accueillies par une salve d’applaudissements sarcastiques et par d’autres cris.

Un document d’information a été distribué aux gens présents.

Certains ont posé des questions concernant la hauteur des éoliennes et leur distance des maisons (176 mètres de la base au bout de la pale et la résidence la plus proche sera située à 650 mètres).

Depuis le début du mouvement de contestation, la proximité des éoliennes par rapport aux maisons demeure une préoccupation majeure.

D’autres questions portaient sur l’impact des éoliennes sur la nature et sur la santé. On soutient que les éoliennes ne devraient pas d’avoir un impact majeur sur les oiseaux. Les évaluations de l’impact du bruit indiquent aussi que les niveaux de bruit seront inférieurs aux critères de bruit recommandés dans la zone environnante du projet.

D’autres citoyens ont été plus directs dans leurs commentaires.

«Au moment où l’on se parle, la majorité des résidents permanents et saisonniers s’opposent à votre projet d’éoliennes. Vous n’avez qu’à vous promener le long de la route pour voir les pancartes affichant le slogan, NON», a affirmé Charles LeBlanc, un résident saisonnier de la région.

«D’un point de vue personnel, bienvenu chez nous. D’un point de vue d’affaires. Vous n’êtes pas les bienvenues. D’un point de vue culturel, votre entreprise ne semble pas nous comprendre.»

«La raison pour laquelle nous sommes ici, c’est parce qu’Anse-Bleue, c’est beau, c’est naturel et c’est paisible. Nous voulons être loin des folies de la ville», a lancé de son côté, Patrick Thériault, l’un des instigateurs du mouvement d’opposition.

«On veut nous faire croire que le fait d’installer des monstres géants, près de nos maisons, c’est pour notre bien, tout en nous culpabilisant que nous sommes contre les emplois et le développement économique de notre région.»

Des citoyens ont reproché aux représentants de Naveco Power de ne pas avoir suffisamment consulté la population avant d’annoncer leur projet.

«Je viens au moins quatre fois par année et j’ai fait au moins une présentation par année», s’est défendu Daniel Brassard.

«Je suis tombé sur une réunion par hasard et effectivement, il est faux de dire qu’elle était publique. Les seules personnes présentes étaient celles qui étaient prêtes à louer ou à vendre des terrains et il y avait une femme assise à une table avec des documents. Ne venez pas nous insulter, vous n’avez pas fait de réunion», a lancé Jocelyne Thériault, une résidente.

Poursuivre le dialogue

Malgré la vague d’opposition, Amit Virmani, PDG de Naveco Power, n’a pas l’intention de laisser tomber le projet pour le moment.

«Nous allons continuer de parler avec les gens, expliquer le processus et présenter les données. Nous savons qu’un bon nombre de gens sont bien décidés, mais il est important de tenir compte de la science derrière les éoliennes.»

M. Virmani se désole du fait que Naveco Power n’a pas eu la chance d’établir de bons rapports avec la population.

«En octobre, quelqu’un a dit que nos éoliennes seraient à seulement 350 mètres des maisons et ce n’est pas du tout vrai. Il est difficile de faire tomber les idées préconçues. C’est malheureux, mais je sais qu’il y a des gens qui sont en faveur. Si vous regardez, non loin d’ici, il y a une maison avec une personne qui nous appuie.»

L’entreprise aurait aussi franchi une étape importante en ayant trouvé un nouveau partenaire communautaire, une coopérative. On en connaît cependant peu sur cette coopérative, pour le moment.

Au départ, la Ville de Bathurst devait agir comme partenaire dans cette affaire, mais la municipalité a décidé de se retirer du projet en décembre.

«Le gouvernement provincial attend de nos nouvelles, en ce qui concerne un partenaire communautaire, mais maintenant qu’une coopérative a été établie, le projet répond aux critères. Nous pouvons continuer d’aller de l’avant. Nous voulons maintenant former un comité avec des membres de la communauté pour établir la coop.»

Plus de renseignements sur le projet sont disponibles sur Internet (www.chaleurventus.ca).