Restructuration de la FÉÉCUM: le CA annule les résultats du référendum

Alors que la Fédération des étudiantes et étudiants du Campus universitaire de Moncton (FÉÉCUM), avait soumis son controversé projet de restructuration au référendum, le conseil d’administration (CA) de l’organisme a finalement décidé d’annuler les résultats du vote.

Cette décision est survenue mercredi, après la réunion mensuelle du CA de la FÉÉCUM.

«Le conseil d’administration a décidé à l’unanimité de ne pas prendre en compte le résultat du référendum et d’annuler le processus, souligne Pascale Rioux, présidente de l’organisme étudiant. Nous ne voulions pas amener une structure qui ne représente pas tout le monde. Désormais, le CA va retourner à la table, et rencontrer tous les groupes sur le campus, afin de ressortir avec un projet de restructuration qui sera mieux adapté.»

À l’issue du référendum qui a eu lieu le lundi 3 février, les étudiants avaient pourtant voté en faveur de ce projet.

«Seulement 18% des étudiants ont voté, précise la présidente. Notre quorum minimum est de 25% de taux de participation. Lorsqu’il n’est pas atteint, cela nous permet légalement d’annuler les résultats du vote.»

Un projet de restructuration décrié

Cette nouvelle structure prévoyait notamment de faire passer le nombre des membres du CA de la FÉÉCUM de 14 à 7, soit un membre pour représenter chacune des sept facultés de l’U de M. Une autre mesure, particulièrement décriée, visait à supprimer le droit de vote au C.A des représentants de l’association des étudiants internationaux de l’Université de Moncton (AEEIUM). Haissam Fongang, son président, était monté au créneau avant le référendum pour exprimer son désaccord et sa crainte de voir les étudiants étrangers, qui représentent un cinquième des inscrits de l’U de M, mis de côté.

«D’avoir milité contre cette restructuration ne m’a procuré aucun sentiment de satisfaction, car ce projet n’aurait jamais dû être porté à l’origine, soutient-il. Qu’il soit annulé, c’est une bonne nouvelle, car il ignorait la réalité démographique de l’université. Mais finalement, cette décision me laisse indifférent, car je trouve qu’il n’y a pas eu de réel débat objectif, impartial et réfléchi. Les égos et les émotions ont pris le dessus.»

Avant le référendum, d’autres voix s’étaient levées à l’interne. Mélinda Prince, vice-présidente de la FÉÉCUM, avait publiquement affiché son désaccord avec ce plan de restructuration.

«J’ai été gravement réprimandée pour cet acte, et je suis maintenant contrainte de me tenir derrière l’équipe, raconte-t-elle. Mais je crois que sans mon désaccord montré de façon publique, le CA aurait eu beaucoup moins de comptes à rendre, et le référendum aurait été adopté sans même avoir atteint le quorum.»

La vice-présidente déplore également la manière dont a été organisé le scrutin.

«La question référendaire n’a pas été posée clairement à la masse étudiante, avec beaucoup d’articles de la constitution difficiles à comprendre sans une formation de base en droit, estime-t-elle. Je suis certaine que beaucoup d’étudiants ont voté par sentiment de devoir, sans connaître les réels enjeux derrière la proposition. C’était le plan de match au bureau de la FÉÉCUM. On a été avertis de ne rien dire par rapport au droit de vote des étudiants internationaux, afin que les gens votent oui de façon automatique.»

Des propos formellement démentis par la FÉÉCUM quelques jours plus tard dans un communiqué de presse.

«Nous avons répondu clairement et de façon transparente à tous les étudiants qui avaient des interrogations sur le référendum, tranche Pascale Rioux. Nous avons été clairs sur le fait qu’il fallait voter pour le non s’ils estimaient que la structure ne les représentait pas.»

L’actuelle présidente de la fédération étudiante reconnaît toutefois que le scrutin n’a pas été exempte de tout défaut.

«Nous sommes entièrement d’accord sur le fait que référendum aurait pu être mieux organisé, soutient-elle. En annulant le résultat du vote, je pense que nous avons reconnu nos erreurs.»

Malgré ces divisions internes, Mélinda Prince assure qu’il est désormais temps d’aller de l’avant.

«Annuler les résultats, c’était une décision favorable, reconnaît-elle. Le travail sur la nouvelle constitution va reprendre et j’en fais mon devoir de rendre cela le plus transparent possible.»

Une nouvelle réunion du conseil d’administration de la Féécum se tiendra ce mercredi.

«Ce n’est pas une séance prévue. Nous allons essayer de faire un suivi sur ce dossier, souligne Pascale Rioux. Je n’ai pas d’idées précises de ce que sera la suite, mais nous allons sans doute créer un nouveau comité pour s’occuper de la question de la restructuration, peut-être mettre en place des audiences publiques avec des étudiants.»