Les urgences de six hôpitaux fermeront la nuit

Le gouvernement provincial serait sur le point d’annoncer la fermeture des urgences la nuit dans six hôpitaux en milieu rural.

Selon ce qu’a appris l’Acadie Nouvelle, les salles d’urgence seraient fermée de minuit à 8h, mais on n’accepterait plus de nouveaux patients à compter de 22h. À Caraquet, entre autre, la fin des services d’urgence entraînerait également la fin de l’unité des soins actifs, puisqu’elle demande la présence de médecins 24 heures par jour. Le service de soins prolongés serait rétabli, comme cela a été le cas entre 2005 et 2012.

Les médecins concernés doivent rencontrer le Réseau de santé Vitalité lundi au cours de la journée.

Les autres hôpitaux touchés par cette mesure seraient ceux de Grand-Sault, de Sainte-Anne-de-Kent, de Perth-Andover, de Sackville et de Sussex.

À Caraquet, la rumeur éveille déjà de mauvais souvenirs de 2005 alors qu’une réforme majeure du gouvernement progressiste-conservateur de Bernard Lord a mené à une amputation de plusieurs services, dont l’urgence. Quelques années plus tard, le service d’urgence a été rétabli, toujours sous un gouvernement progressiste-conservateur.

La députée Isabelle Thériault ne peut se prononcer sur quelque chose qui n’a pas encore été formalisée, mais «il n’y a pas de fumée sans feu», dit-elle.

«Les rumeurs circulent en ce moment, mais nous ne sommes pas surpris parce qu’on s’attend à tout avec le gouvernement Higgs.»

«On nous a répété à maintes reprises que le gouvernement Higgs n’allait pas fermer d’hôpitaux, mais de faire fermer un service d’urgence, c’est une stratégie pour faire mourir un hôpital à petit feu.»

Si la nouvelle devait s’avérer véridique, les francophones, qui habitent majoritairement en région rurale, seraient les premiers à être touchés.

«Ça représenterait un risque pour notre population. Nous avons besoin d’un service d’urgence 24 heures. Tous les citoyens du Nouveau-Brunswick devraient avoir accès à des soins de qualité égale.»

Le Syndicat de la fonction publique du Nouveau-Brunswick a affirmé à l’Acadie Nouvelle avoir reçu une note faisant état d’une annonce imminente de la part du gouvernement provincial. Cette note précise en fait que l’annonce devrait avoir lieu mardi.

Bien qu’aucune autre information concrète n’est jointe à cette note, la nouvelle fait toutefois craindre le pire au sein de l’organisation.

«Ce que l’on entend de différentes sources dans le système face à cette annonce, c’est l’implantation de changements majeurs dans l’offre de services pour certains hôpitaux, et pas nécessairement des changements pour le mieux», exprime le représentant syndical, Ralph McBride.

«À ce moment-ci, on ne les connaît pas encore, on n’est sûr de rien. Mais on pense fortement à des changements aux services d’urgence ainsi que pour l’offre d’autres services. On suspecte que le gouvernement (conservateur) veut poursuivre le plan qu’il avait en tête lors de leur dernier mandat au pouvoir», enchaîne M. McBride.

Ce dernier avoue que lui et ses confrères sont très préoccupés par cette note de service et les rumeurs qui l’accompagnent.

«C’est très inquiétant pour la population ainsi que pour les employés qui sont en première ligne de l’offre de soins au public», indique-t-il.

Dans le comté de Kent, Adélard Cormier, président du comité consultatif de l’Hôpital Stella Maris, compte demeurer aux aguets, mais tant que rien n’est annoncé, il ne veut mettre la charrue devant les boeufs. Il a seulement pris connaissance de la rumeur sur Facebook dimanche matin.

«On n’a rien entendu du gouvernement provincial à ce sujet. Pour le moment ce sont des rumeurs.»

Le député libéral de Kent-Sud, Benoît Bourque, a qualifié la rumeur d’«inquiétante».

L’Acadie Nouvelle a tenté de joindre le ministère de la Santé, mais le porte-parole Bruce MacFarlane n’a pas voulu de donner de commentaire.

Notre tentative de joindre le ministre de la Santé, Hugh Flemming, a également été infructueuse. Cependant, ce week-end, le quotidien anglophone The Telegraph Journal, a annoncé que le gouvernement provincial fait face à déficit de 23 millions $ dans son budget de la santé. Le manque à gagner est de 8,2 millions $ à 10 millions $ pour le Réseau Horizon et de 3 millions $ à 5 millions $ pour le Réseau Vitalité.

– Avec la collaboration des journalistes David Caron et Réal Fradette