Fermeture des urgences la nuit: c’est confirmé!

C’est confirmé: les urgences de six hôpitaux ruraux fermeront pendant la nuit à partir du mois prochain.

Les 120 lits de courtes durées de ces six établissements seront convertis en lits de soins chroniques de longues durées.

Dès le 11 mars, les urgences de Caraquet, de Sainte-Anne-de-Kent, de Sackville, de Sussex, de Perth-Andover et de Grand-Sault fermeront leurs portes de minuit jusqu’à 8h.

Elles accepteront leur dernier patient à 22h.

La nouvelle qui avait déjà coulé dans les médias dimanche a été confirmée par le ministre de la Santé, Ted Flemming, mardi, lors d’une conférence de presse à Fredericton en compagnie des PDG des deux réseaux de la santé.

Cette réorganisation des services  est nécessaire en raison de la pénurie de personnel et n’est pas motivée par des questions de financement, a assuré le ministre.

«Les économies réalisées grâce à ces changements ne seront pas empochées par le gouvernement. Elles seront réinvesties dans ces communautés, dans ces hôpitaux et dans le système de santé.»

L’an dernier, le manque de personnel médical a causé 23 interruptions de services, a rappelé M. Flemming.

«L’inaction n’est pas acceptable et ne rien faire et espérer pour le mieux ne fonctionne pas.»

Les six urgences en question accueillent en général environ cinq patients par nuit, selon les réseaux de santé, et seulement deux en moyenne sont véritablement urgents.

«Nous avons constaté que les urgences de Grand-Sault, de Caraquet et du comté de Kent sont sous-utilisées la nuit et c’est une tendance lourde depuis plusieurs années», affirme le PDG du Réseau de santé Vitalité, Gilles Lanteigne.

Les cas les plus graves sont déjà souvent envoyés directement vers les grands centres, indique-t-il.

Lorsque ces changements auront été effectués, entre 95% et 97% de la population se retrouvera à moins de 75 kilomètres d’une urgence ouverte 24  heures. Les citoyens restants seront à 95 kilomètres de l’urgence la plus proche.

La fermeture des urgences la nuit entraînera des économies d’environ 1 million $ par établissement qui seront réinvesties dans les communautés touchées.

Vitalité et son pendant anglophone, le réseau Horizon, ont notamment l’intention d’embaucher six infirmières praticiennes qui ouvriront des cliniques de santé dans ces régions.

Des services de santé mentale et de traitement des dépendances seront également ajoutés dans les six communautés.

Les réseaux embaucheront de nouveaux professionnels en santé mentale comme des psychologues, des travailleurs sociaux et des infirmières spécialisées pour offrir ces services.

Les médecins qui n’auront plus à travailler à ces urgences la nuit pourront consacrer au total environ 336 heures par semaine de plus à leurs patients, indiquent les autorités.

La conversion de l’ensemble des lits de courtes durées en lits de soins chroniques de longues durées dans les six hôpitaux ruraux permettra aux réseaux de mieux s’occuper des aînés en attente d’une place en foyer de soins.

Des rénovations seront effectuées d’ici trois mois dans ces six hôpitaux pour les adapter aux besoins des aînés. Des salles à manger et des aires communes pour les loisirs seront aménagées.

Des ludothérapeutes à temps partiel seront embauchés dans chacun de ces hôpitaux pour animer la vie sociale des personnes âgées en attente d’une place en foyer de soins.

Les hôpitaux ruraux continueront aussi à traiter les patients en soins palliatifs.

Les patients qui ont besoin de soins aigus seront hospitalisés dans les hôpitaux régionaux tandis que les personnes âgées en attente d’une place dans un foyer seront envoyées dans ces hôpitaux ruraux.

Les autorités de la santé affirment que les six établissements préserveront leur statut d’hôpital et qu’aucun ne sera fermé.

Le PDG de Vitalité se défend de faciliter une réduction des services de santé en milieu rural au profit des régions urbaines.

«Il n’y a pas de diminution dans les localités qui sont touchées par les modifications des heures (aux urgences). À mon avis, nous augmentons l’accessibilité considérablement.»

Ted Flemming assure que les réseaux de la santé ont élaboré cette réforme sans que le gouvernement leur demande de réduire les services ou de fermer quoi que ce soit.

«Ne vous y trompez pas, c’est leur plan et le gouvernement soutient leur plan», affirme le ministre de la Santé

Le ministre Ted Flemming promet que le financement du système de santé connaîtra une croissance plus importante que l’an dernier dans le budget 2020-2021 qui sera déposé le 10 mars.