Blaine Higgs croit que Robert Gauvin et Bruce Northrup finiront par se rallier

Le premier ministre Higgs demeure déterminé à aller de l’avant avec la fermeture des urgences de six hôpitaux ruraux malgré le mécontentement de deux membres de son parti.

Blaine Higgs fait cependant preuve d’indulgence à l’égard de ceux qui ont exprimé publiquement leur insatisfaction vis-à-vis des transformations annoncées.

Le vice-premier ministre Robert Gauvin et le député Bruce Northrup sont soumis à une «pression extrême» dans leurs circonscriptions, a admis M. Higgs en conférence de presse, mercredi après-midi.

«Je comprends ce qu’ils vivent et je pense que je dois être compatissant avec eux.»

Le premier ministre est cependant convaincu que MM. Gauvin et Northrup finiront par se ranger derrière la réforme lorsque la poussière sera retombée dans les communautés touchées.

«Je suis convaincu qu’alors qu’ils traversent cette situation très émotive, lorsque tous les faits seront connus, ils seront réconfortés par leurs entourages qui leur diront: « vous savez quoi, au bout du compte nous allons avoir de meilleurs soins de santé».

Le gouvernement a annoncé mardi que les urgences des hôpitaux de Caraquet, de Sainte-Anne-de-Kent, de Sackville, de Sussex, de Perth-Andover et de Grand-Sault seront fermées entre minuit et 8h à partir du 11 mars.

Les 120 lits de courtes durées dans ces six établissements seront transformés en lits de longues durées pour les personnes âgées en attente d’une place en foyer de soins.

La fermeture partielle des urgences est nécessaire, selon les autorités, afin d’éviter davantage d’interruptions sporadiques et imprévues en raison de la pénurie de professionnels médicale.

Fredericton s’est engagé à ajouter une infirmière praticienne et un professionnel de la santé mentale dans chacune des six régions concernées.

Robert Gauvin, qui est aussi ministre du Tourisme, du Patrimoine et de la Culture, représente une circonscription voisine de l’Hôpital de l’Enfant-Jésus de Caraquet.

Le Centre de santé de Sussex se trouve dans la circonscription du député d’arrière-ban Bruce Northrup.

M. Gauvin a déclaré mardi qu’il ne pouvait pas appuyer cette réforme et qu’il en avait informé chacun des membres du cabinet.

«Je mets ma tête sur la bûche. Est-ce que ça va déplaire à mes collègues? On verra.»

M. Northrup a refusé jusqu’ici d’endosser les changements annoncés par son gouvernement. Il a indiqué au Telegraph-Journal mercredi son intention de faire une déclaration sur le sujet jeudi après avoir discuté avec la direction du Réseau de santé Horizon et le personnel de l’hôpital de sa circonscription.

La contrainte de la solidarité ministérielle veut en principe que les ministres s’abstiennent de critiquer les décisions de leur gouvernement.

Les simples députés ont un peu plus de marge de manoeuvre, mais leur liberté est tout de même généralement assez limitée.

Blaine Higgs n’a cependant pas l’intention pour le moment de faire preuve d’intransigeance à l’endroit de Robert Gauvin et Bruce Northrup en menaçant de les expulser du cabinet ou du caucus.

«J’ai beaucoup de diversité (d’opinion) dans mon groupe. J’étais d’ailleurs l’un de ceux qui parlaient un peu fort quand j’étais aux Finances. Je compatis et je n’ai pas l’intention de dramatiser.»

Même si les changements en santé ne nécessitent pas de vote de la part des députés à l’Assemblée législative, le premier ministre a admis que son gouvernement minoritaire pourrait se retrouver dans une position précaire, surtout si MM. Gauvin et Northrup finissaient par briser les rangs.

Il ne craint toutefois pas de se retrouver devant l’électorat à cause de cette réforme.

«Nous devons le faire et si ça nous coûte notre gouvernement, je pourrai dormir tranquille en me disant que nous avons fait ce qu’il fallait faire.»

Blaine Higgs n’a pas mâché ses mots à l’endroit du chef du Parti libéral, Kevin Vickers, qui a promis de tout faire en son pouvoir pour faire tomber le gouvernement et annuler la fermeture partielle des six urgences.

«Un homme qui n’a pas de plan planifie seulement de renverser ce que l’autre a fait. Combien de fois avons-nous entendu ça? C’est de la politique à son pire et c’est exactement pour ça que notre province est dans l’état où elle se trouve», a déploré M. Higgs.

«Nous ne pouvons pas ignorer la situation plus longtemps. Il est essentiel que tout le monde comprenne que les changements que notre gouvernement a acceptés sont conçus pour maintenir nos hôpitaux ouverts.»