Réforme des urgences: les médecins de Kent disent avoir plus de questions que de réponses

Des médecins sont restés sur leur faim après une rencontre avec les dirigeants de Vitalité à Sainte-Anne, mercredi matin. Ces derniers semblaient peu réceptifs aux craintes et suggestions du personnel, selon deux docteures.

La Dre Michelle Leblanc, une médecin spécialiste à l’hôpital Stella-Maris de Kent, espérait avoir des réponses à ses multiples questions depuis l’annonce de la fermeture des services d’urgence la nuit dans six hôpitaux de la province.

Le PDG de Vitalité, Gilles Lanteigne, et la vice-présidente aux services cliniques, Johanne Roy, ont entendu les préoccupations d’une quarantaine de professionnels de la santé mais n’ont pas pu donner suffisamment de détails sur les changements à venir, selon la médecin.

«C’était cordial mais assez émotif comme rencontre. Il y avait des gens outrés, frustrés et stressés parce qu’on a une décision unilatérale sur laquelle on n’a pas été consultés», dit la Dre LeBlanc en entrevue avec l’Acadie Nouvelle mercredi soir.

La Dre Josée Sirois, une médecin de famille qui a travaillé comme urgentologue pendant neuf ans, raconte que les dirigeants de Vitalité n’ont pas semblé prendre leurs inquiétudes et suggestions au sérieux. Ils n’ont pas non plus pris de notes pendant la réunion.

«Je ne me suis pas sentie écoutée. On leur a demandé s’il y avait moyen de réviser le plan ou de repousser la date du 11 mars, et la réponse de M. Lanteigne a clairement été “non”.»

Elle se demandait par exemple comment les patients de l’urgence de Stella Maris allaient être transférés à Moncton le 11 mars, puisqu’il n’y aura plus de place pour eux le soir.

«Ils ont dit qu’ils allaient trouver des solutions au fur et à mesure. C’était très vague.»

La Dre Sirois craint aussi que les transferts enlèvent des ambulances de la circulation. Il y a déjà peu d’ambulances disponibles le soir dans le comté de Kent, d’après elle.

Les changements annoncés pourraient aussi compliquer les choses pour les patients qui ont besoin d’un traitement et d’une période de suivi médical. Ces personnes devront aussi être transférées à un autre hôpital le soir.

C’est d’autant plus inquiétant puisque le CHU Dumont est déjà très chargé, selon elle.