CSR-Péninsule: appel à la démission du PDG de Vitalité

Les municipalités de la Péninsule acadienne ont maintenant un maximum de deux semaines pour adopter une résolution commune demandant la démission ou le congédiement du PDG du Réseau de santé Vitalité, Gilles Lanteigne.

Les membres de la Commission des services régionaux de la Péninsule acadienne ont invoqué un «bris de confiance irréparable» et enverront le plus rapidement possible leur position au premier ministre Blaine Higgs et au ministre de la Santé, Hugh Flemming.

Les récents développements concernant les services d’urgence dans la région ont alimenté de vives inquiétudes autour de la table de discussion de la CSR-PA, jeudi soir à Saint-Isidore.

Dans un rare moment d’unité, autant les porte-parole des villes et villages que ceux des DSL ont dénoncé ouvertement la fermeture de nuit du service d’urgence à l’hôpital de Caraquet à compter du 11 mars.

«Ce que Gilles Lanteigne nous propose, c’est du grand n’importe quoi», est allé jusqu’à avancer le maire de Bertrand, Yvon Godin, qui n’a pas mâché ses mots devant l’attitude du principal gestionnaire de Vitalité depuis une semaine.

Il a enchaîné en exigeant une position solide de la CSR-PA contre un plan qui touchera par la bande l’Hôpital régional de Tracadie, déjà débordé de patients.

Le maire de la Municipalité régionale de Tracadie, Denis Losier, a poursuivi en rappelant son appui de la ville à Caraquet. Vendredi, ce sera au tour de Shippagan à donner la main à la communauté de Caraquet.

«La portée de la CSR est que ça représente toute la Péninsule acadienne. On doit se battre pour maintenir l’urgence 24h à Caraquet. La santé n’a pas de prix. Vitalité a utilisé une approche drastique pour nous imposer quelque chose que nous ne voulons pas. Nous aussi, nous pouvons faire la même chose, parce que nous avons l’appui de la population. J’irai marcher aux côtés du maire de Caraquet lorsqu’il y aura une manifestation», a promis M. Losier.

Les villes et villages de la région devront pour la plupart convoquer rapidement une réunion extraordinaire afin de voter sur cette proposition commune.

«Ça prend un électrochoc auprès du gouvernement et de Vitalité parce que nous avons perdu confiance en Gilles Lanteigne», a renchéri M. Godin, suivi des applaudissements de ses collègues.

Le maire de Caraquet, Kevin Haché, est très heureux de constater le mouvement d’appui à sa communauté.

«La population de la Péninsule acadienne se place en faveur de notre urgence. De voir la solidarité autour de la table et de voir Tracadie prendre position en notre faveur, ça signifie beaucoup. Nous avons eu nos petits accrochages par le passé, mais ce soir, je suis tellement fier de faire partie de ce groupe qui s’unit pour le bien commun. Les gens n’ont plus confiance en M. Lanteigne et même si le gouvernement changeait d’idée, ce serait très difficile de travailler de nouveau avec lui», a-t-il commenté.

Le président de la CSR-PA, Oscar Roussel, a constaté que la situation est critique. Il indique que la région ne peut se permettre de perdre huit heures de nuit d’urgence à Caraquet, alors que Tracadie est déjà à bout de souffle.