Blaine Higgs se donne le temps de réfléchir à l’avenir de son gouvernement

Blaine Higgs prendra les prochains jours pour songer à l’avenir de son gouvernement à la suite du départ de son vice-premier ministre, Robert Gauvin.

Le premier ministre n’écarte pas la possibilité de déclencher des élections avant la reprise des travaux législatifs et le dépôt du budget prévu  le 10 mars.

«En ce moment, toutes les options sont sur la table. Notre caucus n’a pas encore eu cette discussion, mais nous l’aurons dans les prochains jours et les prochaines semaines», a-t-il dit en point de presse, vendredi après-midi.

M. Higgs pourrait aussi choisir d’essayer de présenter son budget malgré tout, quitte à donner la chance aux partis d’opposition de faire tomber son gouvernement.

«Nous sommes vraiment fiers du budget à venir. Nous aimons vraiment ce que nous allons présenter aux citoyens.»

La décision de Robert Gauvin de quitter le cabinet et le caucus progressiste-conservateur pour siéger à titre de député indépendant place le gouvernement dans une position précaire.

Même avec le soutien des députés de l’Alliance des gens, qui n’est d’ailleurs plus garanti, le gouvernement ne possède plus la majorité à l’Assemblée législative si M. Gauvin décide de voter avec l’opposition.

Tôt ou tard, les citoyens auront la chance de s’exprimer sur la réforme de la santé à travers les urnes, a indiqué le premier ministre.

«À un moment donné, il appartiendra aux Néo-Brunswickois de décider s’ils nous soutiendront pendant que nous faisons avancer cette province.»

Robert Gauvin – le seul député francophone et le seul élu du nord de la province au sein du gouvernement – a quitté son parti vendredi en guise de protestation contre la fermeture partielle des urgences de six hôpitaux ruraux, dont celle de l’Hôpital de Caraquet qui se trouve dans la circonscription voisine de la sienne.

Blaine Higgs a réitéré sa volonté d’aller de l’avant avec cette réforme du système de santé même si cela risque de lui coûter le pouvoir.

«Ce sont des changements nécessaires. Aucun gouvernement responsable ne pourra les éviter. Mon gouvernement et moi sommes déterminés à protéger les hôpitaux et les soins de santé dans tous les coins de la province.»

Le chef du Parti libéral, Kevin Vickers, a répété vendredi son intention de défaire le gouvernement à la première occasion afin d’empêcher la fermeture partielle des urgences rurales.

«Nous ne pouvons pas soutenir une réduction drastique du niveau de soins que les gens reçoivent dans les régions rurales du Nouveau-Brunswick», a indiqué M. Vickers.

«Nous savons que d’autres plans sont à venir, et avec Higgs aux commandes, cela implique de nouvelles réductions.»

Après avoir indiqué plus tôt cette semaine sa volonté d’essayer de convaincre le gouvernement de reculer, le chef du Parti vert, David Coon, a affirmé vendredi que les verts sont également prêts à faire tomber le gouvernement.

«Nous n’avons pas du tout confiance envers ce gouvernement et nous voterons pour une motion de censure.»

Un vote sur la confiance de l’Assemblée envers le gouvernement devrait avoir lieu le plus tôt possible, selon M. Coon.

«Je suis convaincu que la lieutenante-gouverneure aimerait voir un test de la confiance de l’Assemblée (envers le gouvernement). C’est la chose à faire.»

L’Alliance des gens, qui soutient le gouvernement minoritaire de Blaine Higgs depuis novembre 2018, s’oppose aussi désormais à la réforme.

«Je ne suis pas certain que fermer six urgences va régler le problème. En fait, je suis plus convaincu que ça ne réglera pas le problème. C’est pour ça que nous avons de sérieuses réserves et que nous n’appuyons pas ces changements», a déclaré le chef du parti, Kris Austin.

«J’ai entendu ces derniers jours des citoyens, des ambulanciers et d’autres personnes, et cela nous pousse certainement à ne pas soutenir ces changements.»

Pour cette raison, M. Austin n’écarte pas la possibilité de voter pour une motion de censure qui pourrait faire tomber le gouvernement si l’occasion se présente.

En l’absence de M. Gauvin, le Parti progressiste-conservateur ne possède que 20 députés parmi les 49 élus de l’Assemblée législative.

Le cabinet et le caucus du gouvernement ne comptent dorénavant plus aucun francophone, du jamais vu au Nouveau-Brunswick depuis plusieurs générations.

«C’est triste, je ne dis pas le contraire. C’est pourquoi c’est si décevant que Robert (décide de partir)», a commenté le premier ministre.

«Pour moi, le Nord, qu’il soit francophone ou anglophone… le Nouveau-Brunswick c’est le Nouveau-Brunswick. Je vais continuer à travailler avec toutes les communautés de toutes les régions de cette province», a-t-il promis.