Pour la Saint-Valentin, l’U de M veut sensibiliser sur le consentement sexuel

À l’occasion de la Saint-Valentin, l’établissement universitaire organisait mercredi soir sur son campus de Moncton un panel pour parler de consentement sexuel.

Après une vidéo réalisée par des étudiants de Moncton montrant des situations de séduction et de refus, quatre intervenantes ont pu débattre et échanger sur le sujet des rapports consentants. Ainsi, Marie-Andrée Pelland, Isabelle Leblanc, Madeline Lamboley et Sophie Leblanc Roy ont pu éclairer la lanterne de la trentaine de personnes réunies au bar Le Coude, lieu où se déroulait l’événement.

«Il faut faire le plus de sensibilisation possible, et ce genre d’événement doit se répéter, estime Sophie Leblanc Roy, psychologue et chargé de cours en psychosexualité à l’Université de Moncton. Les étudiants ne sont pas forcément au fait que la violence sexuelle est présente en milieu universitaire. Également , comme on touche au domaine de l’intime, beaucoup n’osent pas en parler.»

Tel qu’il est défini par l’article 273.1 du Code criminel, le consentement doit être exprimé clairement par des paroles ou par le comportement. Il est le résultat d’un choix libre et éclairé, sans contrainte, tricherie, tromperie, ou manipulation. Le silence ou l’absence d’accord ne constituent pas des formes de consentement.

«Même si les choses évoluent ces dernières années, on va toujours chercher à responsabiliser la femme, avec des phrases telles que : «est ce que tu as communiqué un non très clair ?», déplore Isabelle Leblanc, professeure en souci linguistique au Département des études française. Les études linguistiques ont pourtant montré que le refus peut être communiqué de manière non-verbale ou indirecte.»

L’Université de Moncton accueillant bon nombre d’étudiants internationaux, l’événement était également l’occasion de mettre en lumière les différences culturelles qui peuvent jouer un rôle dans la perception qu’à chacun du consentement.

«Un non n’est pas perçu de la même manière partout, dans tous les pays et toutes les cultures, souligne Isabelle Leblanc. Le consentement ne doit pas être abordé comme étant quelque chose de figé.»

Pour la spécialiste en linguistique, il ne faut pas sous-estimer la capacité des personnes à s’adapter à des environnements culturels nouveaux.

«On peut prendre l’exemple du tutoiement et du vouvoiement, nous n’avons tous les mêmes pratiques au sein de la francophonie, et pourtant, on s’adapte, poursuit-elle. Je pense que la meilleure manière de parler du consentement, c’est de faire des ateliers, des débats, où l’on sensibilise au contexte culturel.»

Pour Sophie Leblanc Roy, le dialogue en outre peut éviter quelques situations désagréables, lors d’une phase de séduction notamment.

«Le plus important, c’est d’être honnête, authentique, et d’avoir du respect, estime-t-elle. Si tu constates que tes actions engendre un malaise, alors pose la question. Lorsqu’on se parle, c’est toujours mieux.»

Plusieurs ressources disponibles sur le campus

Une étude publiée par Marie-Andrée Pelland et Lise Savoie en juin 2018 avait démontré que peu d’étudiants connaissaient alors les ressources mises à dispositions pour les victimes de violences sexuelles.

Un service d’intervention en violence à caractère sexuel, gratuit et confidentiel, est pourtant offert à tous les membres de la communauté universitaire ayant subi, ou été témoins, de violence au sein de l’U de M sur son campus de Moncton. Les consultations sont possibles avec une intervenante spécialisée du lundi au vendredi, de 8 h 30 à 12 h et 13 h à 16 h 30.

Un Protocole d’intervention pour la Politique sur la violence à caractère sexuel de l’Université de Moncton est également consultable en tout temps par les étudiants et le personnel universitaire. Il vise à détailler les procédures à suivre ainsi que les ressources dans le cas d’un incident au sein de l’université.