Travaux dans les écoles: Cardy n’est pas rassurant

Le conseil d’éducation du District scolaire francophone Nord-Est reste sur sa faim à la suite d’une rencontre avec Dominic Cardy, ministre de l’Éducation et du Développement de la petite enfance.

M. Cardy était de passage à Tracadie cette semaine dans le cadre d’une série de séances de consultation publique en éducation. Cette tournée fait suite à la publication en 2019 du livre vert sur l’éducation qui contient une série d’initiatives pour transformer le système d’éducation.

Certaines idées, comme l’élimination des niveaux scolaires au primaire, feront bientôt l’objet de projet-pilote dans certaines écoles de la province.

Le livre propose aussi de transformer les programmes de formation des enseignants, d’élargir le programme de baccalauréat international dans les écoles secondaires, de renforcer les relations entre les élèves des secteurs francophone et anglophone, de régler les problèmes de compositions des classes et d’alléger la surcharge administrative des enseignants.

Durant sa visite, le ministre Cardy a rencontré les membres du conseil d’éducation du DSFNE. C’est durant cette rencontre qu’ils ont fait part de leur mécontentement concernant la suspension de projets d’infrastructure prioritaires, dont la rénovation de la polyvalente W.-A.-Losier de Tracadie, ainsi que des projets prévus à l’école Marguerite-Bourgeoys de Caraquet, l’École secondaire Népisiguit de Bathurst, l’école Marie-Esther de Shippagan ainsi que la polyvalente Louis-Mailloux de Caraquet.

Les travaux de 17,6 millions $ à la polyvalente W.-A.-Losier ont été lancés en 2015 et devaient se terminer en 2020, mais ils ont été suspendus, sous prétexte de compressions majeures de 215 millions $ dans le budget d’immobilisation de la province.

Pour que les travaux reprennent à Tracadie, le projet doit être réintégré dans les priorités du conseil d’éducation pour qu’il soit retenu par le gouvernement provincial. Seul hic, le nouveau système de priorités du gouvernement sera géré par le ministère des Infrastructures et du Transport.

«Selon notre compréhension, les priorités établies par le CED ne seront pas nécessairement respectées, ce qui à notre avis va à l’encontre du droit de gestion reconnu par l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés», croit Ghislaine Foulem, présidente du conseil d’éducation du DSFNE.

Pour illustrer son point de vue, elle rappelle que la Cour suprême du Canada a indiqué dans sa décision de la cause Arsenault-Cameron, une victoire importante pour un groupe de parents francophones de l’Île-du-Prince-Édouard, que les représentants de la minorité linguistique sont les mieux placés pour préciser les besoins de la communauté.

«Le principe de dualité n’existant pas au sein du ministère des Infrastructures et du Transport, nous doutons que la dimension linguistique soit prise en considération lorsque la liste des priorités sera établie, ce qui aura comme conséquence un manque de respect des obligations prévues à l’article 23 dans l’allocation des fonds pour nos infrastructures», dit Mme Foulem.