Victor Paulin combat la pauvreté une canette à la fois

Victor Paulin est une figure bien connue au centre-ville de Moncton. Toujours accompagné de sa remorque et de son vélo, il sillonne le quartier en quête de contenants consignés qui lui permettront de faire des dons de nourriture aux personnes démunies de la région.

L’Acadie Nouvelle est allée à la rencontre du résident lors de son ramassage quotidien,

Cela fait plus de 10 ans que Victor Paulin se promène régulièrement dans le voisinage pour faire la chasse aux bouteilles et canettes consignées et remplir sa remorque. Chaque dollar obtenu est remis à un organisme de la région sous forme de dons de nourriture.

«Pendant les périodes les plus occupées, je peux récolter 200 à 300 dollars en un mois», confie-t-il, en manoeuvrant péniblement à l’entrée d’un trottoir mal déneigé.

 

Sa contribution profitera à la maison Nazareth, aux clients de la soupe populaire Ray of Hope, à celle de l’église anglicane Saint-Georges ou de l’organisme Humanity Project.

Victor Paulin mène une vie des plus modeste, sa maigre retraite ne lui permet pas de s’offrir une auto. Il n’a pourtant qu’une idée en tête: venir en aide à ceux qui en ont moins que lui.

«C’est un défi personnel. Il y a beaucoup de pauvreté à Moncton, les repas communautaires sont toujours pleins à craquer, souffle-t-il. I Le monde apprécie ce que je fais et moi j’aime ça, je suis mon propre patron!»

Originaire de Lamèque, il a fondé Entraide Pauvreté en 2007 avec l’ambition de «faire une différence» à son échelle. Avare de grands discours, il consacre chaque jour un peu de temps à son travail bénévole et solitaire.

L’homme âgé de 66 ans a fait passer le mot petit à petit et connaît par coeur chaque adresse. «Les gens savent quel jour je vais passer et laissent leurs bouteilles sur le perron. J’ai presque 400 contacts», explique-t-il.

Ses allées et venues font partie de la routine des employés de Gorber Bottle Exchange sur la rue High.

«On le voit presque tous les jours, parfois plusieurs fois par jour. Il repart avec 30 ou 40 dollars à chaque fois, s’amuse David Pitre, qui travaille pour le centre de tri depuis plus de 15 ans.

«Il est le seul à faire ça, je trouve ça bien ce qu’il fait, il y a met tout son coeur.»

Grâce à des dons d’Assomption Vie et la Ville de Moncton, Victor Paulin a commencé à bâtir un fonds pour aider ceux qui, autour de lui, vivent une mauvaise passe sur le plan financier.

Son ramassage le plus mémorable? Le lendemain du concert du groupe AC/DC sur la Côte Magnétique, assurément.

«J’ai fait cinq trajets cette fois-là, c’était pas mal de voyageage… Un gros nettoyage pour la bonne cause!»

Ses principaux obstacles? Les vols de vélo et les tempêtes hivernales, sans aucun doute. «C’est fatigant parfois, mais je me dis qu’il faut essayer de prendre ça avec humour!»